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 i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN

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ash'
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MessageSujet: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:05



L'existence des rebelles devenaient de plus en plus périlleuses dans les districts. La révolution avait été enclenchée, Coin s'était affichée au grand jour et Snow allait tout faire pour empêcher l'anéantissement de sa doctrine. Il fallait redoublé de vigilance, être plus vilain, car chaque faux pas, il s'agissait peut-être de notre dernier. Je l'appris à mon détriment il y a quelque temps dans le onzième district alors que j'avais pris l'initiative de secourir d'autres rebelles, sans vraiment savoir s'ils étaient toujours en vie. Je n'y étais pas allé seul, Rumer s'était proposée pour me porter main forte. Et malgré cette vilaine inquiétude de l'emmener en plein danger qui me tenaillait le ventre, j'acceptai son aide. Je ne pouvais pas démontrer la moindre faiblesse devant mes acolytes rebelles, ni même Rumer. J'avais un rôle à jouer et je devais dissocier ma vie personnelle de ma vie "professionnelle". Mais, comme je le craignais depuis l'instant où nous avons quitté le neuvième district, des Pacificateurs nous trouvèrent... Et malgré notre tentative de fuir, une balle me perfora l'abdomen nous plongeant dans une situation d'handicap. Rumer parvint à retirer la balle malgré son appréhension et nous semâmes les Pacificateurs tant bien que mal. Autant dire que notre mission fut un véritable échec. Je me retrouvais blessé par balle dans un district peuplé de Pacificateurs souhaitant me brûler sur le bûché... Je n'ai jamais eu aussi peur pour la vie de quelqu'un d'autre. S'il avait fallu que Rumer soit blessé... Jamais je n'aurais pu me le pardonner. Finalement, nous rebroussâmes chemin, rentrant au district neuf. Là-bas, je laissai Rumer soignée convenablement ma blessure avant que l'infection ne se pointe et je me reposa pendant quelques jours, le temps de reprendre des forces. Et je devais me l'avouer... Je craignais de quitter de nouveau le district et de laisser Rumer à elle-même. Certes, elle était assez grande pour prendre soin de sa personne, j'étais mal placé pour lui empêcher de se rebeller et de faire partie du mouvement, mais de la savoir aussi loin, sans ma protection, m'angoissait...

Je ne pouvais resté un jour de plus au neuf. Mon devoir de chef m'appelait de nouveau et je m'en voulais même de me laisser distraire par Rumer. Moi qui étais si distant et si froid à l'habitude, je ne comprenais pas ce qui m'arrivait... Par expérience, je parvins à mettre mes angoisses de côté et à me mettre en route. J'avais beaucoup à faire dans les districts, mais je désirais tout de même prendre le temps de visiter le treize et de me tenir au courant des plans de Coin. Je n'avais aucun moyen de communication en dehors de la base rebelle afin de savoir ce qui se tramait là-bas, j'étais confiné à mon ignorance et à diriger les troupes des districts comme je le pensais. Et je n'y étais pas aller pendant toute la durée des Jeux, beaucoup de choses s'étaient passées depuis. J'appréhendais légèrement cette nouvelle visite, car à chaque fois que je consultais les rebelles, je quittais toujours avec une haine justifiée. Je n'aimais pas leur manière de penser, d'agir... Beaucoup trop radical à mon goût. Je n'avais pas mon mot à dire sur leurs décisions, mais je prenais tout de même la liberté de me manifester et de faire à ma tête. Je dirigeais mes troupes comme bon me semblait, que ça leur plaisait ou non.

À peine arrivé à la base, j'étais déjà impatient d'en sortir. Comment faisaient tous ces gens pour vivre enfermer été comme hiver entre des murs de bétons, sans lumière du jour, sans air fraîche ? Mes séjours au treize étaient toujours de courte durée, car je ne pouvais supporter d'être cloîtré plus de quelques jours. J'avais l'impression d'être en cage, brimer de ma liberté, surveiller à tout moment. J'avais parfois même le sentiment d'être au Capitole... Mes cauchemars étaient plus intenses ici. Comme si toute la misère des habitants qui s'y étaient réfugiés me touchait et ravivait de vieux souvenirs des Jeux... Je m'empêchais parfois de dormir, par crainte d'être foudroyé par ces horribles rêves qui hantaient mes nuits. Mais cette fois-ci, j'espérais ne pas rester plus de cinq jours, juste le temps de prendre quelques nouvelles suite à la fin des Hunger Games. Comme toujours, je me fis escorté à l'intérieur de la base par des rebelles dont je reconnaissais le visage, mais dont j'ignorais le nom. Ils n'appréciaient guère que je porte moi-même une arme à la ceinture, je voyais leur regard désapprobateur se poser sur moi, mais je les ignorais, j'avais bien le droit de m'armer. Cette garde rapprochée m'amusait autant qu'elle m'offusquait, donnant l'impression que Coin craignait que je fasse le moindre faux pas et que je sème le chaos dans sa petite civilisation parfaite. De toute manière, même si je n'avais pas ces gardes à mes trousses, je n'oserais jamais monter qui que ce soit contre Coin. Autant pouvais-je désapprouver son protocole de rébellion, je savais que nous avions besoin d'elle.

Déambulant dans les couloirs, nous croisâmes plusieurs personnes, mais je n'y prêtai pas grande attention. Je ne connaissais pas les habitants du district, ni les rebelles. Enfin, seulement quelques-uns avec qui j'accomplie certaines missions - sans résultat concluant - mais mis à part ces quelques exceptions, je n'étais pas familier ici. Quelques couloirs plus tard et quelques étages plus bas, les rebelles qui m'accompagnaient me prièrent d'attendre sur le pas. « Coin est occupée, elle pourra vous recevoir dans quelques minutes. » Génial. Comme seule réponse, je laissai échappé un long soupir. Toujours pareille. Alors que je me résignais à attendre patiemment, une voix résonna jusqu'à mes oreilles, éveillant mes sens. Cette détonation me semblait étrangement familière... Perplexe, je tournai la tête et aperçu des silhouettes apparaître à l'angle du couloir et me faire dos. Je me redressai sur moi-même, les sourcils froncés. Ça ne pouvait tout de même pas... Poussé par une pensée des plus grotesques, j'emboîtai le pas derrière les deux silhouettes, mon regard décortiquant plus attentivement celle de droite, celle aux cheveux foncés. Une fois que je fus suffisamment près, je tandis la main et la posa sur l'épaule de celle qui m'intriguait. Cette dernière tourna le visage vers moi et je crus voir un fantôme. Le sol sembla se liquéfier sous mes pieds, le monde s'écroulait littéralement autour de moi. Le souffle me manquait, je ne pouvais croire ce que je voyais à cet instant. « Impossible... » murmurais-je d'un ton incrédule. Je n'avais peut-être pas visionné les Jeux, mais je m'étais tenu au courant de l'avancement des tributs et je ne pourrais jamais oublier le moment où j'appris la mort de Kathleen. Et pourtant, elle se trouvait bel et bien devant moi, vivante. « Kathleen ? » dis-je bêtement, obnubilé par cette apparition.
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:06

✘ Julian & Kathleen ▬ You remind me of the times when I knew who I was.


« Encore un cauchemar qui me faisait me réveiller en sursaut. Je devrai être habituée depuis toutes ces années... Pourtant, j'arrivais toujours pas à m'y faire. Il y avait certaines périodes pendant lesquelles je n'en avais pas avant, où je pouvais faire une nuit de sommeil à peu près normale. Plus maintenant. Plus depuis l'arène, et ma miraculeuse résurrection. C'était encore et toujours la même chose. Des morts violentes, sanglantes. Des fois c'était moi qui mourait dans mes cauchemars. Des fois non. J'étais encore dans cette chambre de l'aile médicale. Seule, définitivement seule. Je n'avais presque plus eu de contact avec Catalina, depuis notre dispute. Elle m'en voulait d'avoir défendu la tueuse de son grand amour. Ce même grand amour qui m'avait tuée. Les seules personnes que je voyais régulièrement étaient ma psy, et Miléna. Personne d'autre. En même temps, je ne sortais pratiquement jamais de cette chambre. Non pas par interdiction, mais par choix. Je ne me sentais pas prête à faire le grand saut en milieu inconnu. Je me redressais sur mon lit d'hôpital, et ramenais mes jambes contre ma poitrine. Je restais un moment comme ça, à me balancer d'avant en arrière, tripotant machinalement mon bracelet d'hôpital. Celui où il était écrit que j'étais instable. C'était pas de ma faute. J'avais perdu les pédales. Je l'avais pas décidé ainsi moi. On m'avait absolument tout pris, jusqu'à ma vie même. Et maintenant on me l'avait rendue, et on attendait de moi que je... Je savais même pas ce qu'on attendait de moi. Personne n'avait daigné me dire pourquoi. Personne n'avait daigné m'expliquer. Ou alors peut-être qu'on avait essayé de le faire, mais que j'avais tout simplement été trop bornée pour écouter. En tout cas, il était sûr que je ne comprenais plus rien. Mon cerveau avait complètement déraillé, et je ne captais plus la moitié des choses qu'on me disait. Combien de temps j'étais restée dans cette position ? Des heures ? Quelques minutes ? J'avais perdu la notion de temps. Tout me semblait trop long. A commencer par ma vie. Pourquoi ils me laissaient pas mourir tout simplement ? Je voulais tellement trouver la paix, arrêter d'essayer de continuer d'exister. J'étais trop lasse. Trop lâche. Je ne voulais plus. Mais on m'empêchait de me faire du mal. Si je refusais de me nourrir, on me branchait une intraveineuse. Si je me blessais, on me soignait avant de m'attacher au lit, ou de me mettre une camisole jusqu'à ce que je sois calmée. Seulement ça me prenait généralement beaucoup de temps pour me calmer dans ces conditions là. Déjà que je ne pouvais pas sortir au grand air, on m'entravait en plus de mes mouvements. J'avais horreur de ne pas être libre de mes mouvements.

Finalement, on entra dans la pièce. C'était l'infirmière. Elle m'adressa un sourire bienveillant, que je ne lui rendis même pas. Je n'avais pas envie de lui sourire. Pas qu'elle était indigne ou quelque chose comme ça, mais... J'avais juste pas envie. Elle s'approcha de moi, me posa quelques questions sur comment je me sentais, si j'avais faim, si je voulais quelque chose. La routine quoi. Je me contentais de hausser les épaules tristement à chacune de ses interrogations. Je n'avais pas envie de dire quoi que ce soit aujourd'hui, ni même de me montrer embêtante. Ils pouvaient même me faire ce qui leur chantait. Alors qu'elle allait sortir, mon estomac grogna. J'avais réellement faim en fait. Je relevais la tête vers elle, et osait enfin lui demander si je pouvais sortir de cette chambre. Aller manger au réfectoire. Elle me demanda de patienter un instant, qu'il fallait qu'elle aille demander à sa supérieure pour savoir si elle pouvait accéder à ma requête. C'était quand même pas banal. Ca faisait des semaines que j'avais pas mis le nez hors de cette chambre, elle avait sûrement peur que je sois un peu perturbée si je me retrouvais dans un milieu aussi fréquenté que la cafétéria. C'est quelques minutes plus tard que ma psy entrait à son tour dans ma chambre, talonnée par l'infirmière. La première me posa toute une série de question, pour s'assurer que j'étais en état. Ce fut d'ailleurs concluant. J'étais calme aujourd'hui, et non pas hystérique comme ça pouvait m'arriver assez souvent. On m'apporta des vêtements propres. Neufs même. Ils étaient encore empaquetés. Il ne me fallu pas plus de quelques minutes pour les enfiler, et rejoindre l'infirmière qui m'attendait hors de ma chambre. Elle devait m'accompagner pour ce déjeuner. Nous avons marché un moment, jusqu'à rejoindre la cafétéria. Il n'y avait pas tant de monde que ça, et c'était tant mieux. En tout cas, j'avais mangé en silence, et sans me préoccuper de ce qui pouvait se dire sur moi. Tout avait été parfait, et l'infirmière était satisfaite de mon comportement. Qui a dit que les vilains petits canards ne savaient pas se tenir ? Maintenant, il fallait retourner voir Miléna. Elle et la psy avaient prévus un entraînement maintenant que j'avais décidé de mettre le nez dehors. Sur le chemin, je demandais même à l'infirmière si un jour je pourrai me déplacer seule. Peut-être avait-elle répondu. J'aurai insisté sur le fait que ma conduite serait exemplaire, mais une main se posa sur mon épaule, et me força à m'arrêter. J'avais sursauté, et m'étais retournée précipitamment. « Impossible... » oui. Impossible. Exactement ce à quoi je pensais à cet instant. Je regardais l'homme qui m'avait interpellée, bouche bée. « Kathleen ? » il semblait aussi choqué que moi de... Enfin de me croiser ici. Je le fixais toujours, les jambes tremblantes. L'infirmière fronça les sourcils et vint se placer entre nous deux. Je sentais les larmes me monter aux yeux. Que faisait-il ici ? « Monsieur écoutez, je suis désolée, mais elle n'est pas en état de parler à qui que ce soit pour le moment, c'est mauvais pour elle. » souffla-t-elle à l'adresse de Julian. Moi je n'avais toujours pas bougé, et je commençais même à trembler comme une feuille. L'infirmière m'attrapa gentiment le bras pour m'emmener. Non, je ne voulais pas y aller. « Non. » j'avais gémis en me dégageant de son emprise. J'étais allée me réfugier directement dans les bras du rebelles en étouffant un sanglot. J'étais heureuse de le revoir ici. « Dis moi que c'est vraiment toi Julian ? T'es venu me chercher ? » je le regardais, ne pouvant d'avantage retenir mes larmes. Je me faisais sans doute une fausse joie, mais c'était bien la première fois que j'avais l'espoir. « J'veux rentrer chez moi. » articulais-je avec difficulté en posant mon front sur son torse. Pitié qu'il m'emmène avec lui. Qu'il me ramène à la maison. »
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:06



Ce pouvait-il que je sois victime d'une hallucination ? De faire un rêve éveillé, à moins que je ne sois endormi ? Mais tout me semblait si tangible, si réel. Au moment même où la jeune femme me fit face, mon esprit sembla tout simplement foudroyé par l'incompréhension. J'étais paralysé, tétanisé par ce que j'apercevais. Kathleen Harper. Elle était vivante. Deux mois suivant son assassinat dans l'arène de la soixante-quinzième édition des Jeux de la Faim, la voilà en chair et en os, devant mes yeux ébahis. Je me souvenais encore le jour où j'appris son départ, celui où j'appris que peut-être je perdrais une future alliée. Rumer m'avait annoncé la nouvelle d'un regard lourd qui laissait transparaître son désarroi et son appréhension. Elle avait déjà vu sa jeune soeur périr lors des Jeux, de voir l'une de ses plus proches amies l'affectait tout autant. Et je me surpris moi-même à ressentir un pincement au coeur suite à cette nouvelle. Nous n'étions pas très proches, mais nous avions développé une certaine complicité avec le temps et d'apprendre qu'elle pouvait ne jamais revenir au district neuf m'avait profondément alarmé. Et que dire du moment où j'appris sa mort... Je n'osais jamais visionné les Jeux; premièrement parce que le temps me manquait considérablement et je n'avais pas toujours un téléviseur à porter de main; et deuxièmement parce que je ne pouvais le supporter. Les quelques années où je dus être mentor avaient été suffisamment pénible pour que je me torture davantage à visionner d'autres jeunes s'entre-tuer pour le simple plaisir du Capitole. Mais je me tenais tout de même à l'affût des évènements, surtout lorsque les tributs ne m'étaient pas inconnus... Il était beaucoup moins difficile pour moi d'accepter leur perte si je ne regardais pas directement leur mort. J'avais appris aussi que certaines tributs supposément décédés étaient récupérés par le district treize. Certains changeaient de visages, d'autres devenaient des militants rebelles, mais il y en avait qui perdait tout simplement la tête... De revenir d'entre les morts alors que vous avez été fauché par la mort dérangeait beaucoup plus l'esprit que d'en sortir vainqueur. Enfin, je n'en savais rien, mais j'osais imaginer.

Je croyais être le plus surpris de ces soudaines retrouvailles, mais je me rendis rapidement compte alors que nos regards se croisaient que Kathleen était d'autant plus bouleversé, voir peut-être plus. Elle avait sursauté à mon simple touché, démontrant une certaine nervosité chez elle. Bien entendu, je ne m'attendais pas à retrouver une Kathleen souriante et enjouée - malgré que je ne m'attendais nullement à la retrouver tout court -, mais je percevais que quelque chose clochait. « Monsieur écoutez, je suis désolée, mais elle n'est pas en état de parler à qui que ce soit pour le moment, c'est mauvais pour elle. » Je n'avais pas eu conscience de la présence de l'infirmière jusqu'au moment où elle s'interposa entre Kathleen et moi. Elle semblait agacé de mon intervention, comme si je venais interrompre quelque chose d'important. Pourquoi escortait-elle Kathleen ? Que lui arrivait-elle ? Dans quel était se trouvait-elle ? Je demeurai immobile, ne désirant aucunement animer davantage la situation ou d'altérer l'état de l'ancienne tribut, peu importe ce que ce terme signifiait. D'où j'étais, je pouvais déjà percevoir les tremblements qui secouaient le corps anormalement chétif de Kathleen alors qu'elle semblait hypnotisée par ma présence. Tout comme moi d'ailleurs. L'infirmière n'attendit pas plus longtemps et tenta d'éloigner la brunette de ma personne, comme si je représentais une menace. Avant que je ne puisse protester au mouvement - car je ne désirais pas qu'elle s'éloigne avant d'avoir eu la certitude qu'elle se portait bien -, Kathleen désapprouva et glissa entre les mains de sa garde-malade. D'un geste impulsif, elle s'élança directement vers moi, se compressant contre mon torse et me laissant au prise d'une nouvelle vague de confusion. D'un air effaré, j'observai ses grandes prunelles miroitantes de désespoir, me toisant comme si j'étais devenu son tout dernier espoir en ce monde. « Dis moi que c'est vraiment toi Julian ? T'es venu me chercher ? » Ses paroles ainsi que son regard suppliant m'alarmèrent que davantage. Je tentai de demeurer calme, de garder la tête froide, mais d'apercevoir Kathleen qui, dans mes souvenirs, était toujours si forte, si caractérielle, transperça ma carapace d'homme insensible et me fendit littéralement le coeur. D'un geste doux et réconfortant, je caressai sa chevelure et trouvai la force de parler malgré ma gorge qui se serrait. « Oui, c'est bien moi, Kate. Je suis là. » Je l'aperçus alors perdre tout contrôle et laisser ses joues se noyer de larmes. Mon coeur se crispait dans ma poitrine, paniqué par l'état inquiétant de l'adolescente. « J'veux rentrer chez moi. » supplia-t-elle avant d'enfouir son visage contre mon torse. D'un instinct protecteur, j'entourai son corps de mes bras forts, désirant faire disparaître cette peine qui lui hantait l'esprit. Par cette étreinte, sa maigreur me devint flagrante. Je sentais également les tremblements violents qui secouaient ses membres dus aux sanglots qui lui étranglaient la gorge. Sidéré par sa vulnérabilité qui me touchait au plus haut point, je penchai légèrement la tête vers l'avant alors que je cherchais une explication à tout ça. « T'inquiète pas, je vais m'occuper de toi. » murmurais-je doucement afin que l'infirmière ne perçoive pas mes paroles. Aussitôt dit, mes bras enveloppant toujours fermement le corps menu de ma protégée, mon regard toisa la garde-malade, lui offrant mon air le plus autoritaire, le plus imposant. « Que lui avez-vous fait ? » demandais-je d'une voix grave qui se voulait à la limite menaçante. Kathleen n'allait pas bien. Non, elle était loin d'être bien et de constater ce mal me rendait tout à fait mécontent. Je n'appréciais déjà pas les méthodes du treize, mais maintenant que ça me touchait directement, qu'une personne que je respectais énormément et qui ne méritait aucunement de souffrir subissait le mal fonctionnement du district, je ne pouvais me fermer les yeux plus longtemps, sentant la haine jaillir en moi. Je demandais des explications ou alors j'allais m'occuper moi-même de cette âme brisée.
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:06

✘ Julian & Kathleen ▬ You remind me of the times when I knew who I was.


« Tout ici était fait pour me rappeler ma condition de patiente perturbée. Ce bracelet autour de mon poignet, cette infirmière qui ne me lâchais pas, ces sautes d'humeur plus qu'insupportables... Et pour une fois, quelqu'un que je connaissais, et en qui j'avais une confiance aveugle était là. Seulement, même à ses yeux j'étais morte. Il se pouvait même qu'il ne s'agisse là que d'une nouvelle hallucination. Pourtant, ça semblait si réel. Même le fait d'être là, tout contre lui. Si c'était encore un tour de mon cerveau malade, pour une fois, je pouvais lui être reconnaissante. C'était une vision agréable de ma vie passée. « Oui, c'est bien moi, Kate. Je suis là. » j'étouffais un sanglot quand il me confirma qu'il était bel et bien là. Je me serrais un peu plus contre lui, ne souhaitant pour rien au monde être séparée de lui à cet instant. « T'inquiète pas, je vais m'occuper de toi. » Ca faisait tellement de bien de pouvoir savoir que j'avais encore quelqu'un sur qui compter en dehors de ces murs... Mais pouvait-il vraiment faire quelque chose pour moi ? « Tu promets de pas me laisser là, hein ? » murmurais-je, les yeux baignés de larmes. Faible, j'étais faible. Depuis que j'étais au treize, je passais mon temps à faire des crises, ou à pleurer. L'ancienne Kathleen ne pleurait pas. Enfin, pas en public. Surtout pas en public. Le seul à l'avoir jamais vu pleurer, avait été Jeremiah. Et Blackbeard, le chien borgne. J'enfouis de nouveau mon visage contre son torse, essayant de calmer mes larmes. « Que lui avez-vous fait ? » le ton qu'il venait d'employer m'avait fait sursauter, mais j'essayais de faire en sorte de ne rien laisser paraître. Je me rappelais sa voix, lors de nos petites altercations amicales au district neuf. Moi qui passait mon temps à le harceler pour qu'un jour il me laisse partir en mission avec lui, et lui qui avait toujours catégoriquement refusé de m'emmener. Alors je me rappelais à quel point je pouvais me montrer mesquine envers lui. Surtout concernant sa relation avec Rumer. Bien entendu, ce n'était jamais méchant, et c'était même devenu un jeu. Un moyen pour moi de lui exprimer mon mécontentement de ne pas pouvoir me montrer plus utile pour la rébellion. Maintenant, ce n'était même plus la peine d'espérer l'accompagner sur le terrain. Je ne serais plus jamais apte à faire quoi que ce soit de toute manière. Mon esprit était totalement brisé, mon corps était plus que faible à cause de mon manque d'activité... Non vraiment, je ne croyais pas à un éventuel retour à la normale. Pas pour moi.

J'essayais de calquer ma respiration sur celle de Julian, de me calmer. J'arrivais finalement à me détendre un peu, allant même jusqu'à oublier la présence de l'infirmière. Ce ne fut que lorsque cette dernière repris la parole, que je fus ramenée brusquement dans cette dure réalité. « On lui a sauvé la vie. » bougonna-t-elle. J'entendais bien à son air qu'elle était mal à l'aise. Couarde. Julian avait réussi à l'effrayer en prenant sa grosse voix. Cette pensée me fis sourire, bien que personne ne puisse voir cet air amusé sur mon visage. C'était agréable de savoir qu'il était resté lui même. En fait, à bien y réfléchir, j'étais la seule personne ici présente à avoir du mal à faire la part des choses. « Elle a été cliniquement morte pendant plusieurs minutes. Et selon les patients, les réactions ne sont pas les mêmes. » je me crispais légèrement à cette annonce. Je n'aimais pas tellement entendre des trucs pareils. Ça me rappelait trop de mauvais souvenirs. Trop de mauvaises choses dues à l'arène. Je devais essayer de me montrer forte. J'inspirais longuement, sans quitter cette étreinte si rassurante. C'était bien la première fois que je me sentais presque en sécurité depuis mon arrivée ici. Depuis avant ça même. Pendant les Jeux, n'en parlons même pas, et avant ça... Peut-être une fois ou deux, quand j'étais avec Nolan. Sinon... C'était tout. « Certains n'y survivent même pas. Certains réagissent pas trop mal. D'autre perdent la mémoire. Et d'autre encore perdent leurs esprits. » j'étais dans cette dernière catégorie de personnes. Ceux qui perdaient les pédales. J'eus soudain cette envie, ce besoin de me justifier auprès de Julian. Je relevais la tête, et essayais vainement de trouver une explication adéquate. Il ne devait pas penser que j'étais folle à lier. Bon, d'accord, c'était le cas, mais j'avais pas vraiment voulu ça. « J'te jure que je voulais pas... Mais... Je... » lui dis-je d'une voix étranglée. Je cherchais mes mots, et je ne savais pas vraiment ce que je voulais dire. Ni ce que j'essayais de justifier au juste.... « Elle souffre de délires psychotiques. On fait de notre mieux pour l'aider. » décréta l'infirmière en s'approchant de nous, et en posant une main amicale sur mon épaule. Pourquoi fallait-il qu'elle la ramène elle ? Je lui avais rien demandé bordel ! Elle exerça une légère pression sur mon épaule, pour m'inciter à la suivre. Je baissais les yeux, honteuse. Maintenant c'était sûr, Julian ne pourrait rien faire pour moi. Il ne pourrait pas m'emmener. « Maintenant, si vous voulez bien nous excuser, je dois la ramener à sa tutrice. » fit-elle avec un air qui était tout sauf désolé. Je fis quelques pas en arrière, me résignant à m'extirper de l'étreinte du chef rebelle. La femme me fit un signe de tête pour que je passe devant elle. Je fronçais les sourcils. « Non ! » criais-je presque en m'écartant, et en me dégageant de nouveau de sa prise. Rien de bien difficile, elle était à peu près aussi chétive que moi. Je ne voulais aller nul part. « Je suis pas folle. Je suis pas folle. J'veux juste qu'on me laisse tranquille ! » commençais-je à bégayer. Le fait même que je niais prouvait que je l'étais. Folle. J'avais recommencé à trembler, et j'avais les jambes flageolantes. Il fallait que je m'assois. Je m'approchais du mur, et m'y laissais glisser. « Par pitié... Julian, ramène moi à la maison... J'aime pas être ici. » balbutiais-je en me recroquevillant sur moi même. J'j'avais enfoui ma tête au creux de mes genoux ramenés contre ma poitrine, me protégeant avec mes mains. Je voulais partir d'ici. Maintenant. »
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:07



« Tu promets de pas me laisser là, hein ? » Je déglutis péniblement alors que je sentais mes épaules s'affaisser. Cette voix suppliante, cet air déconfis, jamais je n'aurais cru qu'elle pourrais paraître aussi vulnérable... Et sa demande ajouta un poids considérable sur mes épaules alors que je ne pouvais rien lui promettre. Non, je ne pourrais pas la laisser dans cet état, mais je n'avais pas grand pouvoir ici... Ce n'était pas moi qui faisais les règles, ni moi qui prenais les décisions. Aussi fort soit mon désir de la protéger, j'ignorais si je le pouvais. Comme seule réponse, j'acquiesçai brièvement de la tête, tentant de la rassurer du mieux de mes capacités. Mais je savais que je n'y parvenais pas, la sentant toujours tremblotante. Mes bras tâchaient de garder Kathleen près de moi, je n'allais lâcher prise seulement lorsqu'elle se sentira davantage en sécurité et lorsque j'aurai eu la certitude qu'elle était entre bonnes mains. Qui étais-je pour douter des soins donnés au treize ? Je ne connaissais pas ce côté du fonctionnement du district, je savais seulement leur manière d'agir en tant que rebelles, c'était tout. Mais chaque fois que j'approfondissais mes connaissances sur le district des rebelles, je découvrais des failles, des idées qui ne me rejoignaient guère et qui pouvaient m'offusquer même. L'inquiétude que Kate subisse un traitement inapproprié à son traumatisme me poussait à creuser un peu plus profondément sur le sujet. Je n'avais rien contre cette infirmière qui avait eu la tâche d'escorter l'ancienne tribut je ne savais où, mais il s'avérait qu'elle était la seule personne à qui je pouvais obtenir quelques éclaircissements. J'usais, comme à mon habitude lorsque je désirais une information primordiale, un ton dur et autoritaire. Aussi loin que je puisse me souvenir, j'ai toujours eu cette voix grave et portante qui pouvait surprendre et effrayer. Généralement, je l'utilisais auprès des troupes rebelles afin de me faire bien comprendre, de me faire respecter. Remettre une bande d'habitants avides de vengeance contre le Capitole pouvait être ardu, mais il s'avérait que je possédais ce don inné de rallier tous et chacun sans provocation. Enfin, je crus parvenir à produire l'effet escompté alors que je voyais l'infirmière devenir légèrement inconfortable. Je me fichais un peu qu'elle ait peur de moi, qu'elle me prenne pour une menace, je voulais simplement m'assurer que Kate allait bien...

« On lui a sauvé la vie. » affirma l'infirmière. Je la sentais sur la défensive, irritée. Ses dires me laissèrent au prise d'une perplexité inébranlable. Sauver la vie ? À quel prix ?Je voulais bien croire que grâce à eux, elle était toujours vivante. Si ce n'avait pas été du treizième district et de ses habitants, Kathleen aurait certainement péri d'entre les mains du tribut qui l'assassinat, comme nombres de jeunes les années précédentes. Cependant, de ce que je voyais à cet instant, j'avais une difficulté à croire qu'ils soient véritablement ses sauveurs. J'ignorais comment ils la traitaient, s'ils la laissaient sortir de la base de temps à autres, s'ils la bourraient de médicaments ou pas, je ne savais rien de tout ça. Et pourtant, mon instinct me dictait que personnes ici se comportaient en héros. Sans prononcer le moindre jugement, je demeurai attentif, j'attendais la suite, car ma curiosité n'était pas assouvi. « Elle a été cliniquement morte pendant plusieurs minutes. Et selon les patients, les réactions ne sont pas les mêmes. Certains n'y survivent même pas. Certains réagissent pas trop mal. D'autre perdent la mémoire. Et d'autre encore perdent leurs esprits. » Cette fois, je ne pus m'empêcher de froncer les sourcils. Certes, je ne m'attendais pas à ce qu'elle me dise que des expériences grotesques et inhumaines étaient effectuées sur les tributs récupérés des Jeux, mais je fus tout de même légèrement déboussolé par cette déclaration. Je réfléchis, le temps d'une brève seconde, à la réaction de Kathleen. Non, elle ne réagissait pas bien à la suite des Jeux... Même si deux mois s'étaient écoulés, je pouvais voir qu'elle était brisée. C'était devenu comme une seconde nature pour moi, je pouvais comprendre d'un simple regard quelle âme était brisé. Et celle de Kate était fendillée de part et d'autre. Pour ce qui était de sa mémoire, elle semblait intacte. Elle me reconnut dès l'instant où notre regard se croisa, je ne pouvais avoir de doute sur ce point. Mais pour ce qui était de sa sainteté d'esprits... Je me détestais de douter, mais je ne pouvais être certain sur ce point. « J'te jure que je voulais pas... Mais... Je... » bafouilla une petite voix. Mon regard s'abaissa vers la brunette et mon visage s'adoucit aussitôt. Elle semblait si perdue, si désemparée. Elle était prise d'un état dont elle n'avait aucun contrôle... Je ne pouvais prononcer le moindre mot, sentant mon cerveau paralysé par l'inquiétude et le désarroi. Elle ne pouvait pas... « Elle souffre de délires psychotiques. On fait de notre mieux pour l'aider. » Je relevai les yeux vers la garde-malade qui venait de se rapprocher de nous. Je ne la toisait plus d'un air menaçant, ni imposant, mais plutôt incrédule et impuissant... J'étais déconcerté, confus. Je n'eus même aucune réaction lorsque la main de l'infirmière se posa sur l'épaule frêle de Kathleen. Je craignais, alors que je tentais de procéder cette information, l'avoir perdu. Avoir perdu la Kathleen que je côtoyai nombres de fois au neuf. Je n'osais même plus baisser le regard vers elle, ayant crainte de ne plus la reconnaître. J'avais le coeur qui battait anormalement lentement, prenant difficilement quelques inspirations courtes et douloureuses. Pas Kate... Ça ne pouvait pas arriver à Kate... « Maintenant, si vous voulez bien nous excuser, je dois la ramener à sa tutrice. » Elle insistait. Elle força l'adolescente à quitter mon emprise alors qu'elle-même effectuait quelques pas de recul. Et je ne pouvais la retenir. Un sentiment d'impuissance s'emparait de moi. Je savais.... Je savais que lorsque notre esprit est victime d'un traumatisme et que notre cerveau ne peut le supporter, il n'y avait rien que l'on puisse faire. Enfin, je n'avais pas les compétences de prendre soin d'elle... Je n'y pouvais rien et je me détestais pour ça. Je me détestais de l'avoir laissé quitter mon étreinte, car j'eus l'impression de la perdre pour de bon. Elle me glissait entre les doigts.

Contraint, j'observai Kathleen s'avancer vers l'infirmière qui lui faisait signe de poursuivre sa route. Mais cette première ne réagit pas de la manière escomptée... « Non ! » hurla-t-elle tout en s'éloignant. Je sursautai sur moi-même, comme si sa voix me ramenait d'un rêve où il n'y avait que désespoir. Je vis alors son visage crispé, son non-désir de bouger. Cet endroit l'oppressait... La condamnait à son état misérable. « Je suis pas folle. Je suis pas folle. J'veux juste qu'on me laisse tranquille ! » Subjugué, j'effectuai un pas vers elle, craignant qu'elle ne s'enfuit ou qu'elle se fasse mal. Mais elle ne fit rien de tel. Elle se contenta de se laisser glisser le long d'un mur afin de s'asseoir, paraissant soudainement faible. Et c'est alors que je compris. Comment avais-je pu douter ? La surprise peut-être, mais maintenant je voyais beaucoup plus clair. Kate était toujours la même, elle n'avait pas changé. Quelque part, au fond d'elle-même, camouflée derrière une montagne de blessures et de cicatrices, elle attendait de refaire surface. Et je ne pouvais la laisser à ce triste sort, je devais lui porter main forte. Sans tarder, je m'approchai et m'agenouillai à ses avants. La tête enfouit entre ses genoux, elle me supplia une nouvelle fois; « Par pitié... Julian, ramène moi à la maison... J'aime pas être ici. » Évidemment... Personne ne pouvait rester sain d'esprit dans un tel endroit. Maintenant à sa hauteur, je glissai ma main dans la sienne et la serrai avec l'espoir de lui faire sentir mon support. Je penchai ma tête vers l'avant afin que mon front vienne s'appuyer contre sa chevelure sombre. J'ignorai l'infirmière qui se tenait derrière moi et qui était probablement agacée par tout le remous que ces retrouvailles impliquaient. D'une voix douce et rassurante, je tentai de trouver les meilleurs mots pour calmer la situation. « Kate... Tu n'as rien d'une folle. Je suis certain que tu as toute ta tête. Ils peuvent bien te dire ce qu'ils veulent, je ne les crois pas, moi. » Ce qui était vrai. Peut-être était-elle perturbée, traumatisée, mais pas folle. Je n'osais pas y croire. Serrant davantage sa main dans la mienne, je poursuivis: « Les Jeux marquent, ils détruisent. On ne peut jamais être vraiment prêt à y faire face. Crois-moi, c'est dur d'y revenir. C'est impensable de retrouver un jour la raison, de concevoir de pouvoir continuer à vivre avec toutes ces images en tête. Mais c'est possible. Je suis là. Et je ferai tout en mon pouvoir pour t'aider. Je ne te laisserai pas tomber. » Ayant moi-même passé par cette dure épreuve, je pouvais en quelque sorte comprendre son mal. Il est vrai que mon état n'était pas aussi grave que celle de Kathleen, mais j'ai souvent songé à m'enlever la vie... J'ai souvent souhaité disparaître de ce monde et reposer finalement en paix. Je me doutais que l'infirmière puisse entendre mes paroles - et peut-être désapprouvait-elle celles-ci -, mais je m'en fichais. Cependant, pour la suite, je pris la peine d'abaisser la voix afin que seul un murmure ne franchisse mes lèvres. « Et je vais te sortir de là. Coûte que coûte, je vais te ramener chez toi. » Je contractai la mâchoire, ignorant si je pouvais réellement tenir cette promesse... Peut-être que oui, peut-être que non, mais une chose était certaine: jamais je ne pourrai l'abandonner ici.
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:07

✘ Julian & Kathleen ▬ You remind me of the times when I knew who I was.


« Du soutien, de l'aide, un peu de confiance et surtout, beaucoup de patience, c'est tout ce dont j'avais besoin pour essayer d'aller mieux. Rien que ça, j'étais sûre que ça pourrait m'aider. Mais je les refusais. En permanence, je rejetais leurs mains tendues vers moi, car elles me faisaient me rappeler de mon actuelle condition. J'étais morte, et j'étais leur jouet maintenant. Ils pouvaient bien me faire ce qu'ils voulaient, de toute manière, je n'étais même plus censée faire partie de ce monde. Qui pourrait se préoccuper du sort d'une pauvre petite orpheline décédée ? Jusqu'à ce que je croise Julian, j'étais persuadée que la réponse était 'absolument personne, puisque tu n'existe même plus dans ce bas monde, pauvre andouille. Personne ne s’intéressait à toi de ton vivant, pourquoi le feraient-ils dans ton trépas ?' Mais j'avais tout simplement oublié qu'à l'extérieur, il y avait des gens auxquels je tenais, et que je pouvais autrefois qualifier d'amis. Toutes ces personnes que je n'avais jamais pris la peine de remercier, toutes ces personnes qui avaient placé ne serait-ce qu'un tout petit peu de confiance en moi... Je les avais toute trahies en oubliant à quel point ils étaient importants. J'étais... J'étais égoïste, ô combien égoïste. Je passais mon temps à m'apitoyer sur mon sort, alors que j'étais loin d'être un cas isolé. Combien étaient orphelins à Panem ? Combien avaient vus des proches mourir aux Jeux ? Je ne m'étais pas rendue compte... Mais finalement, ma vie était pas si mal avant mes Jeux. Je n'avais peut-être plus de famille, mais j'avais des gens autour de moi. Des gens pour me soutenir, et croire en moi. Julian faisait parti de ces personnes là.

Le fait qu'il vienne me prendre la main me ramena à la réalité. J'étais là, affalée contre le mur de pierre qui diffusait un frisson glacé au travers de mes vêtements, et le chef rebelle devait me prendre pour une cinglée. Une cinglée doublée d'une faible. Jamais encore je ne m'étais autorisée à pleurer et à geindre comme ça. Si je n'étais pas là, jamais ça ne serait arrivé. Si je n'avais pas perdu les pédales, j'aurai pu essayer de faire semblant, de garder ma carapace intacte. Mais les faits étaient pourtant là. Et c'était désolant au possible. Il vint poser son front sur le sommet de mon crâne, avant de murmurer quelques paroles réconfortantes. « Kate... Tu n'as rien d'une folle. Je suis certain que tu as toute ta tête. Ils peuvent bien te dire ce qu'ils veulent, je ne les crois pas, moi. » Une légère plainte s'éleva du fond de ma gorge, tandis que je j'inspirais douloureusement, le souffle saccadé par des sanglots. J'acquiesçais, en essayant de reprendre une respiration normale. Si j'avais eu encore assez de forces, je lui aurai sûrement broyé les doigts sans le vouloir. Était-il sincère ? Me pensait-il réellement saine d'esprit ? Je fermais les yeux et me concentrais sur mon rythme cardiaque, enfin, il commençait à redevenir à peu près normal. Derrière Julian, j'entendis un léger toussotement de la part de l'infirmière. « Je... Je crois que je vais vous laisser tranquilles quelques instants. Je reviens la chercher dans un quart d'heure. Pas plus sinon je vais en prendre pour mon grade. » fit-elle en maugréant. Au moins se rendait-elle compte qu'elle était de trop. Je ne lui prêtais même pas attention. « Veillez juste à pas trop me la chambouler, elle va être insupportable après. » elle s'était adressé à Julian en soupirant. Je l'entendis s'éloigner dans le couloir, jusqu'à ce que le bruit de ses pas ne soit plus qu'un lointain souvenir. Sûrement s'était-elle juste arrêtée à l'angle du couloir, mais à vrai dire, je m'en fichais un peu.

L'homme en face de moi, exerça une légère pression sur ma main, avant de reprendre. « Les Jeux marquent, ils détruisent. On ne peut jamais être vraiment prêt à y faire face. Crois-moi, c'est dur d'y revenir. C'est impensable de retrouver un jour la raison, de concevoir de pouvoir continuer à vivre avec toutes ces images en tête. Mais c'est possible. Je suis là. Et je ferai tout en mon pouvoir pour t'aider. Je ne te laisserai pas tomber. » C'est vrai. Il était un gagnant des Jeux. J'avais souvent tendance à oublier ce détail. Lui aussi avait connu l'arène, il avait tué également. « Comment tu fais ? Comment tu fais pour ne pas penser à ça ? » demandais-je en reniflant. Je commençais à secouer négativement la tête, repensant encore et toujours à la même chose. « J'y arrive pas moi. A chaque fois que je ferme les yeux... Je la revois, cette gamine du cinq. Elle avait quoi ? Treize ans ? Et je... Enfin... » je lui ai planté un couteau dans la gorge, j'ai sentis son sang me brûler la main en giclant hors de son cou. Je revois ses yeux bleus, baignés de larmes, déformé par la douleur, la peur, la haine, le désespoir. Et aux dernières nouvelles, elle n'avait pas été sauvée. Enfin en même temps, qu'est-ce que j'en savais de qui avait été sauvé ou non ? Je lâchais un nouveau sanglot. « Et elle veut pas sortir de ma tête. Elle me laissera jamais, je le sais. » murmurais-je en me plaquant la main sur le front à plusieurs reprises, comme si ce simple geste pouvait chasser son souvenir de mon esprit. « Et je vais te sortir de là. Coûte que coûte, je vais te ramener chez toi. » il avait murmuré. Je ne pouvais que le croire, que lui faire confiance. Après tout, il était Julian. C'était un homme de parole, quelqu'un sur qui on pouvait compter en cas de coup dur. Il était Julian. Cependant, mon cerveau demandait confirmation. Quel empêcheur de tourner en rond celui là. « Tu... Tu promets ? » je lui demandais d'une toute petite voix. Même si je connaissais déjà la réponse, je voulais l'entendre de sa bouche. J'en avais besoin.

Ma respiration était à peu près redevenue normale. Je déglutissais avec difficulté avant de poser les questions qui me tenaient à cœur. « Et comment ça se passe ? » je questionnais soudain en relevant la tête. « Au district je veux dire ? Nolan, les deux frangines, Aiden ? Dis moi qu'ils vont bien. » c'étaient les premières personnes qui me venaient à l'esprit. Je m'inquiétais de savoir comment ils allaient, ce qu'ils devenaient. Même si ma question était stupide car je n'en reverrai sans doute aucun. Ils allaient tous m'oublier si ce n'était déjà fait. « Et toi ? Tu t'en sors avec les Pacificateurs ? Et le reste ? » je le regardais avec inquiétude. Après tout, je savais que même s'il était du genre prudent, Julian était recherché par les gardiens du Capitole. Et qu'advenait-il de la rébellion ? « Et Blackbeard, il devient quoi ? » demandais-je soudainement, me souvenant alors de l'existence de ce sac à puces. Le vieux berger allemand borgne, récupéré je ne savais trop où par mon frère, avec lequel j'étais devenu inséparable. Il me suivait partout. Que ça soit pour la chasse, ou alors pour une simple promenade. Il m'avait sauvé la vie plus d'une fois ce cabot. Contre les animaux sauvages, et même contre un Pacificateur. Je supposais que personne n'avait voulu de lui et de son mauvais caractère. Enfin, peut-être Nolan. Peut-être pas. J'espérais que si. Au moins, s'il était avec lui, il était entre de bonnes mains. « Pardon je pose des questions idiotes. » marmonnais-je en ricanant. La curiosité était un vilain défaut. Défaut dont j'avais malheureusement hérité de mon père. Mais ça, on est un Harper ou on ne l'est pas. »
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:08



L’idée de partir du district treize, seul, à présent me semblait tout simplement égoïste. Comment pouvais-je retourner à mes occupations de rebelle alors qu’une injustice sévissait ici ? Qu’une de mes alliées, une des seules personnes proches que j’eues la chance de connaître dans le passé, était en détresse ? Ma conscience, ma raison, mon cœur m’empêchaient de laisser Kathleen à ce triste sort, sans au moins que je n’ai essayé de lui porter main forte. Je ne croyais pas pouvoir faire des miracles – je n’ai jamais été un bon confident qui conseille judicieusement lorsque quelqu’un réclame un avis -, mais je pouvais tout de même tenter ma chance afin de changer les choses. Il le fallait. Je le devais. Aussi étonnamment soit-il, lorsqu’il était temps de me prononcer fasse à une horde de rebelles, les mots me venaient tout naturellement. Cependant, en dehors de mon titre de chef rebelle, les paroles semblaient se coincer au niveau de la gorge. J’osais pourtant croire que je parviendrais à trouver les mots justes pour en serait-ce calmer un peu Kate. Elle semblait si désemparée… Si exaspérée d’être prise avec ces souvenirs, sa ‘nouvelle condition’ que je refusais de croire. Agenouillé devant elle, ma main tenait la sienne alors que mon front s’appuyait légèrement contre son crâne. Son visage était camouflé entre ses genoux, mais je pouvais m’imaginer ses traits crispés simplement par les petits gémissements étouffés qu’elle me laissait entendre. Et au lieu de m’attarder trop longtemps sur ce que je pouvais bien lui divulguer pour la rassurer, je laissai tout simplement mon honnêteté parler. Car je croyais pertinemment qu’elle n’avait pas perdu la tête. Enfin, j’osais bien y croire. « Je... Je crois que je vais vous laisser tranquilles quelques instants. Je reviens la chercher dans un quart d'heure. Pas plus sinon je vais en prendre pour mon grade. » J’avais presque oublié la présence de l’infirmière à nos arrière, mais elle avait ce don depuis le début de cette rencontre de se manifester afin que personne n’ignore sa personne. Ce serait mentir de dire que je n’ai pas ressenti un soulagement d’apprendre que nous étions finalement laissé à nous-même. Son ton presque autoritaire ne m’atteint aucunement, n’attendant que le moment d’entendre ses pas s’éloigner au loin. « Veillez juste à pas trop me la chambouler, elle va être insupportable après. » Elle pouvait bien causer, j’avais la certitude que je ne pouvais faire un travail plus exécrable que ses gardes-malade… Je ne tournai même pas la tête, me contentant de contracter légèrement la mâchoire alors que son commentaire me laissait de glace. Et j’entendis enfin la cadence de ses pas contre le sol s’estomper au fur et à mesure qu’elle traversait le couloir. Nous étions enfin seuls. Je pouvais enfin me concentrer sur Kathleen, sans avoir cette petite voix à mon oreille qui protestait constamment. Ma main demeurait toujours entrelacée à la sienne, poursuivant ainsi mon discours de réconfort. Je puisais simplement dans mes souvenirs afin de lui faire comprendre qu’elle n’était plus seule maintenant. Mais n’avait-il pas d’autres tributs qui ont été sauvé lors de cette édition ? Ou Kathleen était la seule ? Peut-être ne la laissaient-ils tout simplement pas quitter sa chambre… Ce qui ne saurait m’étonner. J’osais croire, malgré tout, que mes paroles réussiraient au moins à lui démontrer que quelqu’un, ici, pouvait comprendre en partie ce qu’elle vivait. Ma tête s’était légèrement reculée afin de lui laisser un peu d’espace, maintenant que l’infirmière n’était plus là, je pouvais parler sans crainte qu’elle ne nous entende. « Comment tu fais ? Comment tu fais pour ne pas penser à ça ? » La petite voix enrouée de l’ancienne tribut me fit froncer le sourcils. Combien de fois je pus me poser la même question lorsque je dus reprendre ma vie là où je l’avais laissé avant d’aller dans l’arène… Ce sentiment insatiable que jamais on ne retrouvera la paix intérieur. Je ne pouvais dire que je vivais une existence sereine aujourd’hui, mais je parvenais à vivre alors que je n’en voyais plus l’intérêt lorsque j’avais seize ans. « J'y arrive pas moi. A chaque fois que je ferme les yeux... Je la revois, cette gamine du cinq. Elle avait quoi ? Treize ans ? Et je... Enfin... » Mon cœur se serra comme jamais dans ma poitrine. C’était comme si elle m’avait volé un souvenir… Instantanément, des images en provenance des soixante-troisièmes Jeux de la Faim défilèrent devant mes yeux. Cette dague que j’enfonçais dans la chair de la fillette alors que je me retournais brusquement… La vie qui s’échappait de ses yeux alors que son sang me coulait sur la main… Cette même scène qui me hantait presque chaque nuit. Mon corps était devenu soudainement raide et il me fallut de grands efforts pour que mon esprit revienne à la réalité. Je ne pouvais pas sombrer dans la profondeur de mes souvenirs maintenant… Elle avait besoin de moi, le Julian fort et courageux, et non le pauvre adolescent traumatisé par son premier meurtre. « Et elle veut pas sortir de ma tête. Elle me laissera jamais, je le sais. » Continua-t-elle alors qu’elle plaquait sa main contre son front. Comment parviendrais-je à la rassurer alors qu’elle disait vrai ? Alors que j’étais moi-même hanter par mes propres démons du passé ?

Dans l’espoir de faire disparaître cette similitude entre nos deux passages dans l’arène, je me déplaçai légèrement sur le côté et m’installai juste à côté de Kate, le dos contre le mur. Je laissai ma tête reposer vers l’arrière et échappa un bref soupire d’entre mes lèvres. « Je vais pas te mentir, Kate… On peut pas oublier. Tout ce que tu as vu, vécu, subi dans l’arène… Tu l’auras toujours en tête. J’ai pas encore réussi à oublier… » Ma voix pouvait paraître froide et distante, mais c’était simplement dû au fait que je tentais moi-même de garder la tête sur les épaules. Je me détestais de ne pas pouvoir rassurer davantage Kathleen sur ce point, car je voyais bien qu’elle était perturbée par ces agissements dans l’arène… Mais je ne parvenais pas à me voiler le visage et lui dire sans aucun remord que tout était rose une fois que la raison revenait. Tout n’était pas facile, chaque obstacle était une montagne. Mais rien n’était impossible. Je redressai doucement la tête et observai le profil de mon interlocutrice, toujours recroquevillée à mes côtés. « Mais on apprend à vivre avec ses souvenirs. Tu sauras apprivoiser cette image qui hante tes pensées et la convertir à ton avantage. En courage. En détermination. Une fois que c’est fait, tu trouveras le calme. » Un semblant de sourire se dessiner sur mon visage, espérant du plus profond de mon âme qu’elle aura la force de traverser cette épreuve. Et pour ce faire, je m’engageais à tout faire pour la sortir de cette base souterraine. Car, ici, jamais elle ne pourrait refaire surface. Elle avait besoin de support, d’air frais, un endroit familier où se ressourcer. Au district neuf, elle aurait les sœurs Sweenage, les rebelles, tous ceux qu’elle put connaître dans le passé pour la supporter. Au treize, elle n’avait personne… Mis à part ces infirmières qui lui dictaient quoi faire et qui la traitaient de folle ! « Tu... Tu promets ? » Mon regard devint soudainement sérieux. Ma main s’éleva vers son visage et balaya sa joue miroitante de larmes. « Je te le promet. »

Je la sentais légèrement plus calme, ce qui eut pour résultat de me rassurer moi-même. Je pus alors apprécier sa présence à mes côtés, comme ces nombreuses fois au neuf où l’on se croisait dans les maisons des Sweenage. Kate mettait toujours de la vie tout autour d’elle et je ne m’ennuyais jamais en sa compagnie. Certes, sa manie de toujours me pousser à bout, de vouloir absolument rejoindre les rebelles alors que je la trouvais encore trop immature pour ce faire, pouvait m’exaspérer, mais jamais m’irriter à un point de la détester. « Et comment ça se passe ? Au district je veux dire ? Nolan, les deux frangines, Aiden ? Dis moi qu'ils vont bien. » J’affichai un subtil sourire, comme si de parler de sa maison me faisait autant plaisir qu’à elle. Je tentai de me remémorer les dernières fois que j’ai été de passage dans le neuf afin de rapporter les nouvelles les plus récentes des personnes dont elle me demandait des informations. « Ils vont bien. Rien n’a vraiment changé là-bas. » Je n’osais pas lui révéler combien Snow avait renforcé les règles un peu partout dans les districts… Même si ce n’était pas vraiment différent d’avant, je gardai ce petit détail pour moi-même, valait mieux ne pas l’inquiéter davantage. « Nolan est… toujours aussi discret, » - je n’ai jamais vraiment eu la chance de le côtoyer, alors mes nouvelles à son sujet demeurait vagues – « Aiden dirige les rebelles comme un pro et les Sweenage… toujours fidèles à elles-mêmes. » J’abaissai la tête à cette mention pour une raison qui m’échappait totalement. C’était peut-être bref comme aperçut de la vie au neuf, mais je ne pouvais lui en offrir plus… Je ne vivais pas là-bas, j’étais constamment sur la route. « Je suis certain qu’ils seraient tous ravis de te revoir… » Sans aucun doute. Quel choc ils auront lorsqu’ils découvriront qu’elle est toujours en vie ! « Et toi ? Tu t'en sors avec les Pacificateurs ? Et le reste ? » Bon vieux Julian et ses Pacificateurs. Un léger rictus me chatouilla la gorge à cette question, comme si elle venait de dire une blague dont seul moi pouvais comprendre. « Entre les pantins de Snow et moi, c’est toujours le grand amour. Ils essaient toujours de mettre leurs mains sur moi, mais il faut croire que je suis plus malin qu’eux. » Un petit clin d’œil à l’intention de Kate termina ma phrase remplie d’ironie, tentant de détendre légèrement l’atmosphère. Je ne fis bien entendu pas mention de ma petite escapade au onze avec Rumer, alors qu’un de ces pantins me perfora l’abdomen avec une balle de pistolet, car ce détail me semblait inapproprié. Et puis, la blessure était presque entièrement guérie, je préférais oublier cet incident que de l’exposer à la personne qui désirait entendre cette histoire. « Et Blackbeard, il devient quoi ? » Blackbeard ? Elle voulait dire ce vieux chien dont je n’avais jamais su supporter la présence ? Pour une raison quelconque, lui non plus n’avait jamais su apprécier ma personne… « Il… va bien. Nolan en prend soin, je crois. » Ce qui n’était pas faux. Je croyais que Nolan avait pris l’animal sous son aile, mais je devais avouer que sa condition ne m’importait que très peu – sans vouloir offenser Kathleen. « Pardon je pose des questions idiotes. » Mes sourcils se froncèrent légèrement alors que je l’observais de biais. « Ce ne sont pas des questions idiotes. C’est ta maison, c’est normal de vouloir un peu de nouvelles. » Je regardai la jeune femme un instant, comme si je cherchais une réponse alors que je n'avais même pas encore poser la question. Peut-être m'aventurais-je sur un terrain miné, alors que Kate venait tout juste de retrouver un semblant de calme, mais je devais avoir la certitude... « Kate... Comment ils te traitent, ici ? » Je faisais bien entendu référence à tout; si elle était bien nourrie, s'ils se comportaient convenablement avec elle, ou si, au contraire, ils la traitaient comme une moins qu'un rien. une pauvre malade sans avenir... Je voulais savoir. Je voulais comprendre ce qui poussait Kathleen à vouloir partir aussi désespérément du treize. Et qui sait, peut-être que ces informations m'aideraient à la faire sortir d'ici...


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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:08

✘ Julian & Kathleen ▬ You remind me of the times when I knew who I was.


« Je devais avoir l'air tellement, tellement stupide. J'agissais comme une enfant apeurée, je montrais mes faiblesses et exprimais mes craintes. Je pleurais, je me plaignais, et je ne faisais aucun effort pour remonter la pente. A quoi bon ? Quand je m'accroche à quelque chose ou a quelqu'un, il finit toujours par arriver des choses affreuses. Et alors là, tout était à refaire. En permanence. Mes proches et moi étions coincés dans un cercle vicieux. En restant avec eux, je les menais à leur perte. En fait tout était de ma faute, je dégageais une aura maléfique qui condamnait les autres. Ça ne pouvait être que ça. Je ne voyais pas d'autre explication au fait qu'il arrivait malheur à ceux qui me côtoyaient. Pourtant, même en sachant ça, je ne voulais pas lâcher Julian, et le fait qu'il bouge me terrifia. Je sentis mon souffle s'emballer, ayant soudainement peur qu'il me laisse. Je ne voulais pas me retrouver de nouveau seule. Pourtant c'était Julian, je devrais lui faire confiance. Jamais encore il ne m'avait laissée tomber jusqu'à preuve du contraire. Je me calmais tandis qu'il s'installait à côté de moi. Idiote. me souffla la petite voix dans le coin de ma tête. Qu'elle se taise celle là. Je posais ma tête sur l'épaule du chef rebelle et je fermais les yeux. Autant essayer de faire abstraction de l'environnement nous entourant. Que je me concentre sur sa voix. Sa respiration. Le reste n'était pas important. « Je vais pas te mentir, Kate… On peut pas oublier. Tout ce que tu as vu, vécu, subi dans l’arène… Tu l’auras toujours en tête. J’ai pas encore réussi à oublier… » au moins était-il honnête sur ce point là. Je grimaçais légèrement, pensant aux longues nuits blanches qu'allaient encore m'apporter ces cauchemars. Tout ça était loin d'être terminé malheureusement pour moi. Et pour les médecins. Eux en auraient vite marre de voir ma tronche je pense. Enfin, ils devaient déjà en avoir plus qu'assez de m'avoir dans les pattes. Mais je risquais d'y rester longtemps encore. Enfin, tant que je ne saurais pas où j'en suis. Une fois que je serai assez rétablie pour être utile au treize, j'allais devenir quoi ? J'allais leur servir à quoi ? A montrer l'échec du Capitole dans les Jeux ? Devenir une sorte de porte-parole ? Une marionnette entre leurs mains pour leur petite guerre médiatique ? Ça allait être amusant tout ça. «« Mais on apprend à vivre avec ses souvenirs. Tu sauras apprivoiser cette image qui hante tes pensées et la convertir à ton avantage. En courage. En détermination. Une fois que c’est fait, tu trouveras le calme. » lui l'avait bien fait. Mais moi, je n'étais qu'une gamine, faible et stupide. Mon esprit n'était certainement pas capable d'apprendre à vivre avec tout ça. Pas encore. C'était trop tôt. J'avais lâché la main du Julian, et à la place, je serrais son bras, comme une enfant s'accrocherait à son père en ayant peur. Je me rongeais les ongles jusqu'au sang pour me calmer. Enfin essayer de me calmer. C'était pas comme si c'était très efficace, et puis, c'était ça, ou me balancer d'avant en arrière. Autant tenter la manière plus discrète, même si d'ici peu mes doigts n'allaient plus ressembler à rien. « Je suis pas capable de ça. » maugréais-je sans vraiment le vouloir. Je ne faisais que penser à haute voix. J'étais sûre d'être incapable de ça. Reprendre pied, retrouver un semblant de stabilité, tout ça me semblait être tellement hors de portée. Hors de la mienne en tout cas. Mais peut-être que s'il me ramenait chez moi... « Je te le promet. » il venait de promettre de... D'essayer de me faire rentrer. J'esquissais un sourire un peu crispé, avant de murmurer un vague « Merci. » qui sonnait bien creux pour exprimer ce que cette promesse signifiait pour moi.

Maintenant, ce qu'il m'intéressait de savoir, c'était pour les autres. Ceux que j'avais laissé derrière un peu malgré moi. Non, je ne voulais pas savoir comment ils avaient réagi à ma mort, ça je savais qu'ils pouvaient le surmonter. Mais maintenant que le treize s'était déclaré. Il se passait quoi dans les districts ? Il serait bien étonnant que Snow n'ai pas pris de décision pour renforcer son pouvoir, et montrer à tous qu'il avait toujours le contrôle sur Panem malgré quelques écarts. Ecarts tels que le treize et nous autres tributs arrachés à la mort. « Ils vont bien. Rien n’a vraiment changé là-bas. » rien ? Je pouvais croire ça ? Qu'après tous les éclats de ce district supposément disparu, rien n'avait changé ? D'un côté, c'était peut-être mieux que je crois ça. Enfin je supposais... J'en savais rien en fait. Pourquoi j'arrivais pas à penser de manière normale ? « Nolan est… toujours aussi discret, » j'esquissais un sourire discret. Oui, c'était pas son genre de faire des vagues. Ça ne m'étonnais pas au final. J'espérais juste qu'il allait bien. En y repensant, je m'en voulais de la manière dont j'avais agis avec lui ces dernières années. J'aurai dû le forcer à accepter mon aide, au risque qu'il me déteste après. Seulement, un retour dans le passé était tout simplement impossible. « Il a jamais été du genre à se mettre en avant... » soufflais-je en repensant à nos jeunes années. Jamais il n'avait fait de vagues. Et même après avoir gagné ses Jeux, il ne s'était pas particulièrement montré aux yeux du monde. C'était... C'était Nolan quoi. « Aiden dirige les rebelles comme un pro et les Sweenage… toujours fidèles à elles-mêmes. » j'aurai rejoint les rebelles si je n'avais pas été choisie pour les Jeux. Aiden le savait, on en avait souvent parlé. Avant de définitivement m'engager dans son mouvement, je voulais m'assurer de ne plus avoir l'occasion de participer aux Jeux. Coup du sort, je n'en avais jamais eu l'occasion. Peut-être que si un jour je me décidais à accepter l'aide du treize, ils accepteraient la mienne pour... Pour leurs actions contre le Capitole. Mais travailler à visage découvert, c'était pas vraiment ce qui me bottait le plus dans l'immédiat. « C'est bien. » fis-je en acquiesçant. Là encore, j'espérais qu'aucun d'entre eux ne s'attirent de problème. Soudain, une petite pensée me traversa l'esprit. Un sourire amusé s'étira sur mes lèvres alors que je me redressais sur le mur. « Et avec Rumer ? » questionnais-je sur un air espiègle. Ça me rappelait toutes ces fois où j'avais put embêter Julian à ce propos. J'avais toujours sentis qu'il y avait une sorte d'alchimie entre lui et l'aînée des Sweenage. C'était l'un de mes passe-temps favoris, de le taquiner à ce propos. Une manière de me venger du nombre de fois où il avait refusé de me laisser aller en mission avec lui. Agir de la sorte, ça me rappelait un peu cette époque, ça me faisait presque oublier l'endroit où nous nous trouvions actuellement. « Je suis certain qu’ils seraient tous ravis de te revoir… » je baissais les yeux en l'écoutant. Oui. Peut-être le seraient-ils. Mais je ne voulais pas qu'ils me revoient. Pas comme ça. Pas dans ma condition actuelle. Pas alors que j'étais cinglée. Un sourire triste se dessina sur mes lèvres alors que je m'affaissais de nouveau contre le mur. « Pour l'instant, ils sont débarrassés de moi, inutile de les affoler en leur disant quoi que ce soit. » je ricanais, essayant de tourner ça à l’auto dérision. Ma manière à moi de me dire que ça valait mieux pour tout le monde si je restais morte. « Pas tant que je serai coincée ici. » continuais-je en relevant les yeux vers Julian. « De toute façon, ils vont te le dire je pense. D'en parler à personne. » je haussais les épaules en soupirant. Il était clair que les responsables ne voudraient pas que les identités des tributs ne soient divulguées pour le moment. « Je les ai entendu dire Ça serait dangereux pour les familles de tributs de savoir. » le Capitole se mettrait à les surveiller, et certainement à les questionner à ce propos. Par exemple, pourquoi leurs enfants avaient-ils été sauvés ? Ils les soupçonneraient alors d'avoir des liens avec les rebelles. Donc oui, ça serait dangereux pour eux de savoir. « Pour ceux qui en ont encore. » soupirais-je en me mordant la lèvre inférieure. Pour moi, je n'avais plus réellement de risque à ce niveau là. Plus de famille. C'était ça de moins à s'inquiéter en étant ici. Quelle égoïste étais-je.

Je m'inquiétais également pour Julian. Après tout, il était quand même recherché. En se promenant entre les districts, il prenait toujours d'énormes risques. « Entre les pantins de Snow et moi, c’est toujours le grand amour. Ils essaient toujours de mettre leurs mains sur moi, mais il faut croire que je suis plus malin qu’eux. » je lui adressais un sourire. Bien entendu qu'il était plus malin qu'eux, sans quoi il ne réussirait pas à leur filer entre les doigts en permanence. « Je n'en doute pas. » Pas un seul instant même. Je n'avais jamais douté de lui. Il avait toujours fait en sorte de respecter ses promesses. Cependant, j'avais beau le savoir plus intelligent, plus malin, mieux organisé qu'eux, je me faisais du soucis. C'était plus fort que moi. C'était dans ma nature de m'inquiéter pour tout le monde, et pour rien. « Mais... Fais attention à toi. » soufflais-je en me serrant contre lui. J'avais besoin de ça. De savoir qu'il allait bien. Qu'il irait bien. Et il en allait de même pour tout le monde. A commencer par le vieux chien de mon frère. « Il… va bien. Nolan en prend soin, je crois. » Nouveau sourire. Je ne pouvais rêver mieux pour prendre ma suite. Nolan avait toujours aimé les animaux. C'était lui qui avait soigné Black' quand Jeremiah l'avait ramené la première fois. Ca me faisait chaud au cœur de le savoir avec lui. « Ca m'étonne même pas. » soufflais-je en souriant. « Ce ne sont pas des questions idiotes. C’est ta maison, c’est normal de vouloir un peu de nouvelles. » Oui sûrement. Peut-être. J'en savais pas grand chose à vrai dire. Et puis... « C'était. C'était ma maison. » je n'arrivais pas à enlever cette pensée de ma tête.

Avec tout ça, j'éludais un peu ma propre condition ici. Je n'aimais pas tellement en parler à vrai dire. « Kate... Comment ils te traitent, ici ? » je me mordis l'intérieur de la joue. Je n'avais pas trop à me plaindre. Tant que j'étais sage, j'avais pas trop de problème, mais parfois quand je faisais mes crises d'hystérie ou je ne savais quoi, j'étais comme en enfer. Ils me pourrissaient la vie jusqu'à ce que je me calme. « Pas... Pas trop mal. » soufflais-je en essayant de paraître sûre de moi. J'allais éviter de lui parler de Miléna, je la haïssais, et elle aussi. A mon réveil, elle m'avait même foutu une baigne pour que je me calme. J'avais toujours pas oublié, et je passais mon temps à lui faire des vacheries. J'étais vraiment pas cool avec elle. Mais pour autant, elle ne me traitait pas trop mal. Ca me faisait du bien, d'avoir une figure d'autorité sur laquelle me reposer. Mais ça, je ne le dirai jamais à voix haute. « Enfin ça dépend qui. » certains médecins étaient aux petits soins, et d'autres étaient juste là pour pratiquer les soins, sans se préoccuper du bien être de leurs patients. « Mais j'étouffe ici. J'ai besoin d'espace moi. J'aimerai aller dehors, mais j'ai pas le droit. Pas encore. » Miléna m'avait promis que j'irai quand je serai plus coopérative, et que je serai un peu mieux rétablie. »
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:08



Je sentis sa tête se poser sur mon épaule, la laissant se rapprocher comme elle le désirait. Nous n’avions jamais été aussi proches. Jamais nous avons porté le moindre geste affectueux l’un envers l’autre, comme si notre relation se basait simplement sur la taquinerie et aucune marque d’affection était de mise. Je ne m’étais jamais rendu compte combien Kathleen pouvait compter pour moi. Certes, je n’avais pas toujours été aussi doux avec elle, je démontrais même parfois un peu trop d’autorité à son égard, surtout lorsqu’elle se décidait à m’exposer toutes les raisons qui feraient d’elle une excellente rebelle. Je m’étais montré plutôt froid, à de nombreuses reprises, mais rien n’empêchait qu’un lien d’amitié et de complicité se développait entre nous. Je n’avais jamais été conscient de cette relation. Elle s’était bâtie, sans que je ne le réalise, sans que je ne force les choses. Aujourd’hui, je le voyais bien que Kate comptait beaucoup à mes yeux, que son sort m’importait plus que quiconque dans cette base souterraine. Et je devais avouer qu’à la base, je n’étais pas quelqu’un de très démonstratif lorsqu’il était question de mes sentiments, que ce soit face à ma famille ou de mes amis proches, je me garde généralement une réserve. Pourquoi? Je l’ignorais, ce n’était tout simplement pas naturel pour moi. Même si je ne pouvais voir son visage, je savais que mes paroles affectaient Kathleen. Je n’avais pas choisi les mots les plus réconfortants pour apaiser ses inquiétudes concernant ses traumatismes suite au passage dans l’arène. Je pouvais sentir ses craintes de ne jamais trouver la paix d’esprit, d’être constamment hanter par l’image de cette tribut qu’elle avait elle-même enlever la vie… Ce n’était certes pas facile de surmonter ces obstacles, mais je savais qu’elle en était capable. Je la connaissais depuis si longtemps, je savais qu’elle en avait le courage, quelque part au fond d’elle, il fallait simplement qu’elle le trouve et qu’elle l’exploite. Comment pouvais-je l’aider dans cette tâche? Tout simplement en étant présent pour elle, de lui offrir mon épaule lorsqu’elle en avait de besoin comme en ce moment précis. Je la sentais à présent me serrer le bras, comme si elle cherchait à me transmettre ses peurs, ses appréhensions. Mon regard s’abaissa vers elle alors que je ne pouvais qu’observer sa chevelure brunâtre, espérant ne pas l’avoir trop chambouler. Je ne pesais parfois pas mes mots et les répercussions pouvaient être irréversibles. Je craignais l’avoir affecter davantage de ce qu’elle était déjà. Elle se rongeait à présent les ongles, ce qui n’envisageait rien de bon. J’aurais bien voulu me rectifier, lui dire tout le contraire de ce qu’elle venait d’entendre, mais je ne pouvais revenir sur mes paroles. J’avais décidé de jouer la carte de l’honnêteté, je devais subir les conséquences de ma décision et tenter de jongler avec le résultat afin de remettre Kathleen sur le droit chemin. Vers une route plus sereine, plus calme et plus sécuritaire. « Je suis pas capable de ça. » Peut-être qu’elle en était incapable aujourd’hui, à cet instant, mais je savais qu’avec le temps, qu’avec beaucoup de temps, elle y parviendrait. L’espoir ne semblait pas faire partie de sa vision de la vie, mais il viendra. Je ne pouvais pas croire qu’il n’y avait aucun espoir pour elle, pour son avenir. Si autant de gens ayant survécus aux Jeux de la Faim parvenaient à vivre avec leurs démons, pourquoi pas Kathleen? « Donnes toi un peu de temps. Ça viendra. » Dis-je doucement d’une voix basse. Car il s’agissait de la seule arme qu’elle possédait. Peu importe les médicaments que ces docteurs et ces infirmières du treize pouvaient lui donner, rien ne pouvait la guérir tant et aussi longtemps qu’elle ne trouvait pas elle-même le courage. Et elle le trouverait simplement en attendant, en apprivoisant ses démons. Comme aide dans ce processus, je m’engageais à la faire sortir d’ici. Suite à ma promesse, que je m’engageais à tenir, j’entendis un faible « Merci. » qui voulait tout dire pour moi. En fait, elle n’avait nullement besoin de me remercier, car jamais je ne pourrais la laisser à ce triste sort, seule.

Peut-être que de parler de la maison, de ces personnes qu’elle côtoyait tous les jours, peut-être que ça la rassurait? Je n’étais pourtant pas une source fiable en ce qui concernait les habitants du neuvième district, mis à part les rebelles que je croisais beaucoup plus souvent. Je savais pourtant que Nolan comptait beaucoup pour Kathleen, mais comme nous n’avions pas une relation basée sur la confidence, je ne connaissais rien à ce sujet… « Il a jamais été du genre à se mettre en avant... » Certes, pour être discret, il l’était. Ce qui était une bonne chose pour lui dans un sens. Moins il se ferait remarquer, moins il aurait des ennuis avec l’autorité. J’ignorais s’il possédait des aptitudes en tant que rebelle, mais valait mieux pour lui de se tenir loin de la rébellion s’il désirait une vie calme et sans problème. Tout le contraire de la nôtre pour tout dire. Et peut-être que cette facilité à passer inaperçue sera bénéfique pour Kate lorsqu’elle retournera au bercail. Elle avait certainement besoin de stabilité, quelqu’un d’effacé afin que personne ne se doute qu’elle ne soit pas vraiment morte. Oui, Nolan serait un bon refuge pour elle. « C'est bien. » Du portrait que je lui donnais, c’était, en effet, bien. Je cachais peut-être des apparences, mais je ne désirais nullement l’affoler sur des détails… Elle s’en rendrait elle-même compte de toute manière une fois qu’elle aura son congé du treize. « Et avec Rumer ? » La question me prit de court. Je fis volte-face, mon cerveau ne parvenant pas à procéder l’information comme il se devait. Malgré l’angle de ma vision, je pouvais apercevoir un petit air espiègle sur le visage de l’ancienne tribut, comme les nombreuses fois où elle s’amusait à m’adresser des sous-entendus. Que pouvais-je bien lui dire à propos de Rumer? Je n’ai jamais eu la certitude qu’elle était au parfum de ma relation clandestine avec la rebelle et je devais avouer que je préférais que personne ne le soit d’ailleurs. Je détournai le regard et contractai la mâchoire en signe de malaise. Malgré les nombreuses fois où Kathleen m’adressa de tels propos, je ne m’habituais jamais. « Avec Rumer? Comme toujours… Elle m’héberge lorsque je passe dans le district, elle me donne de bons repas. C’est Rumer, après tout. » Je gardais le regard loin, comme si je ne désirais pas que Kate croise mon regard et puisse lire en moi. Qu’avais-je à cacher? Probablement rien de plus que ce qu’elle savait déjà. Finalement valait mieux ne pas s’attarder trop longuement sur le sujet, car je sentais que je me refermais comme une huître, comme à chaque fois que je devais parler d’un sujet en lien avec mes sentiments ou ma vie personnelle. « Pour l'instant, ils sont débarrassés de moi, inutile de les affoler en leur disant quoi que ce soit. » Débarrassés? Comment pouvait-elle penser qu’il s’agissait d’une joie de perdre une personne aussi chère qu’elle? Mon expression faciale changea du tout au tout alors que mes sourcils se froncèrent et mon air démontrait ma désapprobation. Elle émit un petit rire qui ne me fit nullement sourire, borné à croire qu’elle n’était nullement un fardeau pour ses proches. « Pas tant que je serai coincée ici. De toute façon, ils vont te le dire je pense. D'en parler à personne. » Je connaissais bien le procédé. J’avais déjà été témoin d’autres tributs supposément morts qui déambulaient nonchalamment dans les couloirs sombres du treize. Et bien entendu, Coin avait été catégorique sur le sujet : personne ne devait le savoir. Il ne m’avait pas été bien difficile de garder le secret, puisque je n’avais jamais vraiment croisé les familles de ceux-ci, mais je sentais que cette fois je ne pouvais donner ma parole. « Je les ai entendu dire Ça serait dangereux pour les familles de tributs de savoir. » Sans aucun doute. Si les familles des tributs étaient au courant, ces informations les mettraient dans une position délicate, voire dangereuse. Les Pacificateurs s’en donneraient à cœur joie… Je n’avais jamais vraiment songé aux répercussions de ces informations. Mais pouvais-je réellement retourner au neuf, regarder ses proches dans les yeux et ne rien leur dire? Je n’avais pas cette force. Je ne pouvais rien cacher à Rumer… Surtout sachant combien ils avaient tous souffert de cette perte. Je me mordis intérieurement la joue, contrarié de cette position. « Pour ceux qui en ont encore. » Cette fois, je ne pus demeurer muet. Sa détresse me touchait et je ne pouvais la laisser croire qu’elle était seule. « Tu as une famille, Kate. Nolan, Rumer, Blackbeard… moi! On ne partage peut-être pas le même sang que toi, mais on fait tout de même partie de ta vie. » Une famille ne se résumait pas simplement à un lien de sang. Je ne pouvais pas totalement comprendre sa peine, sa solitude, car aux dernières nouvelles mes parents étaient toujours en vie, mon frère aussi, mais rien ne m’empêchait de considérer d’autres personnes proches de moi comme des membres de ma propre famille. « Et puis, je n’ai jamais vraiment suivi les règles du treize, pour être honnête… » ajoutais-je faiblement. Je n’avais certainement aucune raison de m’en vanter, mais c’était plus fort que moi, j’étais incapable de rester sur les sentiers battus ici.

Parlant de sentiers battus, hors du district, j’étais toujours fidèle à moi-même. À détourner les règles, à passer sous le nez des Pacificateurs. Certes, je ne parvenais pas toujours à mes fins, mais avec mon expérience, il était beaucoup plus facile de vivre en rebelle qu’il ne l’était lorsque j’étais encore qu’un adolescent. « Je n'en doute pas. » Un faible sourire se dessina sur mes lèvres, amusé de ma propre réputation. Personne ne semblait douter de mes capacités, ce qui me flattait dans un sens. « Mais... Fais attention à toi. » Cette marque d’attention me fit sourire de plus belle. Elle tenait à moi au point de s’inquiéter de mon sort. Elle n’avait rien à craindre. Je n’avais pas l’intention de me laisser malmener par qui que ce soit tant et aussi longtemps que le Capitole n’était pas vaincu. La regardant de biais d’un bon œil, je balayai une mèche rebelle de son visage en ajoutant simplement : « Comme toujours. » Ce fameux Blackbeard. Kathleen semblait rassurée que Nolan en prenne finalement soin. Je ne pouvais comprendre ce lien qu’elle entretenait avec ce vieux chien grincheux, mais je voyais certainement qu’elle y tenait. « Ca m'étonne même pas. » Vraiment? En y réfléchissant bien, je n’ai jamais vraiment su qui était Nolan pour elle. Il n’était pas un rebelle, il semblait beaucoup plus posé que Kate… Peut-être que de lui remémorer de vieux souvenirs pourrait réussir à l’apaiser davantage? « Comment vous êtes-vous rencontrés? Nolan et toi? » À vrai dire, je me rendais bien compte que je ne connaissais guère la vie de la jeune femme, mis à part ce qu’elle laissait transparaître au travers de nos conversations. « C'était. C'était ma maison. » Nouveau froncement de sourcils. Elle parlait comme si elle avait déjà tout perdu. Comme si sa vie d’avant n’avait plus raison d’être et que tout le monde l’avait déjà oublié. « C’est toujours ta maison. Personne ne pourra jamais t’enlever ça. »

L’aspect de sa santé ici m’inquiétait. Et peut-être était-ce un sujet qu’elle n’appréciait guère, mais je devais savoir. « Pas... Pas trop mal. » Sa réponse était vague. Beaucoup trop vague. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’elle me divulgue davantage, à ce qu’elle m’explique longuement tout ce qu’elle avait aimé ou détesté de son traitement au treize. Cependant, quelques détails me suffiraient pour me motiver à bel et bien agir contre les infirmières ou tout autre représentant du système de santé du district. J’avais besoin de preuves avant tout, je ne pouvais agir sans en avoir. « Enfin ça dépend qui. » Cette phrase réussit à me faire douter. Ça voulait tout dire pour moi. Ces mots signifiaient qu’il y avait autant des gens qui la traitaient bien que mal… Je devais savoir qui. Peut-être n’étais-je pas un habitué de l’endroit et la plupart des visages m’étaient toujours inconnus, mais j’avais mes contacts et j’espérais croire que certaines personnes familières se trouvaient dans le portrait. « Qui, Kate? Qui ne te traite pas comme il se doit? » Je m’étais légèrement reculer le long du mur afin de percevoir ses sombres prunelles toujours légèrement voilées par un éclat cristallin. Je ne désirais pas lui faire peur, mais au contraire la mettre en confiance, lui montrer que rien ne lui arriverait plus si elle avait le courage de me divulguer cette information. « Mais j'étouffe ici. J'ai besoin d'espace moi. J'aimerai aller dehors, mais j'ai pas le droit. Pas encore. » C’était l’une de ces vilaines manies du treize : séquestrer ses habitants jusqu’à ce qu’ils en perdent la boule. Moi-même je ne parvenais pas à demeurer dans la base plus de quelques jours, ayant grandement besoin d’air frais pour ma sainteté d’esprit. C’était l’une des raisons pour laquelle je n’ai jamais accepté d’être un rebelle servant uniquement le district treize. J’avais besoin de ma liberté. « On dirait qu’ils y prennent plaisir… » glissais-je entre mes dents serrées avec l’espoir qu’elle n’ait pas perçu mon commentaire. Je laissai un bref soupire m’échapper, prenant un ton beaucoup moins agacé. « Je trouverai un moyen de te faire sortir, ce n’est pas humain d’enfermer les gens ainsi. C’est pour ça que je vais te ramener chez toi, au neuf. Tu pourras sortir autant que tu voudras, tu verras. »
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:09

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« Je me demandais bien pourquoi ça nous arrivais. Pourquoi nous ? Qu'avions nous fait pour mériter un sort si funeste ? On ne vivait pas. On survivait. Enfin, quand on pouvait. « Donnes toi un peu de temps. Ça viendra. » du temps ? Combien de temps ? Bordel mais je n'avais aucune envie d'attendre. Encore plus s'il s'agissait d'attendre après un résultat plus qu'incertain. Je lâchais un soupir plaintif en me passant la main dans les cheveux une nouvelle fois. Rester morte aurait au moins comporté certains avantages. « Avec Rumer? Comme toujours… Elle m’héberge lorsque je passe dans le district, elle me donne de bons repas. C’est Rumer, après tout. » je le voyais regarder ailleurs, cherchant probablement à ne pas croiser mon regard. Un sourire amusé s'afficha sur mon visage. Quand j'étais encore dans le neuf et que Julian passait, il n'était pas rare que j'aille chez les Sweenage pour le voir. Il aurait fallu que je sois aveugle pour ne pas voir comment ils pouvaient se regardaient tous les deux. Des coups d'oeil furtifs, mais qui ne passaient pas inaperçus quand on y prêtait attention. La première fois que j'avais remarqué ça, c'était Rumer qui s'était attardée un peu trop longtemps sur Julian, ou une autre fois c'était lui qui la regardait. J'ignorais ce qu'il y avait réellement entre eux, mais j'étais prête à parier qu'ils avaient une relation particulière. C'était devenu une sorte de moyen de pression sur le rebelle, bien que ça ne m'avait jamais vraiment aidé. A vrai dire, à chaque fois que j'avais eu l'audace d'aborder le sujet avec lui, il avait soigneusement éludé ma question. Un peu comme cette fois-ci encore. « Oui c'est... Rumer. » fis-je en acquiesçant et en continuant de sourire. Je n'allais pas insister, je ne voulais pas non plus le mettre mal à l'aise avec toutes mes questions stupides.

J'étais arrivée à me persuader que finalement, les gens se porteraient mieux sans moi. J'avais oublié qu'il y avait toutes ces personnes qui auraient aimé me voir revenir vivante à la maison. Je ne comprenais même pas pourquoi ils s'étaient attachés à moi. J'avais un caractère exécrable, et je passais mon temps à jouer les insurgées. Je n'étais pas le genre de personne qu'on pouvait apprécier. Enfin, si je rencontrais une autre moi, il était tout simplement impensable qu'on puisse rester dans la même pièce plus de deux minutes. On finirait forcément par s'arracher la tête. « Tu as une famille, Kate. Nolan, Rumer, Blackbeard… moi! On ne partage peut-être pas le même sang que toi, mais on fait tout de même partie de ta vie. » une grimace nerveuse s'afficha sur mon visage, tandis que je secouais la tête. « Non... » soufflais-je en essuyant mes yeux humides d'un revers de manche. « Je fais plus partie de la votre... Je suis morte Julian, un cadavre qui peut encore bouger par je ne sais quel foutu miracle ! » comment pouvais-je faire partie de la leur s'ils me croyaient morte ? Je n'étais plus qu'un souvenir. Une emprunte dans leur esprit qui allait s'effacer avec le temps, avant de disparaître dans un coin de leur tête. Quelques larmes roulèrent sur mes joues, j'avais beau essayer de les stopper, de les essuyer au fur et à mesure, d'autres arrivaient rapidement pour les remplacer. « Je... Je suis là, à me tourner les pouces, pendant que vous êtes dehors à affronter le monde réel ! Vous prenez tous les risques et je peux rien faire pour aider... Ça me tue de rester là à rien faire... » le fait que Julian, Rumer, les autres rebelles soient dehors à se battre contre le Capitole et que je sois aussi inutile était insupportable. Moi j'étais là, bien au chaud pendant que d'autres risquaient leurs vies au quotidien. Je ne supportais pas cette simple idée. Il ne pourrait pas en parler, ils allaient lui interdire j'en étais sûre. « Et puis, je n’ai jamais vraiment suivi les règles du treize, pour être honnête… » je secouais la tête en prenant un air faussement exaspéré. « Seulement celles du treize ? » après tout, ce n'était pas comme si il passait son temps à défier les lois de Panem. Ou comme s'il était une des principales figure de cette révolution qui se profilait. Je le fixais avec un sourire en coin.

Contrairement aux apparences, ça me faisait énormément de bien de parler avec lui. D'avoir des nouvelles du monde extérieur. « Comment vous êtes-vous rencontrés? Nolan et toi? » je devais bien avouer que sa question me pris de court. C'était bien la première fois qu'on me demandait une chose pareille. Sans faire attention, je me mordais machinalement l'intérieur de la joue. « Hum... A l'école. Je... J'avais tendance à être dans mon coin quand j'étais petite. Il est venu me voir et... Enfin on est devenus amis. On avait sept ans je crois à cette époque. » soufflais-je avec un léger sourire nostalgique. Ça faisait plus de dix ans en y repensant. Je le revoyais encore s'approcher et me demander de s'asseoir à côté de moi. Je m'étais toujours demandé pourquoi. Après tout, c'était pas comme si j'étais la fille la plus intéressante de l'école. Je passais mon temps dans mon coin, ou alors à me battre avec les grands qui embêtaient mon frère. Les autres ne m'approchaient pas, et lui était venu. Au début, le fait qu'il se soit montré si gentil avec moi m'avait semblé suspect. Bien sûr, tout le monde connaissait la gentillesse de la famille Keynes dans le district. Le médecin et sa femme. Et il était clair que leur fils était comme eux. Je m'étais rapidement attachée à lui, et, dans le fond, je crois même que j'avais toujours eu le béguin pour lui. C'était stupide. A sept ou huit ans, on ne peut pas savoir ce que c'est que l'amour. Et maintenant, ça m'arrachait le cœur de ne pas être auprès de lui. « C’est toujours ta maison. Personne ne pourra jamais t’enlever ça. » je secouais la tête négativement, retenant à grand peine une salve de larmes qui me brûlaient les yeux depuis tout à l'heure. « Le Capitole l'a fait. » murmurais-je en regardant ailleurs. Il avait même fait plus que ça. Il m'avait enlevé ma famille, et tout ce à quoi je pouvais tenir. Ce n'était pas uniquement ma maison qu'il m'avait enlevé, c'était ma vie entière. Et s'il venait à découvrir la supercherie du treize et le fait que je sois toujours de ce monde, je doutais de rester impunie.

Dire que je ne voulais pas inquiéter Julian avec mes histoires. J'aurai dû lui dire que tout se passait bien. Encore que, vu mon état physique, il ne m'aurait pas crue. « Qui, Kate? Qui ne te traite pas comme il se doit? » il s'était légèrement décalé pour me regarder dans les yeux. J'avais beau chercher dans ma mémoire, il n'y avait qu'une seule personne qui revenait toujours et encore en tête de liste. Celle qui avait été là à mon réveil, celle qui me suivait quasiment partout et qui me disait quoi faire. Si j'avais le malheur de refuser de lui obéir, ou si je l’exaspérais trop, j'étais sûre de passer un très mauvais quart d'heure. J'avais pris plus d'une baffe et plus d'un savon avec elle. Et quand je n'étais pas en sa compagnie, c'étaient les médecins qui s'occupaient de mon cas, et on pouvait dire qu'ils n'étaient pas très conciliants avec moi non plus. Sans doute mon côté emmerdeuse de première les dérangeait-il ? J'avais pourtant prévenu Miléna en me réveillant, qu'elle s'épargnerait bien des peines en me collant une balle dans la tête sur le champ. Elle n'avait pas voulu m'écouter, et je me montrais aussi infecte que possible avec eux tous. Je baissais les yeux, cherchant un point de fuite que je trouvais en fixant mes chaussures. « Y a... Cette femme, Miléna qui doit me surveiller. Mais on va dire que... Qu'elle n'est pas un modèle de patience. » je lâchais un rire nerveux en jouant nerveusement avec une mèche de cheveux. « Et enfin tu... Tu sais comment je suis. Je te laisse imaginer ce que ça peut donner. » dis-je dans un nouveau rire nerveux. Ca donnait de belles engueulades, et parfois plus que ça. Je ne voulais pas parler de mon comportement avec les médecins ni de mes séjours en cellule d'isolement. J'avais honte de moi d'une certaine manière. Je savais que si je faisais des efforts, tout ça pourrait se terminer, mais à vrai dire, je ne contrôlais pas vraiment mes sautes d'humeur ou mes crises d'hystérie. Quand ça arrivait, je me retrouvais soit attachée sur un foutu lit d'hôpital, soit avec une camisole, à hurler à plein poumons jusqu'à ce qu'on vienne me donner un sédatif. A choisir entre les deux, je préférais de loin la camisole et la chambre d'isolement. Au moins je pouvais courir et me jeter contre les murs capitonnés autant que je le voulais, ça me défoulait. Quand j'étais allongée sur un de ces maudits lits, je me débattais jusqu'à m'arracher la peau des poignets. Inconsciemment, je ramenais les manches de ma veste sur mes mains, pour cacher mes poignets meurtris. Hors de question que Julian voit ça. Il allait me demander d'où venaient ces traces, et là j'allais être obligée de lui raconter qu'on prenait l'expression « folle à lier » au mot ici-bas. « On dirait qu’ils y prennent plaisir… » je ricanais en acquiesçant. « C'est même sûr... » bougonnais-je en faisant la moue. Ils devaient prendre leur pied à enfermer les gens comme ils le faisaient. J'étais sûre qu'on serait beaucoup moins nombreux à péter des câbles s'ils nous laissaient un peu sortir. Je ne demandais pas grand chose. Une demi heure à l'extérieur de ces murs gris ne pourraient qu'être bénéfiques. « Je trouverai un moyen de te faire sortir, ce n’est pas humain d’enfermer les gens ainsi. C’est pour ça que je vais te ramener chez toi, au neuf. Tu pourras sortir autant que tu voudras, tu verras. » je lui adressais un sourire avant de reposer ma tête contre son épaule. « J'te fais confiance. » soufflais-je en acquiesçant. Je lui avait toujours fait confiance. J'avais toujours cru en lui, et ce, dès l'instant où on s'était rencontré. « Tu comptes rester combien de temps ici ? » demandais-je soudain. Encore que, s'il restait, il aurait sans aucun doute autre chose à faire que de passer son temps avec moi. Après tout, s'il était au treize, c'était parce qu'il avait quelque chose d'important à y faire. »
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:09



« Oui c'est... Rumer. » Je pouvais aisément percevoir son petit sourire amusé du coin de l'oeil, mais je n'osais toujours pas affronter son regard. Qu'avais-je peur d'y découvrir? Étais-je effrayé de constater qu'elle se moquait de ma réaction? Car je devais me l'avouer, aussi fort soit mon désir de passer inaperçu, je n'y parvenais guère. Généralement, il m'était facile de m'édifier une barrière entre ma vie personnelle lorsque j'étais seul avec Rumer et lorsque je me retrouvais autour d'autres gens, mais. étrangement, avec Kathleen, j'avais toujours cet air coupable et suspect. Peut-être était-ce simplement parce que je me doutais qu'elle percevait quelque chose entre nous... Je fus tout de même rassurer qu'elle ne pousse pas plus loin, surtout que ce n'était pas dans ses habitudes de tout bonnement laisser couler. Peut-être avait-elle changer après tout... Mais il y avait une chose dont j'étais certain qui était demeuré intacte: les gens qu'elle avait côtoyé au Neuf, ceux avec qui elle avait grandi, ils ne l'avait pas oublié. Ils formaient toujours sa famille et je tentai de lui faire voir cette évidence alors qu'elle ne semblait pas le voir. « Non... » riposta-t-elle en balayant ses yeux humidifiés par les larmes. « Je fais plus partie de la votre... Je suis morte Julian, un cadavre qui peut encore bouger par je ne sais quel foutu miracle ! » Son désespoir me transperça de nouveau le coeur. Croyait-elle réellement n'être qu'un cadavre? Aurait-elle souhaité tout simplement périr entre les mains de ce tribut? Peut-être bien. Même moi, suite à ma victoire des Jeux, j'avais pensé à de nombreuses reprises à m'enlever la vie, ne jamais avoir gagner ces foutus Jeux. Je pouvais comprendre, dans un sens, mais je n'en étais pas pour le moins affecté. Mon regard attristé l'observait tendrement, ne trouvant rien d'autre à dire ou à faire que de la contempler et de souffrir silencieusement de son sort. Malgré ses gestes machinaux qui tentaient de faire disparaître toute trace de larmes sur son visage crispé, elles continuaient de déferler le long de ses joues. Combien de larmes avait-elle versé depuis son réveil au Treize? Combien de cris avait-elle poussé dans l'espoir d'être libéré de ses démons? Je n'osais pas imaginé. Je ne voyais que la pointe de l'iceberg et je craignais de creuser davantage, risquant de m'affliger au point d'en perdre la raison. « Je... Je suis là, à me tourner les pouces, pendant que vous êtes dehors à affronter le monde réel ! Vous prenez tous les risques et je peux rien faire pour aider... Ça me tue de rester là à rien faire... » Je sentis alors la culpabilité me frapper de plein fouet. Mes souvenirs me revenaient en mémoire et je ne pouvais m'empêcher de songer à toutes ces fois où je refusai d'enrôler Kathleen parmi mes rangs, ceux des rebelles. Je la voyais trop jeune, trop impulsive, trop inexpérimentée. L'avait-elle réellement été? Kate était une femme forte et dévouée, elle avait toutes les qualités pour devenir une excellente rebelle. Mais maintenant, il lui était impossible de seulement quitter sa chambre sans être escortée! Avais-je eu tord de l'empêcher de participer à la rébellion alors qu'elle avait encore la chance et le courage? Mon esprit se perdit parmi mes songes, ressentant soudainement des remords face à mes nombreux refus. Mais jamais je n'aurais pu prévoir ce qui allait se passer par la suite... Jamais je n'aurais même pu rêver revoir Kathleen après son départ vers le Capitole! Je culpabilisais pour des histoires qui étaient hors de mon contrôle. Et je culpabilisais de ne pas savoir quoi dire de plus si ce n'était combien je pouvais être désolé. Mais même des excuses ne parviendraient guère à soulager son sentiment d'être inutile, de perdre son temps. Alors je demeurai muet. Pour l'une des premières fois, je ne trouvai rien de réconfortant ou d'inspirant à divulguer. La preuve vivante que je n'étais pas parfait, que lorsqu'il était temps de me rapprocher de mes sentiments, je perdais tous mes talents, tous mes moyens. Et les rebelles me suivaient aveuglément? Si seulement ils savaient...

Je ne pouvais rien promettre en ce qui concernait de garder le secret des tributs encore vivants pour moi-même, surtout lorsqu'il s'agissait d'une personne qui importait beaucoup non seulement à mes yeux, mais à ceux d'autres personnes qui me tenaient tout autant à coeur. Les règles du Treize me puaient au nez et je ne supportais pas l'idée de me plier aux ordres. « Seulement celles du treize ? » Un sourire complice et amusé se dessina malgré moi sur mon visage. Il fallait avouer que les rebelles n'étaient pas reconnus pour leur dévotion envers les règles de Panem. Je n'osais compter le nombre d'infractions que je mis en place depuis mon retour des Hunger Games. La liste serait beaucoup trop longue. « J'avoue ne pas être un exemple de bonne conduite » avouais-je sur un ton léger. C'était rassurant de voir Kathleen se détendre légèrement, même si c'était pour se moquer de ma manière de suivre les ordres. Et afin de permettre à Kate de s'évader un instant de ce trou sans fond qu'est la base du Treize, je désirai en apprendre davantage sur son passé. Peut-être était-ce de bons comme de mauvais souvenirs pour elle, mais j'osais espéré qu'il s'agissait là d'un petit répit. « Hum... A l'école. Je... J'avais tendance à être dans mon coin quand j'étais petite. Il est venu me voir et... Enfin on est devenus amis. On avait sept ans je crois à cette époque. » Kathleen, dans son coin? C'était tout à fait incongru de concevoir qu'elle s'était isolée des gens lors des années scolaires, car je la connaissais d'une toute autre manière. Dès notre première rencontre, elle me parut tout à fait à l'aise et caractérielle. Et elle n'avait que quatorze ans à l'époque. Ça me semblait soudainement si loin... tant de choses avaient changé et évolué depuis! Se remémorer de tels souvenirs me fit sourire de nouveau, un sourire de nostalgie. « Vous vous connaissez depuis longtemps alors. Nolan semble quelqu'un de bien... » Quelqu'un de bien pour elle, pour son bien-être. Et je pouvais voir combien il pouvait compter. Lorsque je parviendrai à la faire sortir d'ici, ce sera la première personne que j'irai chercher pour elle. Le Neuf... Il s'agissait toujours de sa maison pour moi et j'osais croire que personne ne parviendrait jamais à le lui enlever. Mais elle ne partageait toujours pas mon opinion. « Le Capitole l'a fait. » Le Capitole. Toujours à détruire les vies des habitants de Panem. Toujours présent pour brouiller les esprits meurtris des victimes des Jeux. « C'est ce que Snow veut te faire croire, c'est tout » ripostais-je, les dents serrés, la voix étonnamment menaçante. Mon regard s'était perdu au fond du couloir désert, tentant de contenir ma colère à l'égard du président et de son précieux Capitole. Voilà pourquoi je le détestais tant. Il parvenait, indirectement, à tout enlever aux gens qui avaient déjà tout perdu alors qu'il ne méritait lui-même pas mieux que rien.

Ma colère était d'autant plus grande lorsque j'appris que des gens ici-même, au Treize, ne traitait pas Kathleen comme ils se devaient. Je devais connaître ces noms, je devais savoir qui osait faire de la vie de la jeune femme un enfer. Je me montrai insistant, espérant qu'elle sera coopérative et qu'elle ne cherchait à protéger personne. « Y a... Cette femme, Miléna qui doit me surveiller. Mais on va dire que... Qu'elle n'est pas un modèle de patience. » De tout ce qu'elle me divulgua, un seul mot demeura dans ma mémoire: Miléna. Je connaissais ce prénom. Je connaissais cette femme! Je n'avais pas de doute, il s'agissait de nulle autre que de la sergente Miléna Andréis-Wheeler. Cette même Miléna qui partagea lors d'une de mes associations au Treize une mission anti-Capitole. Cette même femme qui renforça plus que tout mon dégoût pour les méthodes du District. Je savais très bien quel tempérament elle possédait et ce dont elle était capable. Et de seulement concevoir qu'elle avait pu lever la main sur Kathleen me mettait hors de mes gonds. Le rire nerveux de Kate me fit sortir de mes noires pensées alors que je bouillonnais littéralement de l'intérieur. « Et enfin tu... Tu sais comment je suis. Je te laisse imaginer ce que ça peut donner. » Non, je n'osais pas imaginé. J'étais si rageur contre la soldate que je ne pouvais concevoir que tout était de la faute de l'adolescente. Il y avait une manière de traiter les gens, surtout ceux qui étaient victime d'un tel traumatisme. Si je n'écoutais que mon instinct, je partirais à cet instant même à la recherche de cette femme et je lui ferais comprendre ce que je pensais de son attitude et de ses manières. Mais je parvins tout de même à refouler cette envie pressante de trouver Miléna et de la mettre à sa place. Je ne voulais pas perdre le temps précieux que je possédais avec Kate. Je pris une grande inspiration et tentai de paraître détacher de la situation. « Je vais faire en sorte qu'elle ne perde plus patience... » Et justement, je croyais bien que les gens du Treize prenaient plaisir à enfermer leurs habitants et ce que je venais d'entendre ne faisait que confirmer. « C'est même sûr... » Elle était certainement la mieux placée pour le confirmer et ça ne me rassurait guère. Toutefois, ça me poussait à trouver un moyen de la faire sortir d'ici. J'étais plus convaincu que jamais que j'y parviendrais, coûte que coûte. « J'te fais confiance. » Elle posa sa tête contre mon épaule alors que je passais mon bras autour des siennes. Je la serrai contre moi, ne désirant qu'une chose: la protéger. J'aurais tant voulu pouvoir la protéger plus tôt, éviter qu'elle se sente si seule. Mais je n'y pouvais rien aujourd'hui. Je ne pouvais que faire de son avenir un monde meilleur. « Tu comptes rester combien de temps ici ? » Tant et aussi longtemps que je n'aurai pas parvenu à te faire sortir de là. Mais je ne pouvais me résigner à lui donner autant d'espoir... Je m'engageais dans une grande lutte, contre mes semblables, mes alliés. Je ne devais pas pousser ma chance. D'un ton honnête, je ne désirai pas lui mentir. « J'avais prévu rester seulement deux ou trois jours, mais je vais peut-être prolonger mon séjour finalement. » Ça valait le coup de s'enfermer dans le noir, entre des murs de béton et de ne pas voir la lumière du jour afin de permettre à une bonne âme de respirer enfin de l'air frais et de retrouver la chaleur de son foyer.
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:09

✘ Julian & Kathleen ▬ You remind me of the times when I knew who I was.


« J'avoue ne pas être un exemple de bonne conduite » Il était vrai que montrer aux jeunes des choses du genre 'fuck les limites des districts' n'était pas la meilleure chose à faire. Mais pourtant je ne pouvais rêver meilleur exemple pour ma part. A quoi bon se laisser dépérir ? Autant se battre pour un idéal futur non ? Je ricanais légèrement en haussant les épaules, prenant un air des plus innocentes. « Peut-être pas de bonne conduite, mais un exemple, ça oui. » je lui dis en souriant. Julian a toujours été mon modèle. Enfin, depuis le décès de mon père, il a pour moi fait office de figure paternelle. Il était là pour me réprimander lorsque je m'emballais trop à propos de cette rébellion contre le Capitole. Il était là pour mettre des barrières à mes ambitions de jeune fille inconsciente. Il était là pour me conseiller quand j'avais besoin de l'être. Dire qu'il est comme un père pour moi, serait peut-être un peu inexact. Il a plus le rôle du grand frère. Voilà, c'est ça. Le grand frère que je n'ai jamais eu. Celui que j'embêtais plus par obligation fraternelle qu'autre chose. Comme beaucoup de gens à Panem, je l'avais vu pour la première fois aux Jeux. Son passage ne m'avait finalement pas marqué tant que ça, mais il fallait avouer qu'il s'était bien débrouillé. En même temps, si tel n'avait pas été le cas, je ne serai sans doute pas ici à lui parler. Quoi que... Avec toutes leurs expériences bizarres, on ne pouvait plus être sûrs de rien en ce bas monde. J'en étais la preuve vivante non ? Enfin vivante. C'était vite dit. Qui voudrait d'une vie comme ça ? Enfermés dans des souterrains glauques et humides à longueur de journée. Attendant patiemment... Qu'on vienne nous sortir de notre trou pour on ne savait quelles sombres raisons. Je fixe le rebelle quelques instants. Il me semble que je connais ses traits par cœur. Cela fait combien de temps qu'on se connaît lui et moi ? Six ans ? Sept ? A l'époque, je crois que j'avais peur de Julian. Sûrement l'image du vainqueur qui était restée dans mon esprit. Je voyais le tueur de l'arène, et non pas l'homme en lui même. J'avais peur de tout en fait. Un peu comme aujourd'hui. Comme si mon esprit avait régressé. Au final, c'était ce qui avait finit par arriver. Terminée ma carapace de dure à cuir, terminée cette apparence que je m'étais donnée toutes ces années. J'étais terrifiée par tout ce qui m'entourait, mais pas par Julian. Lui semblait être un canot de sauvetage miraculeusement apparu lors de la tempête. Un canot fiable auquel je pouvais me raccrocher en espérant ne pas me retrouver de nouveau submergée.

Plus rien ne serait jamais comme avant. Plus rien. Jamais. Je retenais de nouvelles larmes avec beaucoup de peine. Je ne voulais pas passer ma vie à pleurer. C'était indigne. « C'est ce que Snow veut te faire croire, c'est tout » C'est ce qu'il veut faire croire, et c'est ce qu'il a réussi à faire. Je n'avais plus rien. Plus de maison, plus de famille, plus de vie à proprement parler.« Jusqu'à preuve du contraire, ça a plutôt bien marché. Suffit de voir... Cet endroit. » je regardais rapidement les murs ternes face à moi en laissant échapper un soupir bruyant. « Regardes moi Julian. Regardes ce que je suis devenue et dis moi que tout pourra redevenir comme avant. » soufflais-je en m'écartant légèrement. Qu'il regarde ma maigreur, qu'il regarde mon visage émacié. Mon corps et mon esprit mutilés. Je me dégoûtais moi-même. Je n'avais jamais été aussi pitoyable, aussi méprisable. Il pouvait bien essayer de me mentir et de me persuader que tout irait bien, cela faisait longtemps que j'avais arrêté de croire aux comptes de fée. « Je suis condamnée. Je suis condamnée à vivre et à mourir ici. » C'était un fait. Julian aurait beau faire tous les efforts du monde, il ne pourrait pas empêcher ça. A moins que le Capitole ne soit vaincu un jour, je ne pourrai vivre tranquillement à la surface. Comme si les autorités allaient me laisser rentrer chez moi et y vivre de nouveau, comme si tout ça n'était jamais arrivé. Comme si je n'étais jamais partie aux jeux, comme si je n'étais pas morte devant tout Panem. Certes mon visage serait vite oublié, rapidement remplacé par celui du prochain tribut, mais les faits étaient là. Kathleen Harper était morte dans l'arène, âgée de dix-huit ans. Si ça se trouvait, j'étais un clone. Une copie incomplète de cette fille, créée de toutes pièces dans les laboratoires du treize. Si je descendais à la morgue, je trouverai sans aucun doute son cadavre. On m'avait implanté ses souvenirs, et on avait fait en sorte de briser mon esprit. La technologie était-elle capable de créer de telles abominations ? Sans aucun doute. Le Capitole avait bien créé des mutations génétiques. Pourquoi pas de simples clones humains ? Après tout, on ne pouvait ramener les morts à la vie, c'était... C'était contre-nature.

Nous en étions arrivés à parler de ma condition. Et je lui avais parlé de Miléna. Peut-être n'aurais-je pas dû vu sa réaction. « Je vais faire en sorte qu'elle ne perde plus patience... » je fixais l'homme avec étonnement. Qu'est-ce qu'il voulait dire par là ? Il n'allait tout de même pas aller la voir, et foncer dans le tas ? Non non non ! Surtout pas, elle saurait que ça viendrait de moi. Qui d'autre après tout ? « Quoi ? Comment ça ? » demandais-je soudainement inquiète. Il ne fallait pas qu'il la provoque. Pas elle. Elle était... Mauvaise. Je ne l'aimais pas moi. Et elle non plus. Vu la réaction du rebelle je supposais qu'il la connaissait, au moins de nom. Après tout, ça n'avait pas l'air d'être la première fois qu'il mettait les pieds ici au treize. Ils avaient dû se rencontrer au moins une fois. Et connaissant Julian, il ne pouvait pas être en bon terme avec cette femme. Elle était arrogante, elle avait des méthodes douteuses. Elle m'avait dit que je lui ressemblais quand elle était plus jeune. Je n'étais pas d'accord avec elle, je ne voulais pas devenir une personne comme ça. Je ne voulais pas continuer cette existence tout court en fait. « Ne fais rien qui te mette en danger. Elle est dangereuse. Je... Elle pourrait te faire du mal. » Je bafouillais en essayant de trouver les mots. Je savais qu'elle était capable de beaucoup de choses cette Miléna. Et je savais que Julian aussi. Je baissais la tête. « A cause de moi. » soufflais-je en lâchant le bras du rebelle, comme apeurée par sa réaction future. Je ne voulais pas qu'il se crée des ennuis par ma faute. Un nid à problèmes, voilà ce que j'étais. Tous ceux qui avaient le malheur de me côtoyer voyaient leur espérance de vie étrangement diminuée.

Je me calmais de nouveau. Comment est-ce que j'allais bien pouvoir continuer à vivre en faisant des crises d'angoisse ou d'hystérie à tout bout de champs ? Mon Dieu. « J'avais prévu rester seulement deux ou trois jours, mais je vais peut-être prolonger mon séjour finalement. » Enfin j'entrevoyais une lueur d'espoir. Enfin je me disais que tout n'était pas perdu. Comme quoi, il suffisait parfois de pas grand chose pour retrouver un peu d'espoir. C'était comme un baume qu'on venait appliquer sur mon esprit meurtri, et qui venait apaiser ne serait-ce qu'un temps soit peu, toute cette souffrance. Julian le bon samaritain, celui qui défendait la veuve et l'orphelin. Celui que je considérais comme le héros d'une nation. Le héros de ceux qui se battent pour la liberté et la justice. Il m'avait aidé ici, à bien plus d'un titre. Je lui souris, sincère. « Merci. Pour tout. » Merci d'être là, merci de soutenir la pauvre folle que j'étais. Soudainement, une présence indésirable se fit sentir. Je relevais la tête en fronçant les sourcils et sursautais en apercevant la silhouette de l'infirmière. Elle se tenait là, face à nous, et nous toisait de haut, les bras croisés sur sa poitrine et l'air légèrement hautaine. « Je suis désolée d'interrompre ces... Charmantes retrouvailles, mais il est temps pour elle d'aller à son rendez-vous. » souffla-t-elle sur un ton qui indiquait qu'elle était tout sauf désolée. Je la fixais d'un œil noir, et je la voyais s'impatienter. Je n'avais aucune envie d'y aller. A contre cœur, je me relevais, chancelant légèrement sur mes jambes. « Dépêche toi un peu, on va se faire engueuler. Tu les connais. » grommela-t-elle en commençant à avancer dans le couloir. Au moment de partir je me jetais autour du coup de Julian, m'agrippant à ce dernier souvenir heureux avant de retourner à mon existence morose qu'étais devenue ma vie au treize. « Surtout... Surtout pas un mot à qui que ce soit. Je... Je tiens pas à ce qu'on me voit ici. Pas dans ces conditions. » je bafouillais en le serrant une dernière fois. Je ne tenais absolument pas que quelqu'un sache que j'étais ici. J'avais trop honte pour permettre une telle chose. Après un dernier sourire maladroit, je tournais les talons et alla rejoindre l'infirmière d'un pas traînant.
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MessageSujet: Re: i must be dreaming ▬ KATHLEEN&JULIAN   Ven 4 Mai - 12:09



Il était bien difficile, voire même impossible, d'avoir une aussi grande place parmi les rebelles sans enfreindre les règles du Capitole. Je n'étais certainement pas un modèle de bonne conduite, mes actes me valaient la haine de bien des personnes et il y a bien longtemps que j'aurais dû perdre la vie. Et Kathleen semblait d'accord dans un sens, mais je demeurai tout de même surpris de sa réponse. « Peut-être pas de bonne conduite, mais un exemple, ça oui. » Un exemple? J'en doutais fortement. Si tous devaient suivre mon exemple, il n'y aurait plus aucun ordre en ce monde. Certes, je détestais les méthodes du Treize et toute cette hiérarchie avec Coin au sommet, mais je devais reconnaître que sans elle, les rebelles n'auraient plus aucun repère. Je ne faisais qu'à ma tête, une vraie tête de mule, et je refusais de me conformer aux règles. Je venais même à me demander que si un jour le Capitole était définitivement anéanti, où serait ma place? J'étais incapable de respecter les lois, je ne le serai pas plus capable même si la dictature n'est plus. J'observai Kathleen avec un air d'incrédulité et d'incompréhension. Me prenait-elle comme son modèle? Me voyait-elle comme l'exemple à suivre? Je ne pouvais m'empêcher d'être touché et flatté de cette pensée, même si je ne pouvais en avoir la certitude. Kate... Elle avait toujours eu cet esprit marginal qui me rejoignait au bout du compte. Peut-être était-ce là la raison de notre complicité.

Je retins un sourire à cette constatation et je laissai plutôt la conversation assombrir mes pensées. Snow. Et sa foutue manie de tout détruire autour de lui. Je pouvais supporter de subir ses atrocités, de devoir me battre pour ma survie et de perdre ma maison ou toute liberté, mais je n'acceptais guère qu'il s'en prenne à mes proches. Des innocents qui n'avaient rien demandé, qui n'ont jamais effectué le moindre faux pas pour mériter un tel sort. Qu'avait fait Kathleen pour subir autant de souffrance? Rien. Elle ne faisait que subir injustement. Le Président parvenait toujours à ses fins et Kate laissait l'impression qu'il avait réussi une fois de plus. « Jusqu'à preuve du contraire, ça a plutôt bien marché. Suffit de voir... Cet endroit. » Oui, tous les habitants avaient peur, ils cherchaient tous un repère pour protéger leur peau et leur famille. Le Treize était là, mais ce n'était pas une vie saine. Personne ne pouvait vivre des jours, voire des mois et des années, enfermé sans ressentir le besoin de sortir à l'extérieur. « Regardes moi Julian. Regardes ce que je suis devenue et dis moi que tout pourra redevenir comme avant. » Son regard posé sur moi se faisait insistant et suppliant. Elle désirait une réponse, une promesse peut-être. Mon front se plissa, créant quelques rides. Comment pouvais-je lui promettre? Je ne pouvais prévoir le futur, je ne pouvais savoir si Kate parviendra un jour à retrouver tout ce qu'elle avait perdu, à vivre comme avant. Car, quelque part au fond d'elle, elle avait changé. Tout comme j'avais changé après mon passage aux Jeux. Et jamais je ne pus revenir en arrière et être celui que j'étais auparavant. Si je n'y étais pas parvenu, je me demandais si elle pouvait y parvenir... « Rien ne pourra plus être comme avant, Kate... » Ma réponse me donna moi-même froid dans le dos. Comment pouvais-je lui dire une telle chose alors que ses yeux réclamaient de l'espoir? Déglutissant difficilement, je voulus rectifier le tir. « Mais ça ne veut pas dire que tu ne sera plus jamais heureuse. » Ce qui n'était pas faux. Car parmi toute cette misère et ces malheurs, je parvenais parfois à trouver une parcelle de bonheur. Ces moments étaient brefs et de plus en plus rares, mais je m'y accrochais obstinément. « Je suis condamnée. Je suis condamnée à vivre et à mourir ici. » Pour une nouvelle fois, je sentis mes sourcils se froncer par l'incertitude. Son désespoir m'affectait toujours autant et je cherchais les bons mots pour contredire ses paroles. « Tu n'es pas condamnée. Personne n'est condamné à son propre sort. Et tu sais pourquoi? Parce qu'on est maître de notre destin. Si tu le souhaites, tu peux changer les choses. » Et je le pensais. En avait-elle le courage? Voilà une autre interrogation dont je ne pouvais répondre.

Lorsque j'appris que Miléna était l'une des personnes qui maltraitaient Kathleen au Treize, je ne pus retenir mon commentaire. Car je la connaissais et je savais de quoi elle était capable. Je ne pouvais me fermer les yeux et tout simplement laisser couler, non, j'étais furieux. Furieux que cette vile soldate s'en prenne à plus faible qu'elle! Je ne connaissais pas le fond de l'histoire, mais j'en savais suffisamment pour me faire réagir. Comment aurais-je pu demeurer de marbre? « Quoi ? Comment ça ? » Kathleen s'était légèrement décalée, m'observant d'un air anxieux et inquiet. Mon regard, pour sa part, s'obstinait à fixer le vide, car je me doutais que mes yeux reflétaient mon animosité. Et je ne désirais pas l'alarmer davantage. « Ne fais rien qui te mette en danger. Elle est dangereuse. Je... Elle pourrait te faire du mal. » Malgré cette ironie qui me frappait, je parvins à retenir ce noir rictus qui me chatouillait la gorge. Oh, elle n'avait aucune idée. Je savais pertinemment de quoi était capable Miléna et c'était justement ce qui me poussait à vouloir l'affronter. Je tenais à éclaircir les choses et ce n'était pas le mauvais caractère de Miléna qui allait m'en empêcher. Ceci dit, je doutais qu'une simple conversation - aussi agacé puis-je être - puisse me mettre à risque de quoi que ce soit. Je savais me défendre et Miléna n'avait aucun pouvoir sur ma personne. Elle pourrait me faire mal? Peut-être bien. Mais je savais frapper aussi bien qu'elle, il ne fallait pas l'oublier. « A cause de moi. » rajouta Kathleen en s'éloignant de moi. Cette dernière phrase me ramena à la réalité et je dus mettre mon envie d'affrontement de côté pour pouvoir la rassurer. « Hey, tu n'as pas de crainte à avoir, je vais seulement lui parler calmement. Je peux être diplomate quand je le veux, tu sais. » Je lui offris un bref clin d'oeil, mais je doutais que mes paroles aient réussi à atténuer ses inquiétudes.

« Merci. Pour tout. » Et ces mots étaient sincères. Pour une fois, depuis longtemps, je sentais que ma présence était utile. Je sentais que j'étais parvenu à aider, d'une manière ou d'une autre, Kathleen à se sentir un peu mieux avec elle-même et sa condition. Peut-être voyait-elle enfin une lueur d'espoir? Peut-être réalisait-elle qu'une vie l'attendait en dehors de ses murs? Et mes intentions étaient pures. Je voulais l'aider et je le ferai encore. Un sourire chaleureux s'immisça sur mes lèvres. Je tentais de graver ce moment dans ma mémoire, car je ne savais pas quand serait la prochaine fois que j'aurai la chance de la revoir. Et lorsque Kate tourna tête, je sus que le moment était déjà terminé. Nous avons eu l'opportunité de discuter amplement, c'était plus que je pouvais espérer, mais je n'étais pas tout à fait prêt de la laisser partir. « Je suis désolée d'interrompre ces... Charmantes retrouvailles, mais il est temps pour elle d'aller à son rendez-vous. » Sa voix était aussi agréable qu'un grincement d'ongles sur un tableau noir. Mes paupières s'abaissèrent devant mes yeux alors que mon visage se décomposait en une moue agacée. Cette foutue infirmière. Elle venait encore tout gâcher. Je sentis Kate se mouver à mes côtés et j'eus tout juste le temps d'ouvrir les yeux qu'elle était déjà sur ses pieds. C'était fini. Elle partait de son côté. Je me levai d'un bond, à mon tour, alors que la garde-malade se manifestait de nouveau. « Dépêche toi un peu, on va se faire engueuler. Tu les connais. » Je lui lançai un regard désagréable à son intention alors qu'elle tournait les talons, engageant déjà le pas. Mes yeux se détachèrent de sa silhouette afin de se poser vers Kate. Mes traits s'adoucirent, me sentant subitement émotif. Combien de temps devrais-je attendre avant de la revoir? Comment se portera-t-elle sans ceux qu'elle aime? Combien de temps devra-t-elle encore attendre avant de retrouver son chez soi? Elle s'approcha de moi et enveloppa mon cou de ses bras frêles. Comme réponse, j'étreignis sa petite taille et la serrai contre moi. Par ce simple geste, je tentai de lui transmettre toute la chaleur et tout le courage dont elle avait de besoin. « Surtout... Surtout pas un mot à qui que ce soit. Je... Je tiens pas à ce qu'on me voit ici. Pas dans ces conditions. » Je me mordis intérieurement la joue, incapable de lui assurer une telle chose. Je ferais de mon possible, mais c'était un combat perdu d'avance. Finalement, l'étreinte prit fin et je pus observer une dernière fois ses traits tirés. « N'oublies pas qui tu es, Kate. » C'était tout ce dont je pus lui dire avant qu'elle ne tourne les talons et qu'elle s'éloigne. Et moi, je demeurai inerte, dans ce couloir du Treize, alors qu'un pressentiment désagréable faisait son apparition. Une partie de moi refusait de la laisser partir. Une partie de moi aurait voulu briser ses chaînes et s'enfuir avec elle. Mais je n'en fis rien. J'étais figé sur mes jambes alors qu'elle disparaissait de mon champ de vision. J'étais de nouveau seul, pris par cette inquiétude injustifiée.



THE END.
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