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 are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE

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ash'
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MessageSujet: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:13


✘ Alexiane & Kathleen ▬ And one by one the pieces fall again.




« Comme la plupart du temps depuis mon arrivée ici, je me réveillais en sursaut. Je voyais encore et toujours ces images sanglantes dans mes rêves. Enfin mes rêves. C'était un doux euphémisme. Je ne pouvais même pas les qualifier de cauchemars, tant le mot était encore faible. Je regardais ma montre. Quatre heures du matin. Pff, à cette heure là, la plupart des gens dormaient encore. D'ailleurs, les ronflements au dessus de ma couchette confirmaient cette affirmation. Alaric dormait à poings fermés, comme un gros bébé. Qu'il était chanceux de pouvoir passer des nuits calmes et sereines. Je donnerai cher pour que ça m'arrive un jour également. La dernière fois que j'avais pioncé comme lui remontait à... Je ne saurai même plus dire. Je me passais les mains sur le visage en soupirant. Autant essayer de dormir encore un peu, ce soir j'avais eu la permission de sortir chasser en compagnie de mon gardien. La seule condition imposée avait été que pour une fois, je me tienne à carreau en respectant mon emploi du temps. J'avais accepté. Les grands espaces me manquaient, et j'en avais plus qu'assez de rester enfermée. Les ronflements incessants de mon camarade de chambrée m'empêchaient de me rendormir. En fronçant les sourcils, je me redressais sur ma couchette, et attrapais son oreiller pour le lui retirer. Il se réveilla en sursaut en faisant un bruit qui ressemblait à « gnékessessé » et avant qu'il n'ait pu se rendre compte de mon coup foireux , je me remis en boule sous ma couverture, faisant ainsi semblant de dormir. Bien que ça soit un peu inutile vu que je ne pouvais m'empêcher de rire, et qu'il saurait pertinemment que ça viendrait de moi, la fuite de son oreiller. « T'es chiante. » je l'entendis bougonner tandis qu'il récupérait son bien pour ensuite remonter sur sa couchette. Je supposais qu'il s'était rendormi aussi sec vu qu'il n'ajouta rien d'autre. Si ça se trouvait, il ne se souviendrait même plus de ça à son prochain réveil. Comme je l'enviais. Moi dès que je fermais les yeux, je revoyais toutes ces choses dans l'arène. Le visage de la gamine du cinq me hantait. J'essayais de faire abstraction, de me concentrer sur quelque chose d'autre, mais c'était loin d'être évident. Finalement, après ce qui me paru une éternité, je finis par sombrer.
Vers sept heures, on me secoua sans ménagement dans le but de me réveiller. Je grognais en ramenant la couverture sur moi. Seulement, la personne la tira pour me la retirer complètement. Un gémissement plaintif s'échappa de ma gorge tandis que je tâtonnais pour essayer de la retrouver. Peine perdue. « Allez la chieuse, on a une grosse journée qui nous attend si tu veux sortir ce soir. » me dit Alaric. Je soupirais et daignait enfin sortir du lit. « Tu pourrai être plus gentil avec moi en me réveillant. » plaisantais-je d'une voix ensommeillée. Il ébouriffa les cheveux, et je chassais sa main en grognant. « Je me venge pour cette nuit petite maligne. » dit-il en affichant un sourire amusé. Pour toute réponse, je lui adressais une grimace et lui tirais la langue. « Allez dépêche toi un peu, on a plein de trucs à faire ! » il semblait étrangement de bonne humeur. Je me levais, et me dirigeais vers la salle d'eau qui se trouvait dans la chambre. C'était bien cet endroit. Plus grand et plus luxueux que mon ancienne maison du neuf. Alaric fit mine de me suivre jusque dans la salle de bain. « Dégage de là espèce de pervers. » lui dis-je en le repoussant et en essayant de lui fermer la porte au nez. Il la retint avec son pied. « Allez sois cool, laisse moi entrer, promis je ferai que regarder. » il m'agaçait à toujours faire des sous-entendus du genre, même si ça me faisait parfois rire. « Même pas en rêve, alors casse toi. » lui dis-je en lui écrasant le pied, pour finalement fermer la porte. Heureusement qu'il y avait un verrou. Encore que... Il serait tout à fait capable de le forcer. Heureusement pour moi, il ne s'agissait là que d'une plaisanterie entre nous.

Bref. La journée sembla se dérouler au ralenti. Entre les corvées de ménage, l'aide à l'infirmerie, ma séance avec la psy et les 'cours' obligatoires pour les nouveaux arrivants, ça avait été long. Heureusement pour moi, l'heure de sortir était enfin arrivée. Il était à peine dix-sept heures, mais pourtant il faisait déjà noir. J'aimais l'hiver. J'avais toujours aimé. Il ne faisait pas assez froid pour neiger, c'était bien dommage d'ailleurs, mais au moins on ne laisserait pas de traces évidentes. Dans le vestiaire de préparation, j'enfilais des bottes de cuir souple, ainsi qu'un blouson de cuir marron, rembourré avec ce qui semblait être de la laine, bien que ça devait sûrement être du synthétique. En tout cas, ça tenait chaud. Un garde confia l'arbalète et le couteau à Alaric, comme s'il avait peur que je l'attaque soudainement avec. Il vérifia la puce de mon bras. Ils avaient bien essayé le bracelet électronique mais je le retirais à chaque fois. Alors ils avaient opté pour une solution un peu plus radicale. La puce sous cutanée, comme dans l'arène. Autant dire que quand j'avais vu ça, je m'étais mise en colère. Enfin, aujourd'hui, je ne m'en préoccupais même plus. Après les vérifications réglementaires, Alaric et moi avons enfin pu sortir. A peine dehors, il me tandis l'arbalète et les carreaux, ainsi que le couteau. Je m'équipais correctement, tandis que nous avancions dans la forêt aux alentours. Après une bonne demi heure de marche, nous sommes arrivés près d'un vieil entrepôt à moitié en ruine. « Bon on fait comme d'habitude. A dans une heure. » j'acquiesçais et en lui adressant un sourire. Il était bien l'un des seuls à me faire assez confiance pour me laisser vadrouiller seule. Et notre accord stipulait qu'il me laissait seule à condition qu'il ait de mes nouvelles toutes les heures. C'était acceptable, et puis ces oreillettes fonctionnaient du tonnerre. Enfin je m'éloignais seule tandis qu'il me suivait à bonne distance, pour ne pas effrayer mon gibier.
Une heure passa, puis deux. Puis trois. J'avais attrapé un malheureux lapin. Bon, fallait dire, en cette période de l'année, la plupart des animaux hibernaient ou ne sortaient pas à la nuit tombée. Alaric avait finit par me rejoindre, nous avons ainsi passé la nuit à chasser, avec au final trois écureuil, quatre lapins et une belette. Il était trop tard pour repartir. Alors nous nous sommes posés dans une clairière pour bivouaquer. Dans son sac, il avait des sacs de couchage, comme s'il savait qu'on allait y passer un moment. Au moins ici, je n'avais pas à craindre de faire du feu, sous peine d'attirer les tributs. L'arène c'était du passé. Et puis, Alaric était là. La nuit fut courte, et les premiers rayons du soleil vinrent nous réveiller. Pour déjeuner, on fit cuire les écureuils. Pour la première fois depuis un moment, j'étais presque heureuse. J'avais l'impression de revivre. La forêt, la chasse. Presque comme si rien n'était jamais arrivé. Juste pour me faire plaisir, Alaric décida qu'on pourrait passer cette journée à chasser, ou simplement à explorer. J'étais reconnaissante pour tout ce qu'il faisait pour moi.
Cette journée en revanche, passa en accéléré. J'étais vraiment bien, dans mon milieu. Même si j'étais loin de chez moi. Sans vraiment nous en rendre compte, nous nous étions approchés des limites d'un district. Si j'avais bonne mémoire, il s'agissait du huit. Il était quasiment collé au treize. Je ne connaissais pas les tributs de ce district, mais je crois qu'il s'agissait d'une gamine et d'un garçon un peu plus âgé. Il m'avait laissée flâner et était resté à notre bivouac. Le pauvre chou était exténué à cause de sa surveillance permanente sur moi. C'est ce qu'il avait dit. Il me faisait rire cet espèce d'andouille. La nuit commençait à tomber de nouveau, et il nous faudrait bientôt rentrer, je le savais. Je n'avais pas envie de retourner là-bas. Alors que je suivais tranquillement la piste d'un daim, un mouvement un peu plus loin attira mon attention. Instinctivement, je me baissais. Ce n'était pas Alaric, et ce n'était pas non plus un daim. Merde. Je reculais doucement, pour essayer de mettre le plus de distance entre la personne et moi. Le problème étant qu'elle semblait avancer dans ma direction. Je jetais un coup d'oeil autour de moi. Un arbre. Il fallait que je grimpe pour me mettre hors de portée. Aussitôt dit, aussitôt fait. Je me hissais entre les branches et ne bougeais plus. Je regardais la personne passer, espérant qu'elle ne traîne pas trop dans le coin. Un grésillement dans mon oreille me fit sursauter, et par la même occasion je secouais les branches. Alaric, qui intervenait toujours dans les meilleurs moments venait d'essayer de me contacter par oreillette, et par la même occasion, je venais de me griller. Super. »
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:14


Le district huit était le quatrième district dans l'ordre de ma tournée du Vainqueur. Je m'étais déjà rendue dans le district douze ainsi que le dix. Cependant, mon équipe m'avait envoyée au huit quelques jours avant de m'y rendre, afin que Hope et moi puissions choisir les nouveaux tissus qui seraient la base de mes prochaines robes. Hope faisait des merveilles, mais je détestais porter ces stupides robes hors de prix. Je devais les arborer fièrement dans des districts pauvres, alors que leurs prix pouvaient nourrir des familles entières. Venant du onze, je me souvenais à quel point j'avais détesté ces foutus gagnants qui venaient se présenter à nous, avec leurs accoutrements hors de prix. Et maintenant j'étais comme eux. Je me pavanais chez les pauvres, exhibant ma nouvelle richesse et vantant la joie d'avoir tué leurs tributs. Quoi qu'il en soit, même si je me haïssais au plus haut point, j'étais heureuse que ce soit Hope qui m'accompagne. Elle était loin d'être aussi naïve et stupide que le reste de mon équipe de préparation. Oh, elle m'insupportait parfois, mais je devais reconnaître que je l'appréciais. Les autres caniches du Capitole nous accompagnaient, bien évidemment. Ils ne pouvaient pas prendre le risque de me laisser avec Hope pour seule surveillance. Et bien, les tissus ! Oh, les tissus, ils adoraient ça. D'ailleurs, eux, m'en avaient choisis des plus ignobles les uns que les autres. Encore un bon point pour Hope. Elle avait bon goût, et n'essayait pas de me transformer en clown dès qu'elle m'habillait. Son style sobre et classique me plaisait assurément contrairement à Cashmere (elle porte bien son nom, celle-là), Enobaria et Chaff, les purs produits du Capitole qui ne juraient que par l'extravagance et le kitsch.

Je dois avouer que la visite de l'usine afin de choisir des tissus était plutôt agréable. Durant quelques heures, je pensais à autre chose qu'à mes discours et aux multiples façons de venter le Capitole sans qu'on remarque que je me force à déclarer toutes ses paroles. Je ne restais qu'avec Hope derrière les trois caniches qui ouvraient la marche, en déclarant des idiots que j'écoutais que d'une seule oreille. « Oh, quel merveilleux tissu ! J'en ai les larmes aux yeux, c'est tellement parfait ! » s'exclamait Enobaria tous les cent mètres, les yeux pétillants. « Regardez-moi ça ! Il irait tellement bien sur Alexiane. Si seulement elle ne s'était pas teint les cheveux. Quel gâchis ! » soupira Cashmere, en ignorant que j'étais là. Elle tenait ce fameux tissu dans ses mains comme si sa vie en dépendait. Pathétique. « Et celui-ci ! Je pourrais tuer pour l'avoir rien qu'à moi. » Lança Chaff en m'adressant un clin d'oeil. Ha, ha. Quelle bonne blague. Je levais les yeux au ciel en soupirant. Qu'est-ce que la visite était intéressante quand ils fermaient leurs clapets ! « Alexiane et moi allons retourner du côté des tissus plus ... normaux. On se rejoint plus tard. » Déclarai Hope en me tirant par le bras. Ok, c'est définitif, Hope est une amie. Elle étudiait des tissus, je suivais. Elle me demandait si ça me plaisait, j'acquiesçai. Nous formions une bonne équipe, si bien qu'en à peine une heure, nous avions choisi la plupart des tissus qui composeraient les prochaines robes de ma tournée. Nous étions déjà en début de soirée quand nous retrouvions mes trois autres préparateurs. La suite du programme était simple. Un dîner de prévu chez le maire, ainsi qu'une bonne nuit de sommeil avant de repartir le lendemain matin pour le Capitole.

Je revêtis une simple robe noire, je n'avais pas particulièrement envie de faire le moindre effort. Dès que Chaff m'aperçut, son visage se transforma en une expression de dégoût. « Vraiment ? Pour diner avec le maire ? Tu pourrais faire des efforts, voyons ! Tu me fais honte ! » J'avais une irrésistible envie de lui claquer ma main sur le visage. Mais je me contentais de lui faire un sourire des plus faux. « Très bien. » soupirai-je en tournant des talons. Cependant, c'en était trop. Je faisais honte ? La blague. Je remontais dans la petite chambre prêtée par le maire, fermant la porte à clefs. J'enfilai un pantalon noir ainsi qu'un vieux t-shirt que je possédais déjà au district onze. Je n'avais toujours pas pu rentrer chez moi. C'était bien la seule chose qui me faisait décrocher un sourire. Je faisais honte ? Et bien soit, ils se passeraient de ma présence au dîner. Ouvrant la petite fenêtre qui donnait accès sur un grand jardin, je pris mon blouson avant de sauter sans réfléchir. Et hop, une bonne chute de faite. Tant pis, ce n'était pas une petite écorchure aux genoux qui allaient me faire mal. J'avais vécu bien pire. Il fallait que je m'éloigne d'ici au plus vite. Mais pour aller où ? Je n'avais aucune idée. Puis, je réalisais. District huit. Le district le plus proche du treize.

Depuis que ce district censé être mort s’était déclaré, j’étais très curieuse. Encore plus depuis que j’avais découvert que certains tributs morts étaient toujours en vie. Cette pensée me fit serrer le poing. J’aurais dû être heureuse à l’idée de découvrir que mes alliées étaient peut-être toujours en vie. Et pourtant. Je n’arrivais pas à faire semblant de me réjouir. Je m’étais battue durant une semaine entière, finissant grièvement blessé du combat ultime que j’avais remporté. Mais j’étais en vie. Et j’apprenais finalement que des tributs étaient sauvés. Ce qui voulait dire que j’aurais pu crever dès le départ, j’aurais eu mes chances de pouvoir à nouveau sentir le soleil sur ma peau. Ce n’était pas juste. Et ça ne le serait probablement jamais. Pourquoi Zoé et moi nous étions battues jusqu’à la fin alors que d’autres avaient eu l’occasion de mourir dès le début, évitant les souffrances et la perte de leur humanité et pouvaient quand même survivre ? Je soupirais. De toute évidence, j’étais bien la seule à penser cela. Car j’étais la seule dans ma situation, à savoir être victorieuse et aux mains du Capitole. Si mes alliées ou d’autres tributs étaient encore en vie, ils devaient probablement penser différemment, déclarant à quel point ils se sentaient forts. Fort. Ridicule. Eux, ils avaient été entourés après leurs … morts. Ils avaient reçu du soutient, suffisamment pour tenter de se reconstruire. Le treize les avait sûrement malmenés en les préparant à la rébellion, mais ils n’étaient pas seuls. Et ils pouvaient être eux-mêmes. Et moi, le pouvais-je ? Non. Je n'avais pas le droit. J'étais aux mains du Capitole, et je devais déclarer à quel point c'était bon d'avoir participé aux Hunger Games, à quel point j'avais aimé ôter des vies. Et ça resterait ainsi durant un an, jusqu'aux prochains Jeux, jusqu'à ce que le Capitole se trouve un autre joujou à exposer. Je les enviais, ces morts. Si seulement j'avais pu avoir leurs chances. Malgré la préparation aux combats, le district treize m'aurait entouré. On ne m'aurait pas lâché parmi des égoïstes qui voient en moi ce que je ne suis pas. En essayant de me transformer, de me façonner selon leurs envies. Je soupirais. Sans m'en rendre compte, je m'étais profondément énervée, et mon coeur battait rapidement. Je réalisais alors que je n'avais bougé que de quelques mètres depuis mon évasion. Je ne savais pas combien de temps était passé, mais je devais fuir, et rapidement. Le district treize. Je le haïssais profondément. Mais la curiosité l'emportait. J'avais envie de le découvrir de plus près. Et je partis en courant dans sa direction.

Courir me faisait du bien. Cela avait beau me rappeler l'arène, courir me défoulait. Ma course dura quelques dizaines de minutes. J'étais exténuée, mais je devais fuir. Je devais fuir le maire, mes préparateurs, Hope, les Jeux. Tout. Finalement, ne tenant plus, je m'arrêtais afin de reprendre mon souffle. Je pris le temps d'observer les alentours. Nous avions beau être en soirée, la lumière de la lune m'aidait à distinguer le paysage. Des arbres. Des feuilles. Une forêt. Comme dans l'arène. Je commençais à paniquer. Le climat, le paysage, tout me rappelait l'arène. J'y étais retournée. « Non, non. Ce n'est pas vrai. » murmurai-je à mon attention, tentant de calmer la panique qui me gagnait. Je marchais doucement, fermant quelques fois les yeux, imaginait un autre paysage. Je commençais à reprendre mon calme en pensant au district onze. Et un bruit. Un léger bruit de branche secouée au-dessus de ma tête. Comme dans l'arène. « Il y a quelqu'un ? » Sous la panique, j'hurlais presque de ma voix complètement brisée. Je devais fuir, mais j'y étais incapable. Mes jambes allaient bientôt s'effondrer tant elles tremblaient. « Qui est là ? » demandai-je une nouvelle fois en regardant tout autour de moi. Et je l'aperçus. Une silhouette perchée dans un arbre, que je distinguais à peine. J'étais incapable d'en reconnaître le sexe, mais il y avait quelqu'un, c'était une évidence. Je restais pétrifiée sur place. Je ne parvenais pas à effectuer le moindre mouvement, tant mon corps tremblait. Mon esprit était embrumé par les images de l'arène. « Qui êtes-vous ? » demandai-je à la silhouette, bien que je doute d'obtenir la moindre réponse. C'était quelqu'un du treize, puisque j'avais dépassé la frontière. Mais qui ?
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:16


✘ Alexiane & Kathleen ▬ And one by one the pieces fall again.




« Génial. Génial j'étais coincée sur cet arbre. Et en bas, il était certain qu'on m'avait entendu. Je fermais les yeux, priant intérieurement pour que la personne passe son chemin, après quoi je pourrai rejoindre Alaric pour rentrer enfin au district treize. Allez. « Il y a quelqu'un ? » Combien de chances y avait-il pour que notre petite virée tombe exactement le même jour que la tournée des vainqueurs dans le district huit ? Bon d'accord, à priori, cela n'avait rien de bien dérangeant puisque la gagnante n'était pas censée sortir des limites du district. Tout comme moi je n'étais pas censée être en vie, et me trouver aussi près des frontières d'un district. Seulement, le hasard nous jouait parfois de vilains tours. Très vilains même. Ou alors ce coup du sort pouvait être une bonne chose. J'en savais rien. En tout cas, dès la première phrase prononcée par l'inconnue, la lumière avait commencé à se faire quant à son identité. Non. Non, non et non ! Ca ne pouvait pas être elle ! C'était encore un tour des voix. Je me cognais le front avec la paume de ma main pour tenter de les chasser. « Allez vous en, laissez moi tranquille ! » je leur disais silencieusement. Seulement, elles ne semblaient pas vouloir m'écouter. « Qui est là ? » Personne. Il n'y a personne. Pars. Laisse moi. Tu es en vie, je suis morte. Point, ça s'arrête là. Tu es en vie, et tu ne peux pas être ici. Sors de ma tête. Pourquoi tu insiste Alexiane ? Pourquoi tu ne peux pas profiter de la nouvelle vie qui t'es offerte ? Pourquoi tu viens me hanter ? J'ai déjà assez de mal comme ça à faire la part des choses. N'en rajoute pas. Je suis déjà perdue, ma vie est terminée. La tienne ne fait que commencer. Pitié. « Kath tu fous quoi bordel ? Réponds ! » Une autre voix dans ma tête. Ma conscience ? Ah non. Juste mon oreillette avec la voix d'Alaric qui en sortait. Même si la personne en bas ne pouvais pas l'entendre, j'étais obligée de lui répondre, sans quoi il allait rappliquer dans la minute à venir et sans aucun doute assommer ou tuer l'apparition d'Alexiane, juste parce qu'elle se serait trouvée ici. Au mauvais endroit, au mauvais moment comme on dit. « Ca va Al. Je... Vais pas tarder. » chuchotais-je dans le petit micro de l'oreillette. Je doutais qu'on puisse m'entendre d'en bas, pas assez distinctement du moins. « Pourquoi tu parle tout bas ? » demanda-t-il ensuite. Je ne pouvais pas lui dire qu'il y avait quelqu'un qui venait de me repérer. « J'suis tout près du daim, j'te recontacte après. Stand by. » je continuais à chuchoter pour finalement éteindre l'appareil de communication. J'espérais qu'il me croit. « Qui êtes-vous ? » je sursautais de nouveau. Cette fois c'était sûr. Mon esprit n'était pas en train de me jouer un tour. C'était bel et bien elle. Je me risquais à jeter un coup d’œil en bas. Elle ne bougeait plus et avait le regard fixé dans ma direction. Dieu seul savait ce qu'elle était en train de s'imaginer. Dieu seul savait ce que le Capitole pouvait lui avoir fait après l'annonce des tributs sauvés. J'avais l'impression de traquer une proie dans l'arène. Je fermais les yeux et secouais la tête pour chasser cette pensée. Qu'allait-il se passer maintenant ? Soit je restais muette en prenant le risque qu'elle reste là longtemps, ou me caillasse pour me faire descendre de son perchoir, soit je sautais en bas et fuyais à toutes jambes, soit je lui faisais face, et essayait de savoir comment ça allait pour elle depuis... Depuis tout ça. Ma raison me disait d'opter pour la seconde option. Mais mon cœur me disait de lui parler. Je voulais savoir. Avoir de vraies nouvelles de l'extérieur. Peut-être pourrait-elle me donner des nouvelles de Nolan ? Si elle était ici, ça voulait dire qu'elle était déjà passée dans mon district. Encore que, le connaissant, il ne s'était sûrement pas montré, trop occupé à broyer du noir. Ou au contraire, il lui aurait fait face, en sachant qu'Alexiane et moi étions alliées dans l'arène. Je ne savais pas quoi penser.
Je m'humectais la lèvre inférieure et pris finalement ma décision. La mauvaise certainement, mais j'avais besoin de savoir. D'un geste rapide, je rabattis la capuche de mon blouson sur ma tête. Pourquoi ? Je n'en savais rien. Peut-être que le fait que j'ai le visage caché m'aidera. Ou peut-être pas. Je n'en savais rien. Inspiration. Je raffermis ma prise sur mon arbalète et la passais dans mon dos, assurais bien mes appuis et sautais finalement en bas de l'arbre. Toujours agile malgré tout, je ratterris à pieds joints par terre, tout en me maintenant accroupis à l'aide de ma main libre. Je me relevais, et restais plantée là quelques secondes, dos à Alexiane. Devais-je me retourner ? Devais-je affronter ce démon du passé ? Allait-elle me reconnaître ? Etait-elle vraiment devenue un monstre comme le prétendait Catalina depuis tous ces mois ? Il n'était pas trop tard pour m'élancer dans la forêt. Ayant passé près de deux jours dans le coin, je pourrai la semer sans trop de difficulté. De plus, le jour qui déclinait petit à petit me serait favorable également. Mais non. Je ne voulais pas fuir. Pas face à elle. Si Cat avait raison, elle me sauterait à la gorge et achèverai le travail de Finley. Si j'avais raison, tout se passerait bien. J'espérais avoir raison. Je devais avoir raison. Elle ne pouvait pas être devenue ce monstre décrit par Catalina.
A peine quelques secondes après mon retour sur le sol, je me retournais vers elle, laissant pendre mon arme en bandoulière dans mon dos, les mains bien en évidence. Je ne voulais pas qu'elle se sente menacée. Elle avait beau avoir gagné les Jeux, je savais que ça resterai à jamais dans sa mémoire. C'était mon cas. Un rien me rappelait l'arène. Encore plus cet instant. Cependant, je gardais la capuche rabattue sur la tête. L'ombre devait dissimuler mes yeux. « Je suis pas là pour... Te faire du mal ou quoi que ce soit d'autre okay ? » je soufflais sur un ton calme et doux. La vraie Kathleen parlait. Pas l'hystérique qui se pointait à chaque fois que quelque chose allait mal. Je sentis ma respiration s'accélérer, et je déglutis avec difficulté. « Ca fait longtemps... » je murmurais. « Alexiane. » un bref sourire s'afficha sur mon visage à demi caché. Et maintenant ? Si on avait été dans un film ou une série télévisée, la musique serait sans aucun doute montée en intensité, et la caméra aurait zoomé sur ma face, après quoi, le générique aurait été lancé. Seulement, dans la réalité, c'était loin d'être comme ça... »
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:18



J'étais terrifiée. Faible. Vulnérable. Je savais qu'il y avait quelqu'un. Où ? Je tournais comme une toupille, regardant partout autour de moi. Et j'avais envie de vomir. Pas simplement parce que j'avais le tournis, mais à cause de mon stress. J'avais tenté de me calmer, et cela avait fonctionné quelques minutes, jusqu'à ce fameux bruit de branche. Cette personne se tenait là, près de moi, perchée dans un arbre. Avait-il des alliés ? Quelles étaient ses armes ? Et nos autres concurrents, l'avait-il entendu ? Machinalement, je cherchais mon poignard en tâtant mon pantalon. Rien. Je passais ma main dans mes cheveux blonds, et ma respiration se faisait de plus en plus haletante. Tu n'es pas dans l'arène, Alexiane. C'est du passé. Tu es dans la vie réelle, calme-toi. Personne ne te fera de mal. Personne. Personne. Je répétais cela dans ma tête jusqu'à tenter de m'en convaincre. De nouveaux bruits. Mon coeur battait encore plus rapidement, à tel point que j'avais envie de l'arracher pour ne plus le sentir. Je devais fuir. Vite, et loin. Le plus loin possible de cet endroit. Je devais retourner à l'hôtel de ville, et m'excuser auprès de mes préparateurs de la gêne occasionnée. Peut-être garderait-il cela secret, évoquant une simple envie de prendre l'air. Peut-être en parlerait-il plus loin, afin que cela remonte jusqu'aux oreilles de Snow, et qu'il découvre que je m'étais faufilée près du district treize, district chéri des rebelles. Mon estomac se serra. Dans ce cas-là, j'écoperais d'une punition. Et je ne préférais même pas imaginer en quoi elle consisterait. Le Capitole m'avait bien fait comprendre que j'étais désormais à eux, à en croire les cicatrices sur mon corps qu'ils avaient refusés d'effacer.

Et pourtant, je ne parvenais pas à bouger. Mes jambes tremblaient tellement que je devais me raccrocher à quelque chose pour ne pas tomber. Mais il n'y avait rien. Et je ne parvenais pas à me rendre jusqu'au plus proche arbre et m'y appuyer. Un nouveau bruit me fit sursauter. J'avais quitté la mystérieuse personne des yeux un instant, et elle n'était plus dans son arbre. Je l'a cherchais du regard, mais mon premier réflexe était de me retourner afin de m'assurer qu'elle ne se trouvait pas derrière moi. Non, ce n'était pas le cas. Je repris ma position initiale. Elle était là. Dos à moi, je ne pouvais rien distinguer. Et doucement, elle pivotait afin de me dévoiler son visage. Mon coeur allait à nouveau exploser. Kathleen. Je me frappai le visage avec mes paumes plusieurs fois. « Non, non, non, réveilles-toi. » murmurai-je à mon attention. Le visage baissé, j'attendais quelques instants, attendant que cette nouvelle hallucination disparaisse. Depuis ma sortie de l'arène, j'en avais eu beaucoup. Mais celle-ci était bien la pire. « Je suis pas là pour... Te faire du mal ou quoi que ce soit d'autre okay ? » C'était bel et bien sa voix. Les sanglots commençaient à me montrer dans la gorge, bien que mes yeux restaient secs. Finalement, je relevais la tête. Elle était là. Elle avait l'air vivante, mais je restais persuadée d'avoir à faire avec son illusion, son fantôme, son image. Ses mains étaient bien en évidence, elle ne dissimulait rien. Et je repensais à ses paroles. « Je suis pas là pour... Te faire du mal ou quoi que ce soit d'autre okay ? » Pourquoi se sentait-elle obligée de me dire ça ? Tout se chamboulait dans ma tête. Si elle ne me voulait aucun mal, elle n'aurait rien dit. Et là, elle se sentait obligé de le préciser ? Mais pourquoi ? Pourquoi ? « Pour... pourquoi tu dis ça ? Pourquoi tu le précises ? Pour qui tu me prends ? J'ai l'impression que tu parles à un ... criminel. » Sans m'en rendre compte, j'avais presque hurlé sur mon ancienne alliée. Ma voix s'était à nouveau brisée à cause des sanglots que j'avais dans la gorge. Je ne comprenais pas ses paroles. Et le fait qu'elle me parle comme à un fou m'énervait. « C'est le district treize, c'est ça ? Ils t'ont montés contre moi ? Parce que j'ai gagné, parce que j'ai survécu ? Je suis devenue l'ennemie seulement parce que le Capitole m'utilise ? » Je me laissais tomber au sol, n'ayant plus la force de tenir debout. Pas un seul instant je m'étais réjouis de la voir en vie. Et je n'y arrivais pas. Je ne pouvais pas me forcer. « Ca fait longtemps... » Pas assez, pas assez. Je me serais passé de ta présence encore longtemps, Kathleen. Grâce à toi, ma haine envers le district treize augmentait encore un peu plus. « Alexiane. » Kathleen afficha un bref sourire. Et j'aurais aimé lui le rendre, oh oui j'aurais aimé, mais je n'y parvenais pas.

Alexiane. C'était bien moi. C'était bien moi qui m'était battue des jours entiers contre la mort pour retourner chez moi. Et le Capitole ne m'avait même pas offert cela. Et je devais accepter, impuissante, que je ne retournerais peut-être jamais chez moi. Le district treize s'était déclaré, faisant de ma victoire un enfer. Le Capitole avait détesté cette déclaration. Ils ne pouvaient supporter pareille humiliation. Et moi ? Je n'étais au courant de rien. Et j'étais constamment sous pression. Je ne devais pas m'approcher du treize, ne rien déclarer à son sujet, et contrôler mes moindres faits et gestes pour ne pas déclencher la moindre rébellion. Et elle ? Kathleen était morte. Elle était morte en restant elle-même. Elle n'avait pas dû se battre contre elle-même. Elle avait toujours son humanité. Elle n'avait pas tué sa propre alliée. Trois jours. Elle était restée en vie trois petits jours. Combien de personnes avaient-elles tués ? Moins que moi. Moins, cela signifiait qu'elle n'avait brisé que quelques ficelles de son humanité. Et bordel, j'avais tué pour venger sa mémoire ! J'avais tué Finley. J'avais tué le grand amour de celle qui m'avait tant énervé. Catalina. Cette foutue idiote qui m'avait sectionné un doigt. Mais là n'était pas l'important. J'avais tué quelqu'un. Et pas pour survivre. Non, ce n'était pas de la légitime défense. Ce n'était pas comme Nathan, que j'avais achevé alors qu'il souffrait le martyre. Que j'avais achevé pour assurer le spectacle et m'attirer des sponsors. C'était de la survie. Ce n'était pas comme Rhona, une carrière qui m'avait attaquée. C'était de la survie. Ce n'était pas comme Kirsen, qui m'avait surprise et que j'avais poignardé. C'était un accident. Ce n'était pas comme Rory, que j'avais offert à la mutation afin qu'elle ne me tranche pas la gorge. C'était de la survie. Ce n'était pas comme Zoé, que j'avais tué pour rentrer chez moi. C'était de la survie. Mais Finley. Finley, ce n'était pas de la survie. C'était de la vengeance. C'était du plaisir. C'était du sang que j'avais aimé regarder couler. C'était une vie qui quittait un corps. Et moi, je regardais cela avec joie, sourire aux lèvres. J'avais tué pour le simple plaisir de tuer. À cause de Kathleen. Pour venger sa mort. Alors qu'elle était encore en vie. Pendant chaque seconde durant lesquelles j'avais poignardé cet homme, elle était en vie. Je serai le poing. J'avais renoncé à cet instant précis. À ce meurtre. J'avais laissé quitter toute part d'humanité, de gentillesse, de compassion et même mon âme. Tout cela avait quitté mon corps. Je haïssais Kathleen. Plus que quiconque. Plus que Catalina, qui m'avait pourtant coupé un doigt et traité de monstre. Plus que Skyler, qui m'avait pourtant défigurée, laissant mon visage en sang et sans aucune forme. Plus que Brody, mon foutu co-tribut que j'avais évité et avec lequel j'avais quand même tissé des liens. Je l'a détestais. De tout mon être, de tout mon corps. Je me surprenais même à souhaiter réellement sa mort, afin que mon crime n'ait pas été totalement pour le plaisir. Mon poing vint heurter le sol à plusieurs reprises, à défaut qu'il puisse s'abattre sur le visage de Kathleen. « Qui d'autre est en vie ? » Finley, pitié, Finley. Que je saches que je ne l'avais pas tué pour rien. Et Zoé. Pitié, Zoé. Elle s'est battue jusqu'au bout. Elle a vécu les mêmes choses que moi. Et je dois m'excuser. Je dois m'excuser pour toutes les horribles choses que je lui ai balancées au visage. Et pour l'avoir tuée.
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:18


✘ Alexiane & Kathleen ▬ And one by one the pieces fall again.




« C'était pour le moins étrange comme situation. Ces retrouvailles. Pas spécialement agréable en fait. Elle se frappa le visage avec ses mains, comme si elle comptait chasser quelque chose de devant ses yeux. Cette chose, c'était moi. Rien d'autre. Une apparition, voilà ce que j'étais. Après tout, je ne pouvais pas la blâmer. J'étais à peu près dans le même cas qu'elle. En fait non. C'était totalement différent. Moi j'étais censée être morte. Rayée de la carte. Atomisée. Pouf, en train de nourrir les vers six pieds sous terre. Au lieu de quoi, je me tenais là, devant elle. Comme si on retournait à la case arène. Je ne pouvais imaginer le quart de ce qu'elle devait penser. Moi aussi j'avais cru à une apparition, sauf que dans son cas, ça restait plus crédible. Après tout, je la savais en vie moi. Ce qui n'était pas son cas. « Non, non, non, réveilles-toi. » elle se parlait à elle même ? Je n'étais donc pas la seule à avoir perdu les pédales. Enfin, même si ça je le savais déjà. Il suffisait de regarder Catalina. Même si je m'en sortais mieux qu'il y a quatre mois. J'avais parfois du mal à discerner le vrai du faux, le bien du mal. Qu'en était-il d'Alexiane ? Je grimaçai en la regardant agir de la sorte. Peut-être aurait-il mieux valu que je m'enfuie dans les bois. J'étais certaine qu'elle n'aurait même pas cherché à retrouver ma trace, et qu'elle serait rentrée bien sagement pour terminer sa tournée et rentrer chez elle, auprès de ses proches. « Crois moi, j'aurai préféré que tout ça ne soit qu'un rêve moi aussi... » je lui confiais d'une voix morne, lasse. Car oui, j'étais lasse de tout ceci. Pourquoi ça nous arrivait à nous ? Qu'avions nous fait pour mériter un tel traitement ? C'était tout simplement inhumain. Pour le Capitole, nous n'étions que des pions, des animaux. Ils nous envoyaient à l'abattoir et nous regardaient nous entre tuer. Pour le plaisir. Bordel, mais qu'est-ce-que qu'il y avait d'amusant dans le fait de regarder des adolescents mourir ? L'être humain est une chose abjecte. Ecoeurante. « Pour... pourquoi tu dis ça ? Pourquoi tu le précises ? Pour qui tu me prends ? J'ai l'impression que tu parles à un ... criminel. » elle avait crié. Elle avait crié, et moi je restais là, stoïque, impassible. On ne faisait que ça, de me crier dessus depuis quatre mois. Une fois de plus ou de moins... Je n'étais plus à ça près... Pourtant, le fait que ça vienne d'elle... Ça me pris au cœur. Ça me peinait. Je gardais les mains en évidence en affichant un air désolé. Comme si ça allait changer quelque chose. « Je préfère être prudente. Le fait d'avoir relâché un peu trop mon attention, ne m'a pas été spécialement bénéfique jusque là. » je soufflais dans un ricanement, en baissant les bas. Ce n'était que trop vrai. Cinq minutes. Il avait suffit de cinq minutes d'inattention pour me prendre un couteau dans le dos, agoniser un temps, puis un nouveau couteau dans le cœur. Je grimaçais en repensant à ça. J'aurai dû courir dans les bois, et rester morte aux yeux d'Alexiane. « C'est le district treize, c'est ça ? Ils t'ont montés contre moi ? Parce que j'ai gagné, parce que j'ai survécu ? Je suis devenue l'ennemie seulement parce que le Capitole m'utilise ? » elle s'était laissé tomber par terre et semblait presque... En colère ? C'était de la colère que je pouvais entendre dans sa voix ? Que je pouvais sentir dans son regard ? De la haine ? Du mépris ? Oui. Tout ça à la fois. Pourquoi ? Elle me faisait mal. Ca me faisait mal qu'elle me regarde de la sorte. Je fronçais les sourcils ? Qu'allait-elle s'imaginer ? Qu'est-ce que le Capitole avait bien pu lui dire ? Lui faire ? Seigneur pourquoi elle ? « Quoi ? Ne raconte pas n'importe quoi. Et quand bien même ils auraient essayé de le faire, je... Je sais ce que tu vaux. » je voulais encore croire à la bonté d'Alex, à la jeune femme que j'avais rencontré avant l'arène, avant qu'ils ne fassent de nous des tueurs. Le district treize aurait beau me dire n'importe quoi sur elle, je refuserai toujours de le croire, à moins d'avoir pu juger par moi même. Ce moment était arrivé. Le moment de savoir si oui ou non, je m'étais trompée. Si oui ou non je pouvais croire Catalina. Je ne voulais pas croire ce qu'elle m'avait dit. Je n'en avais pas envie. « Tu n'es pas mon ennemie. Et si tu pense que c'est le cas... Soit. » je baissais les yeux, et j'attrapais mon arbalète, retirais la bandoulière et jetais l'arme à terre. « Tu peux même terminer le travail si ça te chante. » je continuais en écartant les bras, comme si j'attendais qu'elle vienne vraiment m'achever. Au fond de moi, ça ne m'aurait même pas dérangé je crois. Me battre pour la rébellion, ça ne me tentais pas plus que ça dans l'immédiat. Pas si je devais affronter des gens comme Alexiane.

Je la regardais, toujours plantée au même endroit. J'aurai aimé ne jamais avoir participé à ces jeux. J'aurai même souhaité ne jamais voir le jour. Mais pitié Alexiane, ne me regarde pas comme ça. « Qui d'autre est en vie ? » elle me demanda. « En vie ? » je soufflais. Non. Nous n'étions pas en vie. Pas plus que lors de notre trépas dans l'arène. La seule différence, c'était qu'on pouvait bouger, parler, respirer. Mais nous ne vivions pas pour autant. J'aurai dû être reconnaissante envers le district treize, mais je n'y arrivais pas. Je leur en voulait de m'avoir ramenée dans ce monde où la violence était omniprésente. « Plus personne ne l'est. Des ombres. Nous sommes des ombres. » une nouvelle divagation de mon esprit malade. Je perdais pied l'espace d'un instant. Aucun d'entre nous n'était revenu intact, aucun d'entre nous. Nous avions tous perdu quelque chose. A commencer par notre vie. Je me rendais soudainement compte à quel point c'était différent pour les autres. Eux avaient tous des familles qui devaient les pleurer, des familles à retrouver quand le moment se présenterait. « Ever. Catalina. Zoé. Elles sont les seules. Je crois. Je... » je ne savais même pas en fait. Mais il me semblait bien qu'elles étaient les seules à avoir été récupérées. Il ne fallait pas me demander pourquoi elles plutôt que d'autres, pourquoi moi plutôt que quelqu'un de plus utile, j'en savais foutrement rien. Celle avec lequel j'avais eu le plus de contact, restait tout de même Catalina. Ever avait perdu la mémoire, et Zoé, je l'avais aperçue une à deux fois, sans jamais avoir l'occasion de véritablement lui adresser la parole. Sauf une unique fois, mais ça avait été assez spécial. En fait, en y repensant, j'avais été la première a mourir, et à être récupérée. J'avais été celle qui avait rapidement jeté l'éponge, et qui pourtant avait été sauvée malgré tout. Je me demandais toujours pourquoi ils avaient sauvés une lâche comme moi. Vu mon attitude, j'avais dû les faire regretter. « Il y en a d'autres comme nous. Des années d'avant. » j'étais au moins sûre que l'un d'entre eux venait du même district qu'Alexiane. Je ne me rappelais plus son année, mais bon. C'était pas réellement important de toute manière. « Je suis désolée. » je murmurais en étouffant un sanglot. Je suis désolée de ce que tu as vécu là-bas, je suis désolée de réapparaître comme ça d'un seul coup, je suis désolée d'avoir abandonné si tôt dans l'arène. Pitié ne me fuis pas. J'ai besoin de savoir que j'ai raison, j'ai besoin de savoir que tu n'es pas ce monstre décrit par Catalina. »
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:18


Dans d'autres circonstances, j'aurais adoré ces retrouvailles. Peut-être aurais-je même sauté dans les bras de la jeune femme. Peut-être lui aurais-je dit que je la considère comme une réelle amie. Peut-être lui aurais-je dit à quel point j'étais heureuse de la revoir. Peut-être, si seulement j'avais eu la chance de crever dans l'arène. Dans ces circonstances, nous aurions pu être à nouveaux amies. Comme si nous l'avions été. Nous étions adversaires depuis le début. C'était stupide de croire que nous pouvions développer une amitié. Si j'étais morte, je n'aurais pas ressenti cette haine qui me contrôlait actuellement. Qui contrôlait mon corps, mes veines, mes mains, mon esprit, mon coeur. « Crois moi, j'aurai préféré que tout ça ne soit qu'un rêve moi aussi... » ça ne l'était pas. Ça ne le serait jamais. Je tentais de me remémorer le ... le bon vieux temps, avant l'arène. Les quelques jours de préparations durant lesquels j'avais commencé à la considérer comme une alliée, une amie. J'essayais de me souvenir de ceci. J'essayais de tout mon coeur de me raccrocher à cette idée, je luttais contre mon esprit afin de lui obliger à accepter cette idée, mais il était plus fort. Et il gagnait en m'obligeant à n'accepter qu'une seule chose : elle avait survécu, et vivait une vie meilleure. « Je préfère être prudente. Le fait d'avoir relâché un peu trop mon attention, ne m'a pas été spécialement bénéfique jusque là. » Et malgré tout, elle ne changea pas de position, affichant toujours ses mains bien en évidence. Qu'étais-je ? Un braqueur qui allait la tuer ? Je devenais folle. Folle qu'on me traite toujours comme une meurtrière. J'étais lasse des blagues du Capitole, de mes préparateurs et des mentors fiers de leur victoire. J'étais lasse qu'on chuchote sur mon passage à chaque fois que je me rendais dans les districts, de subir les regards accusateurs et dégoutés qu'on me lançait. J'étais lasse qu'on me traite ainsi. J'en devenais folle. Même ma conscience me traitait constamment de meurtrière, de monstre, d'erreur humaine. Je ne pouvais plus lutter contre cela. C'était désormais dans ma nature humaine, du moins dans ce qu'il me restait d'humain, mais je n'en pouvais plus. J'en pouvais plus qu'on me le rappelle sans-cesse, sans se préoccuper de ce que je pouvais réellement ressentir. « Sois tranquille. J'ai envie de te briser la nuque, mais je ne le ferais pas. » Pas aujourd'hui.

Enfin. Enfin, Kathleen baissait ses bras. « Merci. » chuchotai-je. C'était bien la seule chose dont je pouvais lui être reconnaissante pour l'instant. Rien que ce simple geste signifiait énormément pour moi. Elle avait fait l'effort de ne plus me mettre mal à l'aise, du moins pour l'instant, je faisais donc l'effort de la remercier. Et ... c'était sincère. Je le pensais vraiment. Je ne tenais plus. Et je me laissais tomber par terre, à bout de force. Je regardais autour de moi. Il n'y avait personne, mais je devais reste sur mes gardes. Si quelqu'un arrivait, j'étais prise par surprise, sans arme et plus vulnérable que jamais. « T'es plus dans l'arène, t'es plus dans l'arène, t'es plus dans l'arène. Kathleen ne représente pas une menace. C'est le district treize la menace. » Je soupirais. « Bordel ! Ne l'écoute pas. Kathleen est également une menace. Elle fait partie du district treize désormais. » Je n'étais jamais en paix. Pas même dans ma tête. « Laissez-moi, laissez-moi tranquille. » Pas de réponse. Je reportais donc mon attention sur Kathleen. « Quoi ? Ne raconte pas n'importe quoi. Et quand bien même ils auraient essayé de le faire, je... Je sais ce que tu vaux. » Ce que je vaux ? Ce que je vaux ? Je ne valais plus rien ! Il n'y avait plus rien de bon chez moi. Plus rien de valable, plus rien à sauver, plus rien à espérer. « Je vaux quoi ? Rien, absolument rien. » Cependant, j'étais rassurée. Rassurée de découvrir qu'on n'avait pas monté la tête de Kathleen contre moi. Le treize aurait pu le faire. Le Capitole l'avait bien fait avec moi concernant la rébellion et le treize, pourquoi eux ne l'auraient-ils pas fait ? C'était logique pourtant. C'était logique évidemment. « Kathleen te ment. Ton nom a forcément été évoqué. Plusieurs fois, probablement. » Oui. Logique. « C'est n'importe quoi. Tu sais que Kathleen n'a pas changé, elle. C'est toi. C'est toi qui te fais des films. » Oui bien-sûr, on y croit. N'importe quoi. « Tu n'es pas mon ennemie. Et si tu pense que c'est le cas... Soit. » Je ne savais pas comment prendre cette annonce. Elle n'était pas mon ennemie. Kathleen me l'assurait. Mais que valait sa parole ? Que valait la parole d'un petit soldat du treize ? C'était ce qu'elle était désormais. Et le Capitole m'avait bien assuré que durant cette rébellion, je serais touchée. Mais à quel stade ? Comment ? « Tu peux même terminer le travail si ça te chante. » Kathleen avait jeté son arbalète, et cette dernière faisait désormais face à moi. Pourquoi faisait-elle cela ? Elle essayait de gagner ma confiance. Un soldat du treize voulait gagner ma confiance. Je saisis son arbalète d'un geste vif, l'a rapportant contre moi. Je ne devais pas oublier qu'elle était désormais du côté du treize. Je détestais ce district. Bordel, si seulement ils ne s'étaient jamais déclarés ! Elle gagnait ma confiance. Pourquoi ? Pour s'approcher de moi. Pour me ramener au treize. Pour m'utiliser contre le Capitole. Ces derniers m'avaient prévenus, pourtant. Le treize me voudrait du mal. Pourquoi sous Kathleen ? « Tu as bien trop d'imagination. Ou tu vires folles, j'opte pour la seconde option. » Bordel, j'avais cru qu'elle se tairait cette idiote ! Mais ses voix étaient stupides, de toute manière. Elles me contrôlaient. Elles avaient tort. Oui, elles avaient tort. Je n'allais pas me laisser dominer par des voix dans ma tête. L'arbalète toujours en main, je visais alors Kathleen avant de me relever brusquement. « Pourquoi tu agis ainsi ? Tu agis bizarrement, Kathleen. C'est louche. Surtout en sachant que tu vis au treize maintenant. Je ... Je ne peux pas te croire. Qu'est-ce que tu veux de moi ? » Elle ne dirait probablement rien. Comme si elle voulait se griller. C'est inutile d'espérer quoi que ce soit venant de Kathleen, surtout pas maintenant.

« En vie ? Plus personne ne l'est. Des ombres. Nous sommes des ombres. » Ses paroles me rendaient plus furieuse que je ne l'avais jamais été depuis ma sortie de l'arène. Je relevais le regard vers elle et la fixait en silence. Je devais probablement avoir l'air d'une folle, mais je n'en avais rien à faire. Si j'avais assez de force, je me serais levée afin d'abattre mes poings sur son visage. Oh oui, j'en rêvais depuis la minute où je l'avais aperçue. Où je l'avais reconnue. « Tu n'as pas le droit ! » commençai-je en hurlant, avec de calmer ma voix sur les derniers mots. « Reste calme, Alex, reste calme. Ne t'énerve pas, surtout pas. Ça va mal finir, très mal. Pas de nouveau meurtre, pas de nouveau meurtre, compris ? » J'acquiesçai d'un signe de tête. Mais elle n'avait quand même pas le droit. Pas le droit de dire qu'ils n'étaient plus en vie. Elle ne se rendait pas compte de la chance qu'elle avait eu de crever. Je l'enviais tellement, ne serait-ce qu'à cause du district treize. « Tais-toi. » je murmurais presque, mais je ne parvenais pas à rester calme. Cela m'était impossible. « Tais-toi Kathleen ! Tu ne réalises pas la chance que tu as eu ! La chance que tu as encore ! » Je me remettais à nouveau à lui hurler dessus. Je détournais la tête et râpais le sol avec mes pieds. Je me contenais comme une folle pour ne pas lui balancer tout ce que j'avais sur le coeur. « Pas de nouveau meurtre, pas de nouveau meurtre. » me répétais-je inlassablement.

« Ever. Catalina. Zoé. Elles sont les seules. Je crois. Je... » À cette annonce, je restais bouche bée durant quelques minutes, le temps d'analyser ce que je venais d'apprendre. « Bordel. » Je chuchotais pour moi-même. Trois des quatre personnes encore en vie étaient celle qui me détestait le plus, ou du moins qui avait le plus de raison de me haïr. Ever. Je l'avais presque abandonné à son sort, alors qu'elle se faisait tuer par une amazone. J'avais fui comme une lâche, mais je tenais à ma vie. Les amazones m'avaient déjà poursuives une fois et je ne souhaitais pas obtenir une nouvelle rencontre avec elles. Quant à Catalina, il était inutile de préciser qu'elle souhaitait certainement ma mort. Elle avait dû rêver de ce moment durant des semaines, voire des mois entiers. Tant qu'elle resterait coincée au district treize, je pouvais encore être sereine, mais dès qu'elle pourrait franchir la frontière, je pouvais être certaine qu'elle tenterait probablement de me retrouver et de me faire saigner comme j'avais saigné son compagnon. Et Zoé... la plus grande partie de moi était heureuse de savoir qu'elle était encore en vie. Elle le méritait plus que quiconque. Mais une autre petite voix dans ma tête prenait le dessus. « Zoé va se venger. Tu l'as tuée. Elle voudra sa revanche. Elle te déteste de tout son coeur. » Pas de Finley dans l'annonce des prénoms. Mon crime n'avait servi à rien. Je l'avais tuée pour le simple plaisir de tuer, et je n'avais désormais aucun espoir que cette raison puisse changer. Je devais l'accepter. Accepter le fait que j'avais tué par plaisir. Pour venger Kathleen, qui était toujours en vie. « Bordel ! » répétais-je en tapant par terre. Je ne voulais faire aucun mal à Kathleen, bien qu'à ce moment précis je lui vouais une haine sans limite. Bien que la plupart de mes pensées tournaient autour du fait de lui exploser la tête contre un rocher, je me retenais. C'était horriblement dur. Je m'imaginais une multitude de scénarios dans lesquels je lui ôtais la vie. « Personne ne saura que c'est toi. Le terrain est assez vaste et occupé pour que ce soit un simple accident de chasse. Personne ne te soupçonnerait de ce meurtre. Et ça te ferait du bien, comme cela t'avais soulagé dans l'arène. » Une nouvelle fois, mes mains vinrent heurter mon visage, tentative désespérée de chasser mes mauvaises pensées de mon esprit. « Arrête ! » Je parlais pour moi-même, et je réalisais à quel point Kathleen devait me prendre pour une folle. Je soupirais, avant d'esquisser un bref sourire, bien qu'il ne fallait pas être médium pour deviner qu'il était clairement forcé. Je m'assurai que Kathleen remarque cet effort, et je baissais à nouveau la tête. « Et bien... tant mieux pour vous. » dis-je afin de couper le silence qui régnait entre nous, et également pour paraître plus saine d'esprit. Je ne pouvais rien dire d'autres. « Bravo ! Vous êtes en vie ! Sortons le champagne pour fêter ça ! » Pathétique. Inutile de se forcer à dire quoi que ce soit de sympathique, Kathleen était bien assez intelligente pour deviner que je mentais. « Il y en a d'autres comme nous. Des années d'avant. » Je relevai brusquement la tête afin de regarder Kathleen dans les yeux. « Inutile d'espérer Alexiane, c'était il y a trois ans. Des années d'avant, cela voulait simplement dire l'année passée. N'espère rien, ne te donne pas de faux espoirs. Il est mort. » Et pourtant, à ses paroles, je ne pouvais pas arrêter d'espérer. Loukas était-il toujours en vie ? Avait-il survécu aux Jeux ? Non. Ce n'était pas le cas. En trois ans, il m'aurait fait signe. N'importe quoi, mais il m'aurait montré qu'il était toujours là, par n'importe quel moyen possible. « Qui ? » Je n'avais pas réalisé, mais l'adrénaline suscitée par cette annonce m'avait poussée à me rapprocher brusquement de Kathleen. Je ne voulais pas me faire de faux espoirs, mais j'avais besoin de savoir. « Tu as de noms ? » Et j'espérais. J'espérais de tout mon coeur entendre ce prénom qui me hantait depuis trois ans. Loukas. Pitié, Kathleen, prononce ce prénom. « Je suis désolée. » De quoi ? De quoi était-elle désolée ? Je l'a regardais fixement. Pouvais-je lui poser cette question ? Était-il possible qu'elle y réponse ? « De quoi ? » Elle devait le dire. J'avais ma petite idée sur la question, mais je devais l'entendre de sa bouche. Je devrais m'excuser, également. Mais je n'y arrivais pas. Je savais que je devais prononcer ses trois mots, mais aucun son ne parvenait à sortir de ma bouche.
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:19


✘ Alexiane & Kathleen ▬ And one by one the pieces fall again.




« Regarde moi Alexiane. Pardonne moi. Ne m'en veux pas. Je t'en prie. « Sois tranquille. J'ai envie de te briser la nuque, mais je ne le ferais pas. » un coup de couteau dans le cœur n'était pas aussi douloureux. Croyez moi, je sais de quoi je parle. Un léger rictus s'afficha sur mon visage. Le ton employé et le sens de la phrase faisaient mal. « Trop aimable. » dis-je en jouant la carte de l'ironie. Je n'allais pas me mettre à pleurer devant elle. Je n'en avais pas le droit. « Merci. » Merci de quoi ? J'avais juste baissé les mains. J'avais du mal à comprendre son attitude envers moi. « Laissez-moi, laissez-moi tranquille. » à qui parlait-elle ? J'avais l'impression d'avoir à faire à une vieille connaissance. Moi. Beaucoup moins maintenant, mais ça m'arrivait de replonger par moment. Je me contentais de l'observer sans rien dire. Elle me faisait mal au cœur. « Je vaux quoi ? Rien, absolument rien. » je fronçais les sourcils. « Bordel mais c'est quoi votre problème à vous tous ?! » m'emportais-je me plaquant une main sur le front. Qu'est-ce-que qu'ils avaient tous à penser des trucs du genre 'je ne reverrai plus ma famille', ou 'je ne vaux rien'. « On dirait que vous faites exprès de me faire passer pour la méchante de l'histoire à chaque fois ! Merde je suis pas là pour être votre psychiatre, j'ai déjà assez de mal comme ça avec ma propre santé mentale ! » pourquoi c'était toujours moi qui devait leur crier dessus pour essayer de leur faire comprendre des choses ? Bon au moins quand je me battais pour les autres, j'arrêtais de penser à ma vie terminée. « Tu pense que je t'aurai accordé ma confiance avant les jeux si j'avais jugé que tu ne valais rien ? Tu pense que Zoé l'aurait fait ? Tu pense que tu aurais gagné ? Tu as fait ce que tu avais à faire pour rentrer chez toi. J'aurai fait la même chose si on m'en avait laissé l'occasion. » je commençais à lui dire, avant de continuer sur ma lancée, en évoquant Catalina sans pour autant préciser son prénom. « Elle a dit que tu étais mauvaise. Que tu étais mauvaise parce que tu l'avais tué lui. Par simple envie. Je refuse de croire ça. Je refuse de croire que tu es une mauvaise personne. Que tu ne vaux rien. » je soufflais en secouant négativement la tête. Je refusais de croire à de telles sornettes.

« Pourquoi tu agis ainsi ? Tu agis bizarrement, Kathleen. C'est louche. Surtout en sachant que tu vis au treize maintenant. Je ... Je ne peux pas te croire. Qu'est-ce que tu veux de moi ? » et elle parlait de machination venant du treize sur ma propre personne ? Là, je commençais sérieusement à croire que le Capitole lui avait fait un lavage de cerveau. C'est elle qui avait été montée contre nous. Contre les potentiels tributs encore en vie, et qui auraient éventuellement été ses alliés. Je le haïssais. Le Capitole. Je le détestais de toute mon âme, de tout mon être. Je la fixais elle, plutôt que l'arbalète. Je ne voulais pas voir cette chose braquée dans ma direction. Pas tenue par elle. « Qu'est-ce-que ça peut faire la manière dont j'agis ? » je haussais les épaules en essayant de faire abstraction de ma propre arme braquée sur moi. « Tu dois me croire. J'en ai rien à foutre du treize. Ils m'ont privés de ma toute dernière forme de liberté, ils peuvent aller crever, je m'en fiche pas mal. » Ma dernière forme de liberté. La mort. J'étais censée l'être, mais on avait décidé que je n'y avais pas le droit. Et je les haïssais eux aussi pour ça. Sur le coup, je haussais un peu le ton, et fis deux-trois pas prudents dans sa direction. Je ne tenais pas non plus à agir trop brusquement. La gâchette de mon engin était pas mal sensible, et le carreau partirait comme un rien. « Je te veux rien du tout. J'étais même pas censée me trouver aussi loin du treize. Et je suppose que toi non plus. » je continuais sur le même ton monocorde, avançant toujours, et ce, sans quitter un seul instant son visage des yeux. Il n'y a pas d'arbalète, il n'y a qu'Alexiane et moi. Rien d'autre. Pas d'arme. Finalement, j'arrivais pile devant elle. Le carreau de l'arbalète presque sur moi. J'attrapais la partie arc de l'arme pour la faire viser plus haut, droit sur mon cœur. « Et maintenant tu vas faire quoi ? Me tirer dessus et me tuer ? Un coup et c'est terminé Alexiane. Un coup et tu repars vers le Capitole. Prouve moi que je me trompe. Prouve moi que tu ne vaux rien. Je t'en voudrai pas. » je la fixais droit dans les yeux et je murmurais presque. La seule expression affichée sur mon visage à cet instant, c'était... Le désespoir. Aucun mouvement de cil, aucun sourire. Juste du désespoir. Qu'elle m'achève. Qu'elle mette fin à mon calvaire une bonne fois pour toute. Qu'elle confirme les dires de Catalina.

Okay, et maintenant ? Je n'avais pas cillé, et je tenais toujours l'arc. Combien de temps j'étais restée là, à tenir cet instrument de mort pointé vers ma poitrine. Finalement, je baissais ma main et lâchais l'arme. Faisant demi tour, je tournais de nouveau le dos à la jeune femme. A mes risques et périls. Il serait tellement simple de m'abattre là. Maintenant, alors que je ne regardais pas. Allez Alexiane. Qu'est-ce-que tu attends ? Tu as bien dit que tu voulais me briser la nuque. Tu as bien pris mon arbalète. Une simple pression. Et tout serait terminé. Tu ne te décoifferai même pas. Je me retournais de nouveau vers elle. « Tu n'as pas le droit ! » elle hurlait encore. « Tais-toi. » murmure. « Tais-toi Kathleen ! Tu ne réalises pas la chance que tu as eu ! La chance que tu as encore ! » hurlement. J'écarquillais grand les yeux, avant de me mettre à rire. A rire comme une démente. Comment pouvait-elle dire ça ? Comment pouvait-elle parler de chance ? Merde, j'avais perdu la vie, mon humanité, ma liberté, le peu d'estime que j'avais de moi-même. « La chance que j'ai eu ? Ou est-ce que tu vois de la chance toi ? » dis-je en riant toujours. « Tu crois que j'ai demandé après tout ça ? Tu crois que je m'amuse dans ces saloperies de souterrains ? » mon rire était devenu sec, glacial. Tout comme mon ton. « Ca fait à peine un mois que j'ai le droit de me déplacer sans avoir besoin de deux putains de chiens de garde ! Et c'est la première fois depuis... Depuis l'arène que j'ai l'occasion de sortir des limites du district ! » moi aussi je criais. Je le faisais bien même. Je me rapprochais de nouveau d'elle d'un pas vif, ouvrant mon blouson, et tirant sur mon t-shirt pour dévoiler le début de cicatrice sur mon cœur, lui montrant l'endroit où le couteau c'était planté. Ce couteau qui m'avait arraché la vie. « Tu vois ça ? C'est la marque de mon échec, tous les jours quand je la vois, je me demande pourquoi ils m'ont pas laissée morte ! » cette fois, je ne riais plus du tout. Je relâchais mon t-shirt, et remontais ma manche droit, pour dévoiler une petite cicatrice sur mon avant-bras. « Et ça ? Un pisteur, comme, dans l'arène ! A aucun moment je ne suis libre de mes mouvements ! Nous sommes leurs captifs, et tout ce qu'ils attendent de nous c'est de nous utiliser contre le Capitole ! Des pions ! C'est tout ce que nous sommes pour eux ! Des putains de pions ! » je criais de plus en plus. Il y a quatre mois, j'avais complètement perdu les pédales en découvrant ces choses.

Les tributs toujours vivants. Elle avait demandé, je lui avait répondu. Pourtant elle ne semblait pas satisfaite. Pourquoi ? Elle murmura. Elle tapa du pied. « Bordel ! » elle hurla et retapa du pied. « Arrête ! » je n'avais pourtant rien fait. Rien dit. Elle parlait à ses démons. J'avais les miens, je savais ce que c'était. Un faux sourire. « Et bien... tant mieux pour vous. » ça sonnait faux. Je haussais les épaules et roulais des yeux. « Non. Au moins, nous sommes d'accord sur le fait que chacune d'entre nous aurions mieux fait de rester dans la tombe. Seulement, personne ne nous a demandé notre avis. » leur attitude m'écoeurait. J'avais aucune envie de leur être redevable pour ça. Je les haïssais presque autant que le Capitole. Je venais de piquer sa curiosité au vif, en parlant d'autres tributs. Elle se rapprocha d'un seul coup. Je ne bougeais pas, me contentant de la fixer. Elle avait perdu quelqu'un. Je pouvais le pressentir. « Qui ? » je haussais les épaules. « Ils sont peu nombreux. J'en ai croisé deux, mais il doit y en avoir d'autres... J'en sais foutrement rien. » Vérité. Dure vérité. Je te déteste d'être si cruelle avec nous. « Tu as de noms ? » Billie qui venait de mon district, mais elle ne devait pas la connaître. L'autre en revanche... « Billie et Loukas. Les deux seuls que je connaisse. » allait-elle encore croire que je lui mentais ? J'espérais qu'elle connaisse ce mec. Qu'elle ait été proche de lui. Qu'elle arrête de pointer cette chose sur moi. Qu'elle me parle, et non pas qu'elle me hurle dessus. Pardon Alexiane. « De quoi ? » il fallait s'y attendre. « De tout. D'absolument tout. Désolée pour ce qui t'es arrivé dans l'arène. Désolée de ce que tu as eu à faire là-bas. Désolée d'apparaître comme ça. Ou encore désolée d'avoir pensé que ça pourrait être comme avant. » un murmure. Tout avait été dit dans un murmure. Je ne la regardais même plus, me haïssant pour ma bêtise et pour ma stupidité. J'aurai dû m'enfuir. »
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:19



Il était inutile de mentir. Kathleen était assez intelligente pour deviner lorsqu’on lui mentait. Encore plus venant de moi, alors que nous avions passé les pires jours de notre existence ensemble. On ne se connaissait pas depuis de nombreuses années, mais nous avions vécu des épreuves toutes plus horribles les unes que les autres. Elle me connaissait. Je l’a connaissais. Et c’était stupide de mentir à Kathleen, j’en restais persuadé. « Trop aimable. » Je n’avais pas pris conscience de l’impact de mes paroles. Et … je m’en foutais. Enfin, c’est ce que j’essayais de me persuader. Que j’en avais rien à faire de son ressentiment. Je devais me convaincre. C’est pourquoi je ne laissais rien paraitre. Rien paraitre face à ses paroles. Kathleen s’énervait sur mes paroles suivantes. J’écoutai sans réagir tout son discours, ne l’interrompant à aucun instant. « Bordel mais c'est quoi votre problème à vous tous ?! On dirait que vous faites exprès de me faire passer pour la méchante de l'histoire à chaque fois ! Merde je suis pas là pour être votre psychiatre, j'ai déjà assez de mal comme ça avec ma propre santé mentale ! » Cette fois, c’était trop. Je ne pouvais plus me taire une minute, une seconde de plus. « Je ne te demande pas d’être mon psychiatre, Kathleen. » Et je ne te demande pas de t’occuper de ma santé mentale. C’est déjà fini, pour elle. Les voix prennent le contrôle lors de situations compliquées. Comme celle-ci. Des situations que je ne peux pas supporter. « Tu pense que je t'aurai accordé ma confiance avant les jeux si j'avais jugé que tu ne valais rien ? Tu pense que Zoé l'aurait fait ? Tu pense que tu aurais gagné ? Tu as fait ce que tu avais à faire pour rentrer chez toi. J'aurai fait la même chose si on m'en avait laissé l'occasion. » Ses paroles me bouffaient de l’intérieur. Elles me détruisaient. Elles me rappelaient celle que j’étais avant. Celle que je meurs d’envie de retrouver. « Comme tu le dis, c’était avant les Jeux. J’ai gagné uniquement parce que j’ai … éliminé Zoé. Tu ne sais pas ce qu’est devenue ma vie. Tu ne sais pas que j’ai mes raisons de déclarer que je ne vaux rien. Car c’est le cas. » J’avais parlé calmement pour une fois. Mon ton n’avait pas été méchant. J’avais presque … presque été gentille. « Elle a dit que tu étais mauvaise. Que tu étais mauvaise parce que tu l'avais tué lui. Par simple envie. Je refuse de croire ça. Je refuse de croire que tu es une mauvaise personne. Que tu ne vaux rien. » Elle. Lui. Tué. Je savais très bien de qui elle parlait. Et ça me faisait mal. Ça me faisait mal de découvrir que Catalina et Kathleen avaient pu avoir des conversations évoquant notre parcours dans les Jeux. Il était clair que Catalina, dont je venais d’apprendre le prénom en découvrant mon planning de la tournée du Vainqueur, avait révélé le contenu de nos rencontres lorsque nous étions dans l’arène. Mais ses paroles, ses paroles me heurtaient au plus profond de moi-même. Je ravalais mes larmes. Depuis ma sortie de l’arène, je n’en n’avais pas versé une seule. J’avais été coupée de toutes émotions dès mon retour à la normal. J’avais du tout réapprendre, et surtout réapprendre à contenir mes pulsions face aux excès de colère et de violence dont j’étais victime. Et je n’avais pas pleuré. Je n’avais pas pleuré quand la colère brûlait mes veines. Je n’avais pas pleuré lorsque j’avais appris que je m’étais battue pour rien. Je n’avais pas pleuré quand on m’avait interdit à revoir mes proches. Je n’avais pas pleuré depuis quatre mois. Et ça n’allait pas commencé aujourd’hui. Je ravalais les quelques sanglots dans ma gorge et je regardais Kathleen, lui offrant mon regard le plus méprisant. « Mais ouvres les yeux bordel ! Elle a raison ! » Et cette fois, à nouveau, ma voix s’était emportée, laissant place à une colère non dissimulée. « J’ai tué Finley uniquement pour venger ta mémoire. Et tu es en vie ! Putain, t’es en vie ! Et je l’ai tué uniquement pour venger ton meurtre, et j’apprends qu’en réalité tu es toujours en vie. Ce qui fait de moi une mauvaise personne. Car je l’ai tué sans aucune raison, en fin de compte. Par simple envie. Mais c’est pas ça le pire. Le pire c’est que j’ai aimé sentir ma lame traversé son cœur. J’ai adoré cette sensation. Je ne m’étais jamais sentie aussi bien. » Elle a raison. Catalina a raison depuis le début. J’étais un monstre. J’étais une putain de monstre.


Nous avions vécu la peur, la mort, l’espoir, l’horreur. Nous avions vécu tellement de choses importantes ensemble. Elle était morte. J’avais été grièvement blessée. Mais tout cela, tous ses sentiments face à la mort n’était rien face au fait que ce soit moi qui vise mon ancienne alliée. Je tenais son arbalète fermement entre mes doigts, prête à lâcher le carreau. Et bien que cette situation me surprenne, je savais, qu’au fond, j’étais prête à lâcher ma prise. J’étais prête à tuer Kathleen. « Qu'est-ce-que ça peut faire la manière dont j'agis ? Tu dois me croire. J'en ai rien à foutre du treize. Ils m'ont privés de ma toute dernière forme de liberté, ils peuvent aller crever, je m'en fiche pas mal. » Kathleen continuait de s’avancer. Et je souhaitais, j’espérais, je priais pour qu’elle s’arrête. Car j’en étais capable. J’étais capable de la tuer dans la seconde. Le décor, elle, l’arme, tout me rappelait l’arène. J’étais en état de choc. J’étais pas consciente de ce que je faisais. « Je te veux rien du tout. J'étais même pas censée me trouver aussi loin du treize. Et je suppose que toi non plus. » Je regardai la jeune femme en silence durant quelques minutes. Elle s’était tellement avancée. Son arbalète, cette arbalète que je tenais fermement entre mes mains, son carreau, ce carreau que je pouvais décocher en un simple mouvement, tout était pointé sur elle. Sur son cœur. Ce même cœur qui n’était plus censé battre. Qui n’était plus censé réagir. Je regardai le carreau appuyé contre son cœur en silence. « Euh… oui… Je me suis éclipsée avant de diner avec le maire. Je suis sûrement recherchée comme un dangereux criminel. J’ose pas à imaginer ce qu’il m’attend quand mes préparateurs remettront la main sur moi. » J’eus un léger rire, mi- terrorisé, mi- sincère. Au moins, nous étions d’accord sur un point. La liberté nous avait été prise. À chacune. Je ne voulais pas réagir à ses propos sur le treize, tout simplement parce que j’essayais de les oublier. Elle me mentait probablement. Peut-être pas. Je n’en savais rien, et c’est bien pour cette raison que je désirais les oublier le plus rapidement possible. « Et maintenant tu vas faire quoi ? Me tirer dessus et me tuer ? Un coup et c'est terminé Alexiane. Un coup et tu repars vers le Capitole. Prouve moi que je me trompe. Prouve moi que tu ne vaux rien. Je t'en voudrai pas. » Retiens tes larmes, Alexiane. Retiens-les. Tu es forte. Quatre mois. Tu as tenu quatre mois. Quatre longs mois. Ne cède pas aujourd’hui. « Je … Je… » J’ai envie de te tuer ? Je rêve que ce carreau se fiche dans ta poitrine ? Je coupai mes paroles, mais ne baissait pas mon arme pour autant.

Kathleen me tournait désormais le dos. C’était le moment parfait. C’était le moment idéal pour lui ficher un carreau dans le dos. Peut-être même dans la nuque. On en parlerait plus. Ce serait fini. Plus de mauvais démons. Plus de fantômes du passé. Et soudain, Kathleen eut un rire. Elle se moquait de mois. Je fusillais la jeune femme du regard. Comment pouvait-elle oser ?! Comment pouvait-elle rire ? « La chance que j'ai eu ? Ou est-ce que tu vois de la chance toi ? Tu crois que j'ai demandé après tout ça ? Tu crois que je m'amuse dans ces saloperies de souterrains ? Ca fait à peine un mois que j'ai le droit de me déplacer sans avoir besoin de deux putains de chiens de garde ! Et c'est la première fois depuis... Depuis l'arène que j'ai l'occasion de sortir des limites du district ! » J’écoutai en silence, bouillonnant à l’intérieur. Je tapai à nouveau le sol avec mes pieds. Pas de nouveau meurtre. Pas de nouveau meurtre. Et pourtant, l’envie n’avait jamais été aussi forte. Kathleen me donnait raison. Raison de la détester à ce point. Bordel, je l’a détestais. Pour tout. Et encore plus pour ses paroles. Mais je gardai le silence. Je sursautai lorsqu’elle ouvrit son blouson, j’avais peur qu’elle sorte une arme. J’étais terrorisée. Malgré tout, je reculai l’arbalète pour l’a laisser bouger. Kathleen me montrait sa cicatrice. Je détournais rapidement le regard. « Tu vois ça ? C'est la marque de mon échec, tous les jours quand je la vois, je me demande pourquoi ils m'ont pas laissée morte ! » Cette fois, elle découvrait son avant-bras, et j’aperçus une autre marque sur son corps. Moi aussi, moi aussi ils m'avaient laissés les cicatrices. Celles cachées aux yeux de tous, mais qui prouvaient qu'ils avaient le contrôle sur moi. « Et ça ? Un pisteur, comme, dans l'arène ! A aucun moment je ne suis libre de mes mouvements ! Nous sommes leurs captifs, et tout ce qu'ils attendent de nous c'est de nous utiliser contre le Capitole ! Des pions ! C'est tout ce que nous sommes pour eux ! Des putains de pions ! »

Je restais silencieuse durant de longues minutes. Je pris le temps de mémoriser chaque phrase, chaque mot qu’elle avait prononcé. Je tenais toujours l’arbalète pointé sur elle. Et je ne pouvais plus. Je ne pouvais plus me contenir. J’avais besoin d’exploser. J’avais besoin de laisser sortir ma colère. Je tremblais tellement sous le coup de la colère que je laissais glisser mon doigt, faisant ainsi partir le carreau. Avec les tremblements, l’arbalète ne tenait plus correctement, et le carreau vint se ficher dans le genou de Kathleen. Je regardais cela en silence, mais n’eut aucune réaction. J’aurais voulu m’excuser, mais j’avais besoin de lui dire tout ce que je pensais. « Arrête de faire l’enfant Kathleen ! Putain, je t’en supplie, ouvres les yeux ! Oui, tu as de la chance. Je vois de la chance moi. Je t’envie, tu ne sais pas à quel point ! Je… Je voudrais tant être à ta place ! Tu as de la chance Kathleen. Tu sais pourquoi ? Parce que le district treize t’a recueilli. Je t’envie parce que tu peux être toi-même. Tu n’as pas à jouer un rôle. Dis-moi, est-ce que tu dois te rendre de districts en districts pour affronter le regard des proches des gens que tu as tué ? Est-ce que tu dois voir les parents de la gosse de douze ans que tu as massacré de quatre coups de poignards te regarder avec une haine comme tu n’en n’avais jamais vue ? Dis-moi, Kathleen, est-ce que tu dois te rendre dans les districts en tenant des discours élogieux sur les Hunger Games ? Est-ce que tu as cette peur constante d’échouer, et que la haine de Capitole se retourne contre toi sous prétexte que tu n’as pas été assez convaincante dans ta description de la joie que t’ont apportée les Jeux ? Est-ce que tu es obligée de vanter les mérites du Capitole alors que tu rêves juste de les insulter pour tout le mal qu’ils t’ont fait ? Est-ce que tu as cette peur constante d’être torturée le jour où tu n’arriverais plus à tenir et que tu lâcheras une malheureuse phrase, un malheureux mot qui ne plaira pas au Capitole ? Non ? Tu as de la chance Kathleen. » Je marquai une courte pause, le temps de baisser l’arme afin d’essuyer la seule larme qui avait coulé sur ma joue en quatre mois. Je repris immédiatement ma position initiale, visant Kathleen. « Tu vois ça ? C’est la seule larme que j’ai lâchée en quatre mois. Car je dois être forte. Au Capitole, on n’attend de moi que je montre l’image d’une gagnante fière. Fière de ses crimes. Fière d’avoir tué plusieurs personnes. Et si je n’arrive pas à montrer cela, c’en est fini de moi. Je dois être forte. Je suis obligée. Mais je n’y arrive pas. Pourquoi ? Parce que j’ai personne, Kathleen. J’ai pas eu ta chance. Le district treize t’a sûrement malmené et j’en suis désolée. Mais s’ils ont fait ça, c’est uniquement pour t’aider. Bordel, tu as été aidée ! Tu avais quelqu’un, toi. J’aurais préféré être malmenée durant des semaines, des mois, plutôt que d’être seule. C’est ce que je suis, seule. Dès ma sortie de l’arène, on m’a jeté sous les projecteurs tels une gazelle aux lions. J’ai que dix-sept ans, et je suis obligée de gérer tout ça ! J’espérais que quelqu’un soit à mes côtés. Un psychologue, un mentor, un ami. J’ai attendu dans ma chambre d’hôtel pendant des jours. Et les seules visites que je recevais étaient celles de me préparateurs. J’ai espéré tu sais. Pendant des jours. Mais rien. On ne m’a jamais aidé. Personne n’a été là pour moi. On m’a pas préparé à vivre tout cela. J’ai été seule. Désespérément seule. Car oui, Kathleen, j’ai gagné les Jeux. Mais je n’ai pas eu le droit de rentrer chez moi. Je n’ai pas pu remettre les pieds dans mon district. J’ai pas revu mon frère, mes amis. Personne. C’est comme si … c’est comme si on me prenait en otage. Sauf qu’on me torture psychologiquement à défaut de pouvoir le faire physiquement. Bien que ça ne saurait tarder. » Je contenais le reste de mes larmes. « Et … je te déteste Kathleen. Je te déteste car tu as la chance d’être encore toi-même. Tu as la chance d’avoir pu mourir rapidement. Tu n’as pas vécu les derniers jours. J’ai regardé Ever se faire torturer par une amazone. J’ai donné ton co-tribut à cette foutue amazone pour rester en vie ! Et j’ai dû tuer Zoé ! Je lui ai enfoncé mon poignard dans le cœur à plusieurs reprises après lui avoir crié dessus. Je lui ai dit qu’elle ne méritait pas de gagner, qu’elle n’avait pas le droit. Je lui ai dit qu’elle avait été fausse. Qu’elle n’avait pas été mon alliée. J’ai dit toutes ses horreurs parce que j’ai perdu toute humanité. J’ai perdu la seule part de moi-même que le Capitole n’avait pas pris. Et toi … et toi tu n’as pas eu à commettre ses crimes, tu n’as pas eu à tuer ta propre alliée, ta propre amie. Je t’envie. Je me réveille chaque nuit en sursaut. Parce que je fais des cauchemars. Mais personne n’est là. Et quand … et quand j’ai ses pensées… j’ai ses pensées violentes envers les autres, ses pensées qui me détruisent, ses pensées impures, et bien personne n’est là pour me retenir. J’y ai pris goût Kathleen. Mes crimes me faisaient… me faisaient du bien. Je me déteste pour tout ce que j’ai fait, mais putain qu’est-ce que ça soulageait de sentir un pouls s’affaiblir dans mes mains. Et j’ai tellement de colère en moi… J’ai tellement de colère que je dois gérer seule que j’ai toujours envie de … j’ai toujours envie d’écraser la tête des gens. C’est pas des paroles en l’air, des pensées stupides. C’est la vérité. J’en ai besoin. J’ai besoin d’évacuer ma colère. Et tout cela passe par … par ses envies que je n’arriverais bientôt plus à gérer. Ses envies de meurtres, ses envies de sang. Et je sais pas combien de temps je pourrais tenir, Kate. Combien de temps je pourrais gérer cela seule. Je sais pas quand mon esprit arrêtera d’être ainsi. Et je t’envie parce que tu n’es pas ainsi. Regarde ! Regarde ce dont je suis capable ! » dis-je, en hurlant comme tout le reste de mes paroles, en désignant son genou. Je repoussai l’arbalète avec dégout et me laissait tomber au sol une nouvelle fois. Je n’avais plus de force physique. Je n’avais plus de voix. Je n’avais plus rien.

Je cru m’effondrer à l’annonce que venait de me faire Kathleen. D’autres tributs étaient en vie. Je ne pouvais pas en croire mes oreilles. Mais Zoé comptait parmi les survivants. C’était l’essentiel. « Non. Au moins, nous sommes d'accord sur le fait que chacune d'entre nous aurions mieux fait de rester dans la tombe. Seulement, personne ne nous a demandé notre avis. » J’écoutai ses paroles d’un air distrait. Je ne revins à moi seulement quand elle évoquait d’autres survivants. D’autres années. Les années précédentes. Je savais que ma sœur ne comptait pas parmis les survivants, j’avais pu voir son corps de mes propres yeux. Mais lui… « Ils sont peu nombreux. J'en ai croisé deux, mais il doit y en avoir d'autres... J'en sais foutrement rien. » Il était inutile d’espérer. Peu nombreux. Deux qu’elle avait croisé. Inutile d’espérer. Il y avait eu trop de Jeux. Trop d’éditions pour que j’ai le moindre espoir. « … Loukas. Les deux seuls que je connaisse. » Je n’avais pas écouté le premier prénom. Je ne m’en souvenais même pas. Mais le deuxième … Loukas. Loukas était en vie. Il était en vie. En vie. Ce mot se répétait inlassablement dans ma tête. J’avais regardé sa mort en direct. J’avais dû faire mon deuil. Pendant trois ans, je m’en étais voulu chaque jour. Je m’en étais voulue de ne pas pu avoir lui dire. Lui dire ce que je ressentais réellement. Qu’il était plus qu’un ami. Ce n’était pas tout ce que j’avais dit à Kathleen sur ce que je ressentais réellement qui allait me faire pleurer. C’était l’annonce que Loukas était toujours en vie. Des larmes coulèrent sur mes joues, et je ne tentais même pas de les cacher. « Loukas est en vie ? Tu es sûre ? Ce n’est pas un mensonge, hein ? » Je devais m’en assurer. Je devais pas me faire trop d’espoirs. Si je m’en faisais et que je retombais à nouveau, je ne m’en remettrais jamais. « Amène-moi à lui. Je t’en supplie. » J’avais repris l’arbalète, visant Kathleen une nouvelle fois. Elle devait dire oui. Et l’arbalète était un moyen de la convaincre, bien que je n’en n’était pas fière. S’il était en vie, je voulais le voir. Je voulais pouvoir lui parler. Enfaite, même pas. Je voulais simplement le voir debout, en vie. « De tout. D'absolument tout. Désolée pour ce qui t'es arrivé dans l'arène. Désolée de ce que tu as eu à faire là-bas. Désolée d'apparaître comme ça. Ou encore désolée d'avoir pensé que ça pourrait être comme avant. » Ces derniers mots me chamboulèrent. Comme avant ? Comme avant que je devienne … ça ? Ce monstre ? Cette chose ? Oui ce monstre. Et… je ne faisais que convaincre Kathleen que j’en étais un. Je lui accordais un sourire, un simple sourire qui voulait tout dire alors que je jetais définitivement l’arbalète le plus loin possible de moi.
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:19


✘ Alexiane & Kathleen ▬ And one by one the pieces fall again.




« Lasse. Fatiguée. Ereintée. Sans vie. J'étais tout ça à la fois, à force de jouer à la méchante fille. « Je ne te demande pas d’être mon psychiatre, Kathleen. » je ricanais. « Et c'est tant mieux. J'ai pas envie de jouer à ça. » je répliquais presque sèchement. « Comme tu le dis, c’était avant les Jeux. J’ai gagné uniquement parce que j’ai … éliminé Zoé. Tu ne sais pas ce qu’est devenue ma vie. Tu ne sais pas que j’ai mes raisons de déclarer que je ne vaux rien. Car c’est le cas. » je le savais ça. Je le savais, ce qu'elle avait fait à Zoé. Je serrais les poings et je tremblais. J'en avais plus qu'assez d'entendre ce même genre de discours. Avec toutes leurs conneries, j'avais même pas eu l'occasion d'en faire un pour moi. A la place, j'étais toujours occupée à essayer de les persuader qu'elles avaient quelque chose à faire dans ce monde, qu'il y avait toujours du bon en elles... C'était donc ça mon rôle à moi ? Convaincre les autres ? « ARRÊTE CA ! T'as pas encore compris que si tu ne vaux rien, c'est uniquement parce que toi tu le pense ?! A ton avis, comment elle se sent ta famille, de savoir que tu as gagné et que sera bientôt de retour chez toi ? Tu crois qu'ils pensent que ça vaut rien du tout ta vie ? » je m'emportais en faisant des allez-retours sur place, les maudissant toutes. Elles et leur mal de vivre. Je m'arrêtais un moment et la fixais, prenant un air faussement dégoûté. « Mais tu dois avoir raison... Après tout, je suis sûre qu'à cet instant ils doivent se dire que la moins que rien que tu es aurait dû crever aux Jeux. Ils vont être tellement, tellement peinés de voir leur petite Alex rentrer à la maison... » voix calme. Ironique à souhait. J'avais l'impression de me retrouver. Ca m'aurait fait rire dans une autre situation, et s'il ne s'agissait pas d'Alexiane. En réalité, sa famille devait être soulagée. Malgré toutes ses choses qu'elle avait pu faire, elle rentrerait chez elle, un jour ou l'autre. Ceux qui avaient été sauvés, n'auraient certainement jamais cette chance. « Mais ouvres les yeux bordel ! Elle a raison ! J’ai tué Finley uniquement pour venger ta mémoire. Et tu es en vie ! Putain, t’es en vie ! Et je l’ai tué uniquement pour venger ton meurtre, et j’apprends qu’en réalité tu es toujours en vie. Ce qui fait de moi une mauvaise personne. Car je l’ai tué sans aucune raison, en fin de compte. Par simple envie. Mais c’est pas ça le pire. Le pire c’est que j’ai aimé sentir ma lame traversé son cœur. J’ai adoré cette sensation. Je ne m’étais jamais sentie aussi bien. » je tremblais tellement la rage montait rapidement. Elle l'emporta sur mon calme d'ailleurs. « Okay si vous voulez. Vous êtes des monstres, toutes autant que vous êtes ! Tu es un monstre pour ce que tu as fait, voilà ! C'est ça que tu voulais entendre ? C'est ça qui te fait plaisir ? Te rabaisser ? Parfait ! S'il n'y a que ça pour te satisfaire allons-y ! T'es un monstre doublée d'une moins que rien ! » je l'insultais exprès. Je n'en pensais pas un traître mot, mais je voulais voir sa réaction. Un test, c'était un test. « Nous sommes toutes dans le même sac je te signale ! Tu es peut-être restée plus longtemps que moi, tu l'as peut-être tué pour venger ma putain de mort, mais tu sais très bien que j'aurai fait pareil ! Moi aussi j'ai commis ce meurtre gratuit, j'y ai pris plaisir à massacrer Jane ! Tu le sais très bien, tu étais là ! Tu m'as vu faire ! Et c'était que le deuxième jour ! Le matin même j'en ai éventré un autre, et tu sais quoi, ça m'a bien fait marrer de voir ses tripes répandues à mes pieds ! Je te laisse imaginer ce qui se serait passé si j'étais resté plus longtemps ! » je bouillonnais littéralement. Elle allait sans doute me répondre que c'était de la légitime défense, et blablabla. Des clous. Le mec, c'était moi qui l'avait attaqué. C'était moi qui lui avait ouvert le bide de haut en bas. Jane, je m'étais défendue. Mais un coup de couteau et c'était terminé. A la place de quoi, je l'avais égorgée avec mes dents, et je lui avait broyé le crâne à l'aide d'une pierre. Et j'avais apprécié. Les deux fois, j'avais apprécié. Si j'étais restée plus longtemps, je me demande bien quel genre de monstre je serai devenue.

Aucune de nous deux ne devrait se trouver là. Pourtant, le destin avait décidé que si. Quel comique alors... Vraiment trop drôle monsieur Destin. « Euh… oui… Je me suis éclipsée avant de diner avec le maire. Je suis sûrement recherchée comme un dangereux criminel. J’ose pas à imaginer ce qu’il m’attend quand mes préparateurs remettront la main sur moi. » la tournée du vainqueur. C'est vrai, j'y pensais plus. « Moi je suis sortie pour chasser, pour essayer de faire comme avant. C'est pas le cas. Ca sera plus jamais le cas. Je suis obligée de me coltiner un toutou qui heureusement est assez gentil pour me laisser sans surveillance plus d'une heure. » je haussais des épaules. Bien que s'il apprenait que j'avais croisé Alexiane pendant une excursion seule, je risquais plus d'avoir le droit de faire quoi que ce soit de sitôt. J'étais là, le cœur collé au projectile, en train de l'inciter à me tirer dessus. Pourtant elle ne semblait pas avoir envie de se décider. « Je … Je… » un nouveau pas. La pointe du carreau était sur le point de percer mon blouson, je le sentais. « Tu quoi ? Tu es trop couarde pour me tuer en me regardant dans les yeux ? Allez ! Je sais que t'en crève d'envie ! A défaut de me briser la nuque, tire cette saloperie de carreau dans mon cœur ! Appuie ! Mets fin à mon calvaire et libère moi de leur emprise ! Et fais en sorte que cette fois, je ne me réveille jamais, tu me rendras service. » je la provoquais et je lui hurlais dessus. Je la provoquais encore et encore. Je m'acharnais sur elle, au risque qu'elle craque et qu'elle me tue. Au moins, si elle résistait, je prouvais que j'avais raison, et qu'il lui restait une part d'humanité.

Dos à elle. J'étais dos à elle quand j’eus cette douleur lancinante à l'arrière du genou. Merde, elle avait tiré ! Pas là où je m'y attendais, mais elle l'avait fait. « Chier ! » maugréais-je en sautant sur ma désormais seule jambe valide, et en essayant de constater l'étendue des dégâts sur ma blessure. Encore une. J'allais finir par ressembler à une œuvre d'art conceptuelle, à force de récolter des trucs comme ça. « Tu vois finalement... On avance ! » lançais-je en me laissant tomber par terre. J'allais avoir du mal à marcher maintenant. Alaric allait me tuer. Miléna allait me tuer et tuer Alaric quand elle rentrerait. Cray allait me tuer, tuer Alaric puis Miléna. Coin allait tous les tuer pour m'avoir laissé sortir, puis elle allait s'occuper de mon cas. De toute façon, j'étais foutue dans tous les cas. « Par contre... Je dois bien t'avouer que... Que j'aurai préféré que tu fasse le travail proprement bordel ! » je déglutis avec difficulté en tirant légerement sur le bout de bois. Aïe. « J'espère au moins qu'à ce prix là, ça te fais te sentir mieux, parce que bordel ça fait mal ! » je ricanais, même si ça ne faisait sûrement rire que moi. J'espérais qu'elle n'avait pas touché la fémorale. Sinon, j'étais mal.

Qu'elle continue à déballer son sac. Ça lui faisait du bien, ça me faisait du mal. Bien fait pour moi. « Et … je te déteste Kathleen. Je te déteste car tu as la chance d’être encore toi-même. Tu as la chance d’avoir pu mourir rapidement. » là. Là, ça faisait bien mal comme il fallait. Et elle continuait à déverser sa haine sur moi. Je l'écoutais vider son sac, sans oser l'interrompre une seule fois. « Et j’ai tellement de colère en moi… J’ai tellement de colère que je dois gérer seule que j’ai toujours envie de … j’ai toujours envie d’écraser la tête des gens. Je sais pas quand mon esprit arrêtera d’être ainsi. Et je t’envie parce que tu n’es pas ainsi. Regarde ! Regarde ce dont je suis capable ! » je la regardais, la respiration haletante, les larmes aux yeux. « C'est bon ? C'est bon t'as terminé ? Dans ce cas, hais moi si ça te fais sentir mieux ! Déverse ta colère sur moi ! Ecrase même ma tête si ça te chante ! Termine donc le travail aussi, me laisse pas agoniser là ! Si ça peut t'aider vas-y te gêne pas, je me sauverai pas de toute manière ! Je chercherai même pas à me défendre. » hurlais-je de par terre. J'étais en colère cette fois, qu'elle ait à vivre tout ça. Qu'elle n'ait eu personne. Il était vrai qu'au treize, nous avions été malmené les premiers jours. Mais finalement, j'avais plus ou moins fini par surmonter mes foutus délires psychotiques, pour passer au stade plus gentil de la catatonie, et j'avais plus ou moins accepté mon sort. De nouveau. A force de la provoquer, elle allait vraiment finir par faire ce que je lui demandais. Ou alors... « Ou alors... Tu peux venir avec moi. Viens avec moi au treize, laisse tomber le Capitole. Laisse nous te venir en aide. Laisse moi t'aider. Ils pourront même faire en sorte de faire venir ta famille, de les protéger. » c'était presque une supplique. J'avais... Maintenant que je savais tout ça, je devais faire quelque chose pour elle. Je ne voulais pas qu'elle soit seule. Je voulais qu'elle ait quelqu'un sur qui compter, quelqu'un à qui parler.

« Loukas est en vie ? Tu es sûre ? Ce n’est pas un mensonge, hein ? » cette fois elle pleurait. Depuis tout à l'heure elle n'avait pas versé une larme, mais pourtant là, j'avais l'impression que les valves étaient grandes ouvertes. Ainsi elle connaissait Loukas. Pas étonnant cela-dit. « Cites moi une seule fois où je t'ai menti. Une seule. » je lui demandais d'un ton monocorde. Pas une fois. « Amène-moi à lui. Je t’en supplie. » elle me suppliait. Et me menaçait. Oui, j'aimerai bien pouvoir, seulement quelqu'un m'avait tiré dans la jambe, et j'allais avoir du mal à me déplacer maintenant. J'allais avoir un peu de mal à retourner au treize. En plus de ça, Alaric allait m'engueuler, tout comme les médecins, très certainement Miléna dès son retour... Bref. J'allais passer un sale quart d'heure, et un bon moment immobilisée le temps que ça guérisse. Super. « Tu sais... J'ai pas besoin que tu me pousse avec ton jouet. Par contre un peu d'aide ça serait pas mal ? » je ne regardais même plus l'arbalète, trop concentrée sur le carreau fiché dans ma jambe. D'un coup sec, je le retirai, émettant un grognement de douleur. Je fixais même le bout ensanglanté du projectile pendant quelques secondes.

Je m'excusais pour tout. Et je pus distinguer un sourire sur son visage. Un vrai sourire, celui d'Alexiane. Pas un sourire forcé comme tout à l'heure. Elle jeta même l'arbalète loin d'elle et de moi. Je poussais malgré tout un soupir de soulagement. Je lui adressais même un sourire amusé. Comme s'il ne s'agissait là que d'un jeu. « Espèce d'andouille ! » je rigolais en lançant le carreau dans sa direction. Non pas pour la toucher, mais pour lui montrer que même ça, je m'en fichais. Andouille, c'est comme ça que j'appelais mon frère quand il faisait des blagues débiles. Je laissais mon buste tomber dans les feuilles mortes, et étalais mes bras en forme de croix. Finalement, tout ça n'avait peut-être pas été qu'une perte de temps ? « Au fait, je m'appelle Kathleen, je viens du district neuf. J'ai perdu les Jeux de la Faim, tout le monde me croit morte, alors que je me balade gaiement dans la forêt et je joue à qui va le plus vite, moi ou le carreau, avec une amie. Une chic fille. Elle s'appelle Alexiane. Je suppose que tu la connais toi aussi ? Mais ce que je comprends pas pourquoi, c'est pourquoi elle est blonde maintenant. Tu crois que je pourrai l'être moi aussi ? » j'avais commencé en employant exactement la même phrase que celle avec laquelle je m'étais présentée à elle, dans la salle d'entraînement. Mon cerveau embrouillé avait fait le reste. Je la regardais en souriant, un vrai sourire cette fois. Je sentis même une larme couler le long de ma joue. « Pardon Alexiane. Pardon. Si tu savais comme je m'en veux. Tu méritais pas ça. » je sanglotais en regardant la cime des arbres nus. J'avais été abominable avec elle. J'avais été abominable avec tout le monde. J'étais tellement, tellement abjecte que je m'écoeurais. Pourquoi il fallait toujours que tout le monde se repose autant sur moi ? J'avais pas les épaules assez solides pour supporter tous leurs caprices. J'étais bien, allongée là les bras en croix. Sur le tapis de feuilles mortes. Je me concentrais sur ma respiration un moment. J'avais la jambe engourdie. Mes extrémités aussi l'étaient. Si je n'étais pas déjà étendue sur le sol, je crois que j'aurai dû m'allonger. Je respirais de plus en plus lentement, et mes paupières se faisaient lourdes. Mon regard se brouilla. Ce n'étaient pas des larmes. C'était... De la fatigue ? Pourquoi je me sentais si détendue ? C'était à cause de ma blessure ? Ca recommençait. J'avais l'impression que ça recommençait. Mon sang se vidait, elle avait touché l'artère fémorale. Merde. Je m'en rendais compte que maintenant. Finalement, je voulais pas mourir maintenant. Je voulais savoir si oui ou non elle me pardonnait. Mais j'avais du mal à bouger. J'avais même du mal à garder les yeux ouverts, alors bouger un bras... Alors je restais là, entendue sur le dos. Silencieuse. Encore désolée Alexiane. »
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:19



C’était drôle de penser que notre première rencontre avait également mal commencé. Puis, nous étions devenues alliées, et presque amies. Et cette rencontre, qui serait probablement la dernière avant un long moment, me rappelait étrangement la première. Et cela me faisait un pincement au cœur. Je n’aimais pas traiter Kathleen ainsi, mais je n’arrivais pas autrement. Je ne pouvais pas, je ne pouvais pas cacher ma haine envers elle, les tributs sauvés, le district treize. « Et c'est tant mieux. J'ai pas envie de jouer à ça. » Au moins, nous étions d’accord sur ce point. Kathleen avait probablement ses problèmes personnels, et si en plus elle était en contact avec Catalina, elle devait gérer cette dernière et son deuil. Je n’allais pas en rajouter une couche. Surtout que je n’avais aucune envie d’être psychanalysée par une rebelle, car c’était bien le statut qu’elle avait obtenu – qu’elle le veuille ou non – en étant récupérée par le district treize. « ARRÊTE CA ! T'as pas encore compris que si tu ne vaux rien, c'est uniquement parce que toi tu le pense ?! A ton avis, comment elle se sent ta famille, de savoir que tu as gagné et que sera bientôt de retour chez toi ? Tu crois qu'ils pensent que ça vaut rien du tout ta vie ? » Je l’a regardai silencieusement effectuer ses aller-retour. Si cela pouvait la calmer, et bien tant mieux. Ma famille… Celle dont on m’avait privée. Au final, je m’étais battue pour rien, hormis le fait que d’autres tributs avaient été sauvés, mais également pour ceci. Je m’étais battue pour les revoir, et le Capitole me privait de la dernière chose à laquelle je tenais. Mes amis, du moins les rares que j’avais, et mon frère, la seule famille qui me reste, je ne savais même pas ce qu’ils pensaient de cette victoire. « J'en sais rien. J'ai aucun contact avec ma famille et mes amis. Les seules images qu'ils voient de moi sont celles de l'arène et de la tournée du Vainqueur. J'imagine qu'ils se font pleins d'idées sur ce que je suis devenue. Des idées fausses. » Oui, fausses, elles devaient probablement l'être leurs idées. Peut-être que mes vrais proches tels qu'Avery, Ezea et Amanda devaient réaliser que je n'étais pas celle que le Capitole montrait. Que je valais mieux que ces brutes de carrières, qui eux, disent la vérité lorsqu'ils évoquent le plaisir de l'arène. Je me raccrochai à cette idée, à l'idée qu'ils sachent encore qui j'étais. ''Que je valais mieux que ces brutes de carrières'' avais-je pensé. J'avais admis, durant quelques secondes, que c'était bel et bien le cas. Que je valais mieux qu'eux. Cependant, il n'était pas difficile d'être mieux que les carrières. C'était presque une évidence. Mais je l'avais pensé. En quatre mois, c'était la première fois que je me valorisais enfin, même si cela n'avait durer quelques secondes. « Mais tu dois avoir raison... Après tout, je suis sûre qu'à cet instant ils doivent se dire que la moins que rien que tu es aurait dû crever aux Jeux. Ils vont être tellement, tellement peinés de voir leur petite Alex rentrer à la maison... » Intérieurement, je remerciai Kathleen qui m'avait fait ouvrir les yeux. Je me sentais toujours aussi horrible, mais l'espoir était né quelques secondes. Et c'était mieux que rien. « C'est bon. C'est bon, j'ai compris la leçon. » Et je lui adressai un sourire. Probablement le plus beau que j'avais esquissé depuis ma sortie de l'arène. Un sourire sincère. Comme au bon vieux temps.

Cependant, la courte joie que les paroles de Kathleen m'avaient apportée fut détruite en quelques secondes, lorsque j'évoquai le meurtre de Finley. Je m'étais emportée. C'était un sujet sensible. Et malgré tout ce que je pouvais montrer, je m'en voulais. Je m'en voulais, car c'était un meurtre gratuit. Même si j'avais éliminé un adversaire, cela restait sans raison. J'aurai dû laisser quelqu'un d'autre s'en charger. Cela n'aurait pas dû être moi. N'importe qui, mais pas moi. Je craignais le jour où Catalina, avide de vengeance, pourrait sortir des souterrains du treize. J'appréhendai, j'angoissai, je paniquai, car je savais que je serais la première personne qu'elle souhaiterait rencontrer. Et pas simplement pour se remémorer le bon vieux temps. « Okay si vous voulez. Vous êtes des monstres, toutes autant que vous êtes ! Tu es un monstre pour ce que tu as fait, voilà ! C'est ça que tu voulais entendre ? C'est ça qui te fait plaisir ? Te rabaisser ? Parfait ! S'il n'y a que ça pour te satisfaire allons-y ! T'es un monstre doublée d'une moins que rien ! » Kathleen me provoquait. Et ça me rendait folle. Je bouillonnai. J'avais plus que jamais envie de l'a tué, de sentir sa vie quitter son corps. Et peut-être que si j'avais un couteau en main, l'arme que je ne connaissais pas coeur désormais, peut-être que j'aurai été jusqu'au bout. Je n'étais pas maître de mes actes quand la colère l'emportait, et elle l'emportait actuellement. J'avais son arbalète. J'aurai pu le faire. Je pouvais le faire. Mais je ne connaissais pas assez cette arme. Je n'en avais jamais utilisé de ma vie. Si j'avais tiré sur Kathleen dans le but de lui ôter la vie, j'aurai simplement tiré n'importe où, lui causant des souffrances inimaginables. Et même si j'avais tenté de l'achever, je n'aurai pas réussi. Je ne voulais pas qu'elle souffre. Et c'était cette seule raison qui m'avait retenue. Je voulais lui répondre, je voulais l'a blessé comme elle venait de le faire, mais la colère était plus forte. Tellement forte que je n'arrivai pas à aligner plus de deux mots, et je me contentai de bégayer quelques sons. Je me tus rapidement. J'avais l'air ridicule. Ce serait à nouveau une occasion parfaite pour elle de se moquer. D'être sarcastique, sarcasmes que je ne comprenais pas et qui me rendait folle de rage. « Nous sommes toutes dans le même sac je te signale ! Tu es peut-être restée plus longtemps que moi, tu l'as peut-être tué pour venger ma putain de mort, mais tu sais très bien que j'aurai fait pareil ! Moi aussi j'ai commis ce meurtre gratuit, j'y ai pris plaisir à massacrer Jane ! Tu le sais très bien, tu étais là ! Tu m'as vu faire ! Et c'était que le deuxième jour ! Le matin même j'en ai éventré un autre, et tu sais quoi, ça m'a bien fait marrer de voir ses tripes répandues à mes pieds ! Je te laisse imaginer ce qui se serait passé si j'étais resté plus longtemps ! » Elle avait raison. Elle avait raison sur toute la ligne. Mais cela n'atténuait pas ma colère. Non, je ne pouvais vraiment pas me calmer. « Jane était la pire des salopes avec toi, tout le monde le savait. » C'était vrai. Jane avait provoqué Kathleen dès le début. Mais Finley ? Finley ne m'avait absolument rien fait. Il ne m'avait même jamais parlé, même que je lui avais tranché la gorge. Il n'avait pas du comprendre pourquoi je le détestai à ce point. « Peut-être que tu te serais trouvé un goût prononcé pour la viande humaine. » Je laissai échapper un rire discret. Je ne savais pas quoi lui dire d'autres. Que ses paroles me rassuraient ? Non, la jeune femme irait sûrement chercher d'autres détails sanglants de son aventure afin d'apaiser mes souffrances. J'adressai un simple regard, ce regard qui voulait dire merci.

Kathleen risquait plus que moi en se dévoilant ainsi, aux yeux de tous. Bien que cette forêt soit très calme, on ne sait jamais sur qui on peut tomber. Kathleen était censée être morte aux yeux de tout Panem, tandis que moi j’étais encore vivante. Si on m’attrapait, je serais punie, mais ça s’arrêterait là. Quelle serait la réaction du treize si Kathleen vient à être vue ? Bien que la nouvelle des tributs survivants ait été annoncée, le Capitole se questionnait toujours sur l’identité des heureux élus. « Moi je suis sortie pour chasser, pour essayer de faire comme avant. C'est pas le cas. Ca sera plus jamais le cas. Je suis obligée de me coltiner un toutou qui heureusement est assez gentil pour me laisser sans surveillance plus d'une heure. » Je l’enviai. Je l’enviai de pouvoir faire quelque chose qui lui plaisait, quelque chose qui lui rappelait sa vie avant les Jeux. Même si elle déclarait que ce n’était plus comme avant, et je pouvais la comprendre, je ne pouvais pas m’arrêter de l’envier. « Tu as pu attraper quelque chose ? » demandai-je, innocemment. Comme au bon vieux temps. Une simple question, tentative désespérée de changer de sujet le plus rapidement possible.

Elle me provoquait. Elle me provoquait en s'avançant alors que je tenais l'arme entre mes mains. Je ne savais pas combien de temps je pouvais encore tenir. Je tremblais, risquant chaque seconde de décocher la flèche et qu'elle se plante dans le corps de Kathleen. Je le voulais, au fond de moi. Mais pas ainsi. Je tenais fermement l'arbalète, priant pour qu'elle arrête d'avancer et qu'elle s'arrête d'avoir ses paroles qui me forçaient presque à aller jusqu'au bout de mon envie. « Tu quoi ? Tu es trop couarde pour me tuer en me regardant dans les yeux ? Allez ! Je sais que t'en crève d'envie ! A défaut de me briser la nuque, tire cette saloperie de carreau dans mon coeur ! Appuie ! Mets fin à mon calvaire et libère moi de leur emprise ! Et fais en sorte que cette fois, je ne me réveille jamais, tu me rendras service. » Je l'a regardai sans rien dire. Je tentai. Je tentai de tout mon coeur, de toute mon âme de parvenir à maîtriser ce carreau. Ce foutu carreau, qui à cause de mes tremblements, risquaient à chaque instant de partir, de blesser voir tuer Kathleen. Je tentai. Je tentai de ne pas donner raison à Catalina, à ses paroles. Je tentai. Je tentai, me blessant mentalement au passage, luttant contre mes propres démons. Je tentai. Mais je n'y étais pas parvenue.

J'avais tiré. Je l'avais fait. J'avais donné raison à Catalina. Je l'avais fait. Je ne pouvais pas y croire. Je ne pouvais pas croire que je m'étais abaissée à ça. Que j'avais tiré sur ma propre amie. Je l'avais blessée. J'avais craqué, mon doigt avait glissé et la flèche était partie. J'avais été prête à la tuer. J'aurai pu le faire, si j'étais plus douée pour viser. J'aurai pu. J'avais tenté. Et cela me donnait des frissons. Des frissons, de savoir que j'étais capable. J'étais capable de tirer, peut-être même de tuer, si je ne parvenais pas à contrôler mes émotions. « Chier ! » Ses paroles me décrochèrent un sursaut. Bordel, qu'est-ce que j'avais fait ? Et pourquoi ... pourquoi n'avais-je pas de regret ? Je regrettai, mais pour moi. Pas pour sa blessure. « Tu vois finalement... On avance ! » Je l'a regardai tomber à terre. « Oups. » Je devais paraître détachée. Le plus détachée possible, ne montrer aucune émotion. Le Capitole m'avait bien formé à cela. Je me contentai simplement de regarder la blessure que j'avais infligée à Kathleen. « Par contre... Je dois bien t'avouer que... Que j'aurai préféré que tu fasse le travail proprement bordel ! J'espère au moins qu'à ce prix là, ça te fais te sentir mieux, parce que bordel ça fait mal ! » Je restai silencieuse encore quelques instants. « Tu veux savoir la vérité ? Oui. Oui ça fait du bien. » Ce n'était pas totalement un mensonge. Mais je devais paraitre détachée. Détachée, n'oublie jamais cela, Alexiane.

Je m'étais laissé aller. Je n'avais pas pris de pincette pour évoquer ce que je ressentais. Je n'avais pas voulu en dévoiler autant. J'avais tenté de me retenir. Oh, j'avais essayé. Kathleen ne devait pas être au courant. Elle ne devait pas savoir, je ne voulais pas que le district treize soit au courant de ce petit monologue. Et pourtant. Pourtant, je n'avais pas hésité à être honnête, à balancer tout ce que j'avais sur le coeur. Et ... bordel, ça faisait du bien. C'était ... c'était agréable d'avoir quelqu'un qui écoutait. Je m'en fichais de ce que pouvait penser Kathleen. L'essentiel était sa présence. Elle pouvait m'insulter intérieurement, ou même à haute voix, mais elle m'avait écouté. Elle m'avait écouté, sans me couper la parole. J'avais envie de la prendre dans mes bras, de la remercier pour son oreille attentive. Merci. Merci pour tout, Kathleen. Elle était la première personne à m'écouter, à m'accorder son temps depuis ma sortie de l'arène. J'avais dû attendre quatre mois, quatre mois que quelqu'un daigne me prêter quelques minutes d'attention. Quelques minutes où je pourrais déballer mon sac, et me sentir mieux durant quelques instants. C'était agréable. Incroyablement agréable. « C'est bon ? C'est bon t'as terminé ? Dans ce cas, hais moi si ça te fais sentir mieux ! Déverse ta colère sur moi ! Ecrase même ma tête si ça te chante ! Termine donc le travail aussi, me laisse pas agoniser là ! Si ça peut t'aider vas-y te gêne pas, je me sauverai pas de toute manière ! Je chercherai même pas à me défendre. » J'étais sur mon petit nuage. Aucune de ses paroles ne pouvaient m'enlever ses agréables moments, ses agréables sentiments que je ressentais. Elle pouvait me balancer toutes les horreurs qu'elle voulait, m'insulter, insultes mes proches, elle n'obtiendrait aucune réaction de ma part. « Merci. Merci d'avoir pris le temps de m'écouter. Tu es la première personne qui accepte de me prêter son oreille. Merci. » Mes paroles n'avaient aucun rapport avec ses précédentes, mais je devais lui le dire. Je devais, car je ne savais pas si j'en serais capable plus tard. Je n'avais pas envie d'être gentille avec elle, mais je devais lui accorder ce point. Cette écoute qui m'avait tant fais du bien. Elle m'avait hurlé dessus, j'avais parlé d'une voix calme. Presque douce. « Ou alors... Tu peux venir avec moi. Viens avec moi au treize, laisse tomber le Capitole. Laisse nous te venir en aide. Laisse moi t'aider. Ils pourront même faire en sorte de faire venir ta famille, de les protéger. » L'invitation me tentait presque. Mais la haine envers le treize était beaucoup trop forte. Et le Capitole.... Le Capitole ne me laisserait jamais tranquille. Jamais. « J'aimerai tellement, mais je ne peux pas. Seren, ma meilleure amie et mentor, a disparu. Le Capitole jure qu'ils n'y sont pour rien. Et Winnie... Winnie a été tuée. Parce qu'elle était une rebelle. S'ils ont pu faire ça à elles, je n'ose pas imaginer ce qu'ils pourraient faire à mes proches. Ils me retrouveront, ils les retrouveront, où qu'on se cache. » C'était la première fois que j'évoquai la disparition de Seren et la mort de Winnie. Cela s'était passé pendant mon séjour dans l'arène. Seren m'avait encore donné des conseils quelques minutes avant mon entrée, et à ma sortie, elle avait disparu de la surface de la terre. Et Winnie ... l'une des seules personnes avec laquelle je pouvais me montrer plus légère, elle avait été tuée. Retrouvée morte dans un champ de onze, simplement parce qu'elle avait des contacts rebelles. J'avais appris cela à ma sortie, et ses deux nouvelles avaient été particulièrement dures à encaisser.

L'annonce qui avait suivie m'avait totalement bouleversée. Si je m'attendais à ça... J'aurai jamais imaginé qu'elle m'annoncerait que Loukas était toujours en vie. Je n'avais pas pu retenir les larmes. Cette fois, c'en était trop. Trop d'annonce d'un coup, bien que celle-ci était la plus belle que je n'ai jamais entendue. J'avais repris l'arbalète, pour forcer la jeune femme, l'a forcé à m'obéir. Je ne pouvais pas laisser Kathleen repartir sans m'autoriser, sans me permettre de voir Loukas. « Cites moi une seule fois où je t'ai menti. Une seule. » Elle avait raison. Elle avait raison, elle n'avait jamais menti. C'était moi qui m'étais faites des idées. Bien même que je n'étais pas encore sûr de son rôle au sein du treize. Mais elle ne m'avait jamais menti. Je me contentai de baisser la tête, des excuses étant bien trop difficiles à prononcer. « Tu sais... J'ai pas besoin que tu me pousse avec ton jouet. Par contre un peu d'aide ça serait pas mal ? » Kathleen retira le carreau. Et je ne détournai même pas le regard en voyant son sang couler de sa blessure. De cette même blessure que je lui avais infligée.

Kathleen n'avait pas répondu à ma demande. Elle n'avait pas évoqué la possibilité de m'amener vers Loukas. Mais qu'importe. Je savais qu'il était en vie. Je ne l'avais pas vu durant trois ans, je pourrais tenir un jour de plus. Peut-être deux, tout au plus. Et je devais me calmer. Cette annonce m'avait chamboulée, beaucoup trop chamboulée. J'avais baissé l'arbalète, j'avais enfin accepté de céder. « Espèce d'andouille ! » Je regardai le carreau arriver à mes pieds et je ne pus m'empêcher d'avoir à mon tour un rire. Un fou rire presque incontrôlé qui durant bien quelques minutes. « Au fait, je m'appelle Kathleen, je viens du district neuf. J'ai perdu les Jeux de la Faim, tout le monde me croit morte, alors que je me balade gaiement dans la forêt et je joue à qui va le plus vite, moi ou le carreau, avec une amie. Une chic fille. Elle s'appelle Alexiane. Je suppose que tu la connais toi aussi ? Mais ce que je comprends pas pourquoi, c'est pourquoi elle est blonde maintenant. Tu crois que je pourrai l'être moi aussi ? »

Comme au bon vieux temps. Je laissai échapper un nouveau sourire. Une amie. Elle m'avait traitée d'amie. Et pas de connaissance, de fille, ou je ne sais quoi d'autre. Amie. Ce mot raisonnait dans ma tête. Amie. Je pouvais encore compter sur quelqu'un, bien même si l'accueil au onze serait catastrophique. « Enchantée Kathleen. Je m'appelle Alexiane, je viens du district onze. J'ai gagné les Jeux de la Faim et j'ai une belle maison. Je l'a connais oui. Elle est ravie que son amie soit vivante. Et c'est sincère. Je crois qu'elle est blonde à cause d'une gentille fille, Zoé. Je suis pas sûr que ça t'ailles par contre. Pourquoi pas du roux ? Peut-être même du rouge pétant. Ça, ça t'irait bien. » C'était agréable. C'était agréable de parler ainsi avec Kathleen, comme si nous étions revenues avant les Jeux. J'avais été prise au piège de sa légèreté, et j'avais continué son petit jeu. « Pardon Alexiane. Pardon. Si tu savais comme je m'en veux. Tu méritais pas ça. » Kathleen sanglotait. Bon sang, c'était devenue bien trop mielleux depuis nos premières paroles. Cette pensée me décrocha un sourire. Sourire qui disparut rapidement. Personne ne méritait ça. Pas même Catalina. Pas même les carrières. Ils sont peut-être des machines à tuer, ils n'en restent pas moins humains, sous cette couche de muscles et de violences. Ils avaient des sentiments, aussi. Non, personne ne méritait ça. « Tu n'y es pour rien. Tu n'y es pour absolument rien. Ce n'est pas ta faute. Personne ne mérite ça. Personne. » Elle n'avait pas à s'en vouloir. Ma haine envers elle s'était calmée, mais je ne pouvais toujours pas me sentir bien en sa présence, même si nos quelques minutes passées dernièrement avaient été fort agréable. Tellement agréable que j'en n'avais oublié la blessure de Kathleen. Etendue sur le sol, elle ne bougeait plus. « Kathleen ? Kathleen ! » Je me précipitai vers elle. Touchant son visage, l'a secouant, j'attendais n'importe quoi. Une réaction, un soupir, n'importe quoi.
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:21


✘ Alexiane & Kathleen ▬ And one by one the pieces fall again.




« Encore une fois, j'étais obligée de lui crier dessus. J'étais bonne qu'à ça de toute manière. Et c'était triste d'ailleurs. « J'en sais rien. J'ai aucun contact avec ma famille et mes amis. Les seules images qu'ils voient de moi sont celles de l'arène et de la tournée du Vainqueur. J'imagine qu'ils se font pleins d'idées sur ce que je suis devenue. Des idées fausses. » Moi aussi à sa place, je serai en colère de ne pas avoir vu ma famille si j'avais gagné les Jeux. Et si j'avais une famille. Mais je ne comprenais pas pourquoi elle disait ça ? Si ses proches étaient ce qu'ils prétendaient être, et l'aimaient pour celle qu'elle était, il n'y avait aucune raison. Non, vraiment aucune. « N'oublie pas qui ils sont... C'est ta famille. Tes proches. Ils attendaient après toi. Pas après les vingt-neufs autres. » il fallait qu'elle croit en eux. Moi je le faisais bien, pourquoi pas eux ? Si elle s'était alliée aux carrières à la rigueur, j'aurai compris sa honte de retourner parmi eux. Mais là, elle avait joué en suivant les règles. Sans tricher. Et elle avait gagné. Pour eux. Arrivera un jour où elle sera bien forcée d'accepter qu'ils tiennent à elle malgré ce qu'elle avait fait. J'espérais pour elle que c'était le cas. Sa famille ne devait pas lui en vouloir. Ils n'avaient pas le droit. « C'est bon. C'est bon, j'ai compris la leçon. » je me rendais compte à présent à quel point j'avais été dure avec elle. Une vraie garce quand je m'y mettais. Mais au moins, je pouvais être contente des résultats obtenus. Elle souriait et semblait plus calme. Presque même heureuse.

« Jane était la pire des salopes avec toi, tout le monde le savait. » je la fixais un instant, réprimant cette irrésistible envie de pleurer quand je repensais à ce que Jane avait osé dire. Elle avait raison sur ce point. Mais c'était loin d'être suffisant. Ca ne l'était pas du tout même. « Ca change rien. Non, rien du tout. » maugréais-je en secouant négativement la tête de gauche à droite. « Elle était peut-être qu'une sale carrière, elle m'avait peut-être provoqué, mais elle était humaine. » Elle avait sûrement une famille, des amis, un copain qui attendaient son retour. Même si la meurtrière de leur fille était supposée morte, ils devaient me haïr du plus profond de leur âme pour la manière dont je l'avais tuée. Elle avait même pas eu le droit à une mort propre et digne. Je l'avais massacrée. Devant tout Panem, je l'avais massacrée et mutilée pour mon propre plaisir. S'il y avait un monstre dans le coin, il cachait bien son jeu. Moi. Je faisais en sorte d'essayer de ne pas repenser à l'exaltation que ça m'avait provoqué. Ce bien être quand j'avais senti son dernier râle s'élever depuis sa gorge. « Si tu avais vu son regard quand je... Je l'ai achevée... Je me suis acharnée sur elle, jusqu'à ce que je sois certaine que... Qu'on ne pourrait même plus la reconnaître. Même elle méritait pas ça... » je secouais la tête, et je parlais avec un calme presque exemplaire, m'empêchant de me mettre à rire comme une démente. Non, je devais chasser de mon esprit les sensations apportées par son meurtre. « Pourtant... J'arrive pas à regretter ce que j'ai fais. Ni pour elle, ni pour l'autre. C'était eux ou moi, et j'ai préféré que ça soit eux. Ca m'empêche pas de dormir la nuit, et pourtant je sais que c'est mal. Je pense à leurs familles. J'essaye d'imaginer leur douleur, j'essaye de me dire que les jeux ont fait ça. Non. Je l'ai fait. Et je m'en veux même pas. » j'avais l'impression que j'allais devenir hystérique, je ressentais de nouveau ce plaisir qui avait parcouru mes veines. Finalement, le meurtre était quelque chose que j'avais toujours eu au plus profond de moi. Même gamine, quand j'abattais mes proies, et que mon père me félicitait pour cette prise, je jubilais. Je croyais que c'était juste le fait d'avoir réussi à attraper quelque chose pour remplir nos assiettes, mais en fait... En fait, c'était le fait d'avoir ôté la vie ) un être vivant qui me contentait. Rien d'autre. Ca avait été pareil dans l'arène. Je n'en prenais conscience que maintenant. De ce monstre que j'étais devenu au fil des années. Et je trouvais toujours un moyen de me justifier sur mes actes. Mais cette soif de sang était... Malsaine. J'étais pire que mauvaise au final. « Regarde moi dans les yeux et dis moi que tu ne regrette pas d'avoir tué Finley. Ou Zoé. Ou les autres. Dis le moi, et alors seulement je verrai si je te considère comme ce monstre que tu prétends être. » pas de haussement de voix. J'étais tout ce qu'il y avait de plus calme. De tout mon cœur, j'espérais qu'elle ne le dise pas. Elle n'avait sincèrement pas le droit de ne pas regretter. Je ne voulais pas qu'elle soit comme moi. Pitié, qu'elle ait des remords. « Peut-être que tu te serais trouvé un goût prononcé pour la viande humaine. » je grimaçais en repensant à ça. J'avais l'impression d'avoir passé mon temps à mordre les autres pendant les Jeux. « J'ai goûté. C'est pas tellement ce que je préfère pour être tout à fait honnête. » soufflais-je d'un air écoeuré. J'avais mordu la main du mec du deux, alors qu'il essayait de me tuer à la Corne, puis j'avais arraché le coup de sa camarade. Beurk.

« Tu as pu attraper quelque chose ? » comme si ça l'intéressait vraiment. « Un petit lapin hier. Rien aujourd'hui. Mais j'aurai eu ce daim si j'étais pas tombée sur toi. » pauvre petit lapin qui avait finit dans nos assiettes.

«Oups. » c'était quoi ça ? Elle venait de me tirer dessus, et tout ce qu'elle trouvait à dire, c'était « oups » ? « Tu veux savoir la vérité ? Oui. Oui ça fait du bien. » elle paraissait trop calme. Définitivement, je n'aimais pas quand elle adoptait cette attitude. « Merci de me concéder ça. Au moins j'aurai pas pris ce truc dans la jambe pour rien. » grognais-je en fixant ma blessure. Je crois que ça m'aurait vexé si elle avait dit qu non. Merde, j'avais quand même pris un carreau pour elle quand même !

« Merci. Merci d'avoir pris le temps de m'écouter. Tu es la première personne qui accepte de me prêter son oreille. Merci.» oui bon, en même temps, j'ai pas tellement eu le choix. Je suis par terre, je peux plus courir, et j'aurai pu me reprendre une autre flèche si je l'avais interrompue. Enfin, simple pressentiment. « Je croyais que tu voulais pas que je sois ta psy ? » ricanais-je en haussant les épaules. Au final, j'avais servi à ça. J'étais pas franchement la mieux placer pour ce genre de chose pourtant.

Je voulais qu'elle vienne avec moi, qu'elle ne soit plus seule, qu'elle reste avec moi. J'avais besoin d'être entourée par des gens que j'appréciais, pas que des médecins. «J'aimerai tellement, mais je ne peux pas. Seren, ma meilleure amie et mentor, a disparu. Le Capitole jure qu'ils n'y sont pour rien. Et Winnie... Winnie a été tuée. Parce qu'elle était une rebelle. S'ils ont pu faire ça à elles, je n'ose pas imaginer ce qu'ils pourraient faire à mes proches. Ils me retrouveront, ils les retrouveront, où qu'on se cache. » mon visage se décomposa, et je restais bouche bée un instant. Je m'attendais vraiment pas à ça. Ca ne fit que renforcer ma haine envers le Capitole, et mon doute quant aux rebelles. « Je savais pas tout ça... Je suis désolée. » et j'étais sincère. Je crois que pour ma part, je ne me remettrai pas s'il devait arriver quelque chose de ce genre à Nolan. « Mon... Mon meilleur ami aussi... C'était mon mentor. » dis-je en baissant les yeux, et en me concentrant sur ma blessure. C'était stupide de parler de ça, pourtant, c'était plus fort que moi. « C'est vraiment pas de chance pas vrai ? On s'est pas adressé la parole pendant quatre ans lui et moi... Et il a fallu que je sois choisie pour qu'on se reparle... Pour la dernière fois sûrement. » un sourire triste fendit mon visage en pensant à ça. Oui, je ne le reverrai certainement plus. Il valait mieux que je ne me fasse pas trop d'espoirs. Nous deux, c'était trop tard. Nous avions eu notre chance pendant ces quatre années passées à nous ignorer mutuellement, et maintenant, c'était trop tard. J'essuyais mon œil, qui avait commencé à couler. Stop, je ne devais plus pleurer pour ça. C'était terminé. Je devais changer de sujet. C'était pas ma psychanalyse qu'on faisait. « Quand tu les retrouveras... Prends soin d'eux surtout. Fais en sorte de jamais les perdre. C'est la seule chose qui compte. » et malheureusement ça, on ne s'en rend compte que quand ils ne sont plus là. Il avait fallu que je les perde tous pour m'en rendre compte. « Si tu venais avec nous, tu pourrai le revoir tu sais. Loukas. C'était qui pour toi ? Ton copain ? » je lui demandais avec un fin sourire.

Elle riait. Elle riait et ne faisait pas semblant. Ca me réchauffait le cœur de savoir que j'avais gagné sur ce terrain là. « Enchantée Kathleen. Je m'appelle Alexiane, je viens du district onze. J'ai gagné les Jeux de la Faim et j'ai une belle maison. Je l'a connais oui. Elle est ravie que son amie soit vivante. Et c'est sincère. Je crois qu'elle est blonde à cause d'une gentille fille, Zoé. Je suis pas sûr que ça t'ailles par contre. Pourquoi pas du roux ? Peut-être même du rouge pétant. Ça, ça t'irait bien. » elle entrait dans mon jeu. Ca faisait du bien de penser à autre chose qu'à la mort, les Jeux, le Capitole, la Révolution. J'étais une petite fille qui jouait avec une copine. C'était bien la première fois de ma vie que ça m'arrivait. Petite, j'avais jamais été du genre à me mélanger aux autres pour jouer avec eux. Je crois bien que je n'avais même pas beaucoup d'amis d'ailleurs. Nolan et Billie étaient bien les seuls. Mais ça n'avait pas duré. Tous les trois, nous avions été détruits par les Jeux. Lui était le seul à s'en être sorti, mais à quel prix ? « Je devrai essayer de voir Zoé. Si j'arrive à rentrer un jour. » soufflais-je d'un air pensif. Je ne l'avais pas encore vue à proprement parlé. Aperçue à la rigueur, mais je n'en étais même pas sûre. « Rousse ? » j'émis un ricanement, tout en essayant de m'imaginer avec les cheveux oranges. Ou rouges pétants. Bizarrement, je n'arrivais pas tellement à me représenter avec une couleur aussi criarde. Ca faisait trop... Capitole à mon goût. Moi j'aimais bien le simple. L'austère. Ce qui me permettait de me fondre dans la masse, pas ce qui me faisait repérer à trente-six lieues à la ronde. « Un peu trop flashy à mon goût. » riais-je en roulant des yeux. Je n'avais pas souvent l'occasion de rire comme ça. D'oublier ce monde dans lequel nous vivions, rien que l'espace d'un instant. « Tu n'y es pour rien. Tu n'y es pour absolument rien. Ce n'est pas ta faute. Personne ne mérite ça. Personne. » c'était pas y a cinq minutes qu'elle disait me haïr ? Qu'elle voulait me briser la nuque ? Ah les filles. Quel mystère... Moi je me comptais pas dans le lot. Je m'étais jamais pouponnée, je savais ce que je voulais -un peu moins maintenant-, je me battais avec les autres, et j'avais mauvais caractère. Si la nature avait été bien faite, j'aurai été un mec, pas une fille. « M'en veux pas mais... Je suis contente de t'avoir crié dessus. » dis-je en souriant. Au moins, le résultat était là. Et c'était bien la première fois que j'étais heureuse de crier sur quelqu'un. D'habitude, je criais sur tout le monde. Je pleurais tout le temps. Je faisais la morale alors que moi même je ne valais pas un clou. Quelle genre de personne étais-je ?

J'étais presque bien à cet instant. Légère, sereine. Rien pour venir troubler mon répit. Maintenant je pouvais peut-être partir ? Me laisser aller ? Qui me regretterait de toute manière ? J'étais déjà morte. Une fois de plus, ça changerait pas grand chose. Je crois bien que je ne me rendais même pas compte de ce qui m'arrivait. Me respiration se faisait de plus en plus lente, et j'avais fermé les yeux. C'était confortable les feuilles mortes. Je m'y sentais bien. Presque en sécurité. Au fur et à mesure, les sons me parvenaient avec de plus en plus de difficulté. Ils semblaient comme étouffés. Je commençais même à oublier ce qu'il y avait autour de moi. A commencer par Alexiane. Bah, elle ne remarquerait même pas mon silence. Après elle pourrait repartir, et me laisser là. Je lui en voulait pas d'avoir fait ça. Elle avait bien le droit d'avoir pété un câble, je l'avais bien fait moi. Plus rien, il n'y avait plus rien. « Kathleen ? Kathleen ! » on m'appelait, on me secouait. Je ne comprenais plus rien. Les flashs qui me revenaient. J'avais déjà vécu quelque chose de semblable. Ca arrivait de nouveau ? Encore ? Mon cœur s'emballa, et j'ouvris les yeux. Paniquée, j'étais paniquée. Je ne comprenais toujours rien. Pourquoi encore ? Pourquoi maintenant ? Je balayais l'environnement autour de moi avec des yeux presque exorbités. J'avais peur, tellement peur. Finalement, je ne voulais pas mourir. Pas encore. Pas maintenant. Paniquée, j'attrapais l'avant-bras d'Alexiane, et je m'y agrippais en tremblant comme une feuille. Je ne voulais pas. Non. « Ca... Ca recommence... » je bégayais en m'agrippant toujours à elle, cherchant un moyen de m'extraire de mon propre corps, comme si ça pourrait m'aider. J'étais dans l'arène. J'étais de nouveau dans l'arène. Et j'étais en train de crever. Non. Ca ne pouvait pas être vrai. Je suffoquais. J'avais l'impression que le goût du sang était de nouveau dans ma bouche. Pourtant je n'avais rien à ma poitrine. Ma peau était intacte et il n'y avait pas une goutte de sang. Il m'arrivait quoi ? « Reste... Reste avec moi. Me... Me laisse pas seule... J't'en pries... » je serrais son bras tellement fort que je crois même que je lui rentrais mes ongles dans la peau. C'était pareil la première fois. Je m'en souviens. Le froid qui nous envahis. Je tombe. J'ai l'impression de tomber. Bientôt ça sera terminé. Ca fait mal. En fait non, ça fait plus mal. Je sens plus ma jambe. Ah oui c'est vrai. C'est elle qui est blessé cette fois, pas mon cœur. L'artère est touchée, c'est pour ça que je me vide de mon sang. J'ai le vertige. J'ai froid. Je veux pas être seule. Je pleure. Je crois que je pleure. Oui, une larme qui roule sur ma tempe. Que quelqu'un m'aide. Si je n'avais pas perdu mon sang-froid -haha,hilarant- j'aurai fait un garrot autour de ma jambe, pour finalement appeler Alaric. Mais j'étais tétanisée par cette sensation de froid grandissant. »
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:21



Nous crions autant que nous étions calmes. Nous étions vraiment bizarres, la rencontre l’était tout autant. Cela me faisait mal d’évoquer l’absence de mes proches. Je devais vivre avec et eux également. C’était difficile de vivre avec leur absence. Je pense que pour eux aussi, cela n’était pas facile à gérer. Mais ce qui m’énervait le plus, c’était que je ne pouvais avoir aucun contact avec eux. Que ce soit visuel ou téléphonique, c’était absolument impensable. J’étais comme prisonnière. « N'oublie pas qui ils sont... C'est ta famille. Tes proches. Ils attendaient après toi. Pas après les vingt-neufs autres. » C’était vrai. Ils m’attendaient. Mais que pouvaient-ils penser sur mon cas ? Ils avaient vécu avec moi, mais seulement à travers la télévision. Je ne savais toujours pas ce qu’ils pensaient de moi. Je mourrai d’envie de savoir. Qu’ils me détestaient ou pas, je ne connaissais pas leurs avis. Je m’étais réellement transformée dans l’arène. J’avais tué des gens, bien que cela fût obligatoire pour ma survie. Mais jamais, jamais j’aurai imaginé faire cela avec plaisir ou … juste par envie. J’avais vu les images des Jeux, je m’étais vue, j’avais vu ce que je représentais et ce que je montrais. Ce n’était pas moi. Ce n’était pas moi, c’était quelqu’un d’autre qui avait pris possession de mon corps. Mais le comprendraient-ils ? Je n’en suis pas sûre. Absolument pas. Les seules personnes qui auraient pu me comprendre étaient mortes aux Jeux. Nos meurtres. Ils étaient d’ailleurs arrivés dans la conversation. On parlait de Jane, de Finley. Des gens qu’on détestait, bien qu’ils étaient humains. « Ca change rien. Non, rien du tout. Elle était peut-être qu'une sale carrière, elle m'avait peut-être provoqué, mais elle était humaine. » Comme nous tous. Nous étions tous humains, mais cela n’empêchait pas que certains s’acharnaient plus sur d’autres. Je pouvais comprendre Kathleen. Je pouvais comprendre la haine qu’elle ressentait envers Jane. Si quelqu’un avait craché sur la mémoire d’Elizabeth, j’aurai réagi exactement pareil. « Si tu avais vu son regard quand je... Je l'ai achevée... Je me suis acharnée sur elle, jusqu'à ce que je sois certaine que... Qu'on ne pourrait même plus la reconnaître. Même elle méritait pas ça... Pourtant... J'arrive pas à regretter ce que j'ai fais. Ni pour elle, ni pour l'autre. C'était eux ou moi, et j'ai préféré que ça soit eux. Ca m'empêche pas de dormir la nuit, et pourtant je sais que c'est mal. Je pense à leurs familles. J'essaye d'imaginer leur douleur, j'essaye de me dire que les jeux ont fait ça. Non. Je l'ai fait. Et je m'en veux même pas. » Je n’avais pas coupé la parole de la jeune femme, je l’avais laissée finir. « Peut-être qu’elle était humaine, mais ce n’était qu’une apparence. J’aurai réagi comme toi si elle avait craché sur la mémoire de ma sœur. C’était une réaction humaine. Elle était horrible. Que ce soit dans ses paroles ou dans ses actes. Tu crois que sa famille n’est pas comme elle ? Ils ont engendrés … ça. Il y a bien quelque chose qui cloche. Elle vient d’un district de carrière. C’est ainsi qu’ils agissent. Elle aurait probablement réagi de la même manière que toi si elle était parvenue à prendre le dessus. Sauf qu’en plus de te briser physiquement, elle t’aurait brisée psychologiquement. » Je savais que Kathleen n’était pas comparable à Jane. Elle ne pouvait pas déclarer des paroles ainsi. D’accord, elle avait tué Jane, mais… je comprenais. « Regarde moi dans les yeux et dis moi que tu ne regrette pas d'avoir tué Finley. Ou Zoé. Ou les autres. Dis le moi, et alors seulement je verrai si je te considère comme ce monstre que tu prétends être. » Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas car j’allais donner raison à Catalina. Je marquai une pause durant laquelle je fuyais le regard de Kathleen. Finalement, je pris une grande inspiration. « Je .. Je ne regrette pas d’avoir tué Finley. » Je marquai une nouvelle pause. « Enfin. Je ne regrette pas d'avoir tué Finley. Je regrette simplement la façon dont je me suis acharné sur lui. J'ai agi comme toi. J'ai défiguré Finley, on ne pouvait même plus le reconnaitre. Je m'en veux. Et le pire, c'est que si je me suis autant acharnée sur lui, c'était simplement parce que j'imaginais me retrouver face à Skyler. Ce type m'a ... Il s'est acharné sur moi. Il a eu ses paroles horribles, il m'a battue jusqu'à ce que le moindre vaisseau sanguin de mon visage éclate. Et j'ai imaginé que c'était lui à la place de Finley. Et en pensant ainsi, je ne regrette pas. Et quand j'imagine que c'était bel et bien Finley, je regrette simplement les coups que je lui ai infligés. Pas les coups de poignards dans son coeur, pas son meurtre. Ça, je ne regrette pas. » Des sanglots étaient à nouveau en train de me monter à la gorge. « Quant à Zoé... Je sais pas où j'en suis. Je regrette parce qu'elle était mon alliée, mais je ne regrette pas parce que je devais faire cela pour survivre. Et les autres... J'ai tué deux gosses de quatorze ans maximum. J'ai regretté Kirsen, uniquement parce que je lui ai infligé trois coups de couteaux supplémentaires pour qu'elle s'éloigne. Et l'autre gamin... Je l'ai tué pour assurer le spectacle. Et j'ai appris son prénom, pourtant je n'arrive jamais à m'en souvenir. Parce que j'y pense jamais. Parce que cela ne m'a pas marqué. Parce que je ne le regrette pas. J'ai poussé ton co-tribut vers une amazone pour sauver ma peau. Et je le regrette pas. J'ai piqué les flèches d'Ever alors qu'elle se faisait défigurée par une créature. Et je ne le regrette pas. Parce que c'était de la survie. » J'avais des remords. Mais pas pour les bonnes raisons. Pas pour les meurtres commis, mais pour la façon dont ils avaient été commis. J'avais blagué sur le fait qu'elle ait mordu Jane. Ultime tentative de détendre l'atmosphère. « J'ai goûté. C'est pas tellement ce que je préfère pour être tout à fait honnête. » J'esquissai un sourire, forcé.

Je devais changer de sujet. Je faisais que cela quand je commençais à me sentir mal à l’aise. J’en avais besoin, j’en avais vraiment besoin dès que je savais que la situation m’échappait. Voilà pourquoi je m’étais retrouvée à lui parler de ses prises. « Un petit lapin hier. Rien aujourd'hui. Mais j'aurai eu ce daim si j'étais pas tombée sur toi. » Oh désolé, j’ai gâché ta partie de chasse. « Oh et bien j’en suis désolée. Je t’en envoie du Capitole si tu veux, que ta petite escapade ne soit pas inutile ? » Je soupirai en levant les yeux au ciel. Ma réponse était stupide. Oops. Comme si j’avais simplement fait tomber un vase, ou bousculer la jeune femme sans faire exprès. Alors qu’en réalité, j’avais tiré un carreau dans son genou. Ce n’était pas qu’un petit accident sans conséquence. Mais c’est vrai, cela m’avait fait du bien. « Merci de me concéder ça. Au moins j'aurai pas pris ce truc dans la jambe pour rien. » Je m’en voulais, je m’en voulais d’avoir été aussi loin que je ne savais quoi répondre. J’avais changé de sujet en remerciant la jeune femme de m’avoir écouté. « Je croyais que tu voulais pas que je sois ta psy ? » C’était vrai. Je prenais cela comme une réflexion négative, mais je n’en avais rien à faire. Cela m’avait tellement soulagée, qu’elle pouvait bien m’engueuler si cela lui chantait. « Je te paies la facture de tes honoraires, si tu veux. » dis-je avec un léger sourire.

Je détestais le district treize, et seulement parce que je n'y étais pas. J'aurai voulu être à leur place. Mais c'était trop tard désormais. L'idée m'effleurait l'esprit, me séduisait et essayait de m'attirer, mais je ne pouvais pas. Les conséquences seraient désastreuses si je restais avec Kathleen. Et puis, qu'est-ce qui me faisait croire qu'une fois là-bas, je ne serais pas détestée ? Je pouvais déjà mettre Catalina en tête de liste. Rien qu'à cette idée, c'était une raison de plus pour refuser l'invitation. C'était la première fois que j'avais évoqué la mort de Winnileen ainsi que la disparition de Seren. C'était bizarre. Pendant quatre mois, j'avais comme s'il ne s'était rien passé. Je savais que je n'avais pas le droit d'émettre le moindre doute quant à cette disparition et cette mort suspecte. Je savais que le Capitole était responsable, je devais donc garder mes avis pour moi. Car ... j'étais une Capitoliste désormais, que je le veuille ou non. « Je savais pas tout ça... Je suis désolée. » Je lui adressai un simple sourire. Personne ne le savait au Capitole, comment pouvait-elle le savoir au district treize ? « Mon... Mon meilleur ami aussi... C'était mon mentor. C'est vraiment pas de chance pas vrai ? On s'est pas adressé la parole pendant quatre ans lui et moi... Et il a fallu que je sois choisie pour qu'on se reparle... Pour la dernière fois sûrement. » À croire que c'était voulu et que c'était fait exprès de la part du Capitole. Frère et soeur, amoureux, meilleurs amis, la plupart des tributs tirés au sort avaient un lien relativement fort. « À croire que c'est le schéma classique du Capitole, je veux dire les liens entre tributs et mentors. Je suis désolée pour ton ami. J'espère que tu pourras le revoir tôt ou tard. » J'étais sincère. J'espérai vraiment qu'elle puisse être réunie avec lui. Que ce soit dans un mois ou dans un an. « Quand tu les retrouveras... Prends soin d'eux surtout. Fais en sorte de jamais les perdre. C'est la seule chose qui compte. » Comme si j'avais beaucoup de personnes dans mon entourage. Cela se résumait à Avery, Ezea, Amanda et Kamaria. C'était bien les seules personnes qui devaient attendre mon retour. « Je te le promets. » dis-je en baissant légèrement la tête. Je te le promets. Si une fois je peux les revoir. Si on me laisse rentrer chez moi. « Si tu venais avec nous, tu pourrai le revoir tu sais. Loukas. C'était qui pour toi ? Ton copain ? » Oui, je savais que si je venais avec elle je pourrais certainement le revoir. Mais je ne pouvais pas prendre le risque. Si le Capitole apprenait mon escapade vers le treize, comment réagirait-il ? Je ne voulais pas mettre mon frère en danger, ni les jeunes Kamaria et Amanda. Sa réflexion me décrocha un sourire, et sans m'en rendre compte, mes joues avaient pris une teinte rosée. « Non ! C'était mon meilleur ami. Enfin c'est mon meilleur ami. » Non, ce n'était pas mon petit copain, même si l'idée me déplaisait pas. J'avais failli l'embrasser avant son départ pour l'arène, et c'était quelque chose que j'avais toujours regretté, de ne pas être allée plus loin et de ne pas avoir osé.

Je l’avais détestée. J’avais laissé ma haine exploser, quitter mon corps, prendre le dessus sur ma raison. Je m’étais laissée allée. Et bordel qu’est-ce que ça faisait du bien. J’avais ouvert mon cœur, je m’étais laissée allée, j’avais libérés ma colère, j’avais enfin réussi à parler, quatre mois après. Je lui avais hurlé dessus, et voilà que nous nous retrouvions à plaisanter, à parler comme deux vieilles amies. Plus bizarre comme rencontre, il n'y avait pas. J'étais passée par toutes les émotions. Tristesse, joie, colère, haine, sarcasme, bonheur, et j'en passe. J'étais une palette complète d'émotions que les êtres humains pouvaient avoir. On parlait de meurtre, des Jeux, et voilà que nous étions arrivés à discuter de nos prénoms et de nos couleurs de cheveux. On avait l'air folles. Mais des folles saines, et c'était agréable de réagir ainsi pour quelques minutes. Et on avait évoqué Zoé, sans évoqué le fait que c'était moi qui lui avais ôté la vie, que c'était à cause de moi qu'elle n'avait pas gagné. « Je devrai essayer de voir Zoé. Si j'arrive à rentrer un jour. » Elle ne l'avait pas encore vue ? C'était dommage. J'aurai bien aimé savoir si Zoé me détestait à vouloir ma mort, ou si elle me détestait et ne souhaitait simplement plus me voir. Je ne le saurai pas aujourd'hui. S'il y avait une personne de cette édition des Jeux que je souhaitai revoir, c'était bien elle. Pour m'excuser et pour connaître son ressentiment. « Rousse ? Un peu trop flashy à mon goût. » À mon tour, je laissai échapper un rire. Il est vrai qu'imaginer Kathleen rousse était assez drôle. Comme l'imaginer blonde. Ça j'étais sûre que ça ne lui irait absolument pas. « Vert, alors ? » Dis-je en laissant à nouveau échapper un rire. Ainsi parties, nous allions finir pas citer toutes les couleurs que les citoyens du Capitole pouvaient affubler à leurs cheveux. « M'en veux pas mais... Je suis contente de t'avoir crié dessus. » Je lui en voulais pas. Elle avait toutes ses raisons, en réalité. Et si cela avait pu lui faire du bien, je n'allais pas lui en vouloir. Pour ma part, ça m'avait libérée. J'osais espérer que ce soit de même pour elle. « Ravi d'avoir pu servir à quelque chose. » dis-je en esquissant un sourire.

Ces quelques instants étaient tellement agréables que j’en avais presque oublié la blessure que j’avais infligée à Kathleen. Et merde ! À ce moment précis, j’étais tellement contente de retrouver Kathleen, que j’en avais oublié que quelques minutes auparavant, je lui avais balancé toutes ses horreurs à la tronche, et que je l’avais haïe comme jamais je n’avais haïe quelqu’un. Plus lunatique que moi, cela n’existait pas. En un battement de paupières, j’avais changé d’avis. Et voilà que je t’apprécie, et voilà que je te déteste. Et voilà que j’ai envie de te prendre dans mes bras, et voilà que je te tire dessus. Kathleen devait officiellement me prendre pour une folle. Mais là n’était pas la question. Elle allait mal. J’avais perforé l’artère fémorale. Merde ! Je ne savais pas viser avec cette foutue arbalète, pourquoi l’avais –je prise ? Pourquoi avais-je réussi à atteindre quelque chose ? Je suis tellement nul pour viser pourtant. C’était bien ma veine. Si seulement cela aurait pu me servir dans l’arène. Je m’étais précipitée sur la jeune femme, l’a secouant de toutes mes forces. Elle ne pouvait pas mourir. Pas ainsi. Pas alors que c’est de ma faute, que c’est moi qui l’ai blessée mortellement. Je ne pourrais jamais le pardonner. Kathleen attrapait mon bras, un geste qui me fit sursauter. Je pouvais déceler la panique dans sa voix, dans son regard, dans ses gestes. Je savais à quoi elle pensait. Je savais très bien où elle s’imaginait être. L’arène. Et tout cela à cause de moi. Merde, merde ! « Ca... Ca recommence... » Elle ne faisait que confirmer mon instinct. Et voilà qu’à cause de moi, elle s’imaginait revivre ce foutu cauchemar qu’est l’arène. Dieu sait à quel point je me détestais à ce moment-là. « Non, non ce n’est pas le cas. » Je passai ma main affectueusement sur son front. Je ne savais pas comment réagir dans des moments pareils. Mais c’était ainsi que je m’étais comportée avec Zoé lors de son dernier soupir. J’effectuai simplement les mêmes gestes, comme un robot. « Reste... Reste avec moi. Me... Me laisse pas seule... J't'en pries... » Kathleen resserra sa prise autour de mon bras, marquant au passage mes bras à l’aide de ses ongles. Je continuai de la secouer, je devais à tout prix évité qu’elle s’endorme. « Non, je reste avec toi. Ne t’inquiète pas, je suis là. » Je voulais également lui dire que tout allait bien se passer, qu’elle s’en sortirait. Mais je savais que cela ne serait pas le cas. Je n’étais pas préparée à ce genre de situations. Je ne savais pas comment réagir. J’observai le visage de la jeune femme, une larme roulait le long de ses yeux avant de se glisser sur sa tempe. J’observai les moindres détails, elle avait toujours son oreillette. Son visage n’était pas blessé, on ne voyait que les larmes. L’oreillette ! L’oreillette, bien-sûr ! Elle faisait une partie de chasse, elle était avec quelqu’un. Le district treize n'aurait jamais laissé un ancien tribut sortir tout seul. Quelqu'un devait être à l'autre bout. Elle ne pouvait pas être seule. Dans un mouvement de panique, je saisis son oreillette brusquement, ne m'occupant pas de lui tordre l'oreille. Je voulais simplement prendre contact avec cette personne, cette personne qui était son garde. Je tremblai sous la panique, je ne pouvais pas perdre Kathleen, pas ici, pas comme ça. J'appuyai sur le bouton, que je supposai allumer l'appareil. « Il y a quelqu'un ? Répondez ! » J'hurlai presque, mais aucune voix ne se fit entendre. « Bordel, répondez ! » J'attendais toujours d'entendre le moindre son. Et soudain, une voix. Une voix masculine qui répondait. Je n'écoutais pas ce qu'elle disait, j'en avais rien à foutre, et je l'a coupais avant même qu'elle finisse sa phrase. « Je suis avec Kathleen, elle est blessée, je sais pas où je suis. » Bordel, je ne connaissais absolument pas cette foutue forêt du treize. La voix murmura un truc comme ''j'arrive'' ou ''je suis en route''. Le contact fut coupé, il était donc évident que l'inconnu allait se mettre à la recherche de Kate. Elle devait ne pas être bien éloignée de leur campement ou je ne sais quoi. Je pris la main de Kathleen dans la mienne, pressant légèrement ses doigts. « C'est bon, c'est bon, quelqu'un arrive. Reste avec moi. Reste avec moi, je t'en supplie. Je suis désolée Kathleen, je suis désolée. » Tout cela était ma faute, sous prétexte que je n'arrivais pas à calmer mes excès de violence. Et voilà qu'à cause de cela, j'allais tuer mon alliée, mon amie.
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MessageSujet: Re: are we missing what it is to be alive ? ▬ ALEX&KATE   Ven 4 Mai - 12:22


✘ Alexiane & Kathleen ▬ And one by one the pieces fall again.




« Comme elle devait me haïr. Me détester de refaire surface comme ça, me détester de la confronter à la réalité, me maudire de ne pas être morte. Bref, elle ne devait pas être spécialement enchantée de mon retour dans sa nouvelle vie. Surtout qu'elle ne pourrait probablement pas faire comme si de rien était suite à notre rencontre. Pour ma part, il serait plus facile d'entretenir le secret, mais jusqu'à un certain point tout de même. Elle, elle devrait voir les familles des tributs que j'avais évoqué, les laisser croire qu'ils étaient toujours morts, et faire comme si elle était désolée pour eux. J'aurai dû fuir dans la forêt. Fuir et ne jamais me retourner. « Peut-être qu’elle était humaine, mais ce n’était qu’une apparence. J’aurai réagi comme toi si elle avait craché sur la mémoire de ma sœur. C’était une réaction humaine. [...] Elle aurait probablement réagi de la même manière que toi si elle était parvenue à prendre le dessus. Sauf qu’en plus de te briser physiquement, elle t’aurait brisée psychologiquement. » sa famille... J'en savais rien. Si ça se trouvait, ils n'étaient au courant. Si ça se trouvait, elle était devenue une carrière par elle même. Après tout, j'avais dû réviser mon jugement sur ce district deux, après avoir croisé un certain Logan. D'ailleurs il la connaissait cette fille, Jane. Il me semblait qu'il ne l'aimait pas trop. Enfin, pour ma part, il m'avait suffit de cinq minutes pour la haïr. Je ricanais. « Elle a quand même réussi. Enfin, elle et le reste... Dans mon dossier médical, c'est marqué que j'suis instable. Par moments. » au final c'était sûrement elle qui avait gagné. Elle était peut-être morte, mais moi j'étais folle, et mon esprit n'était plus qu'un vaste chantier en ruines. Si je devais payer mes consultations chez la psy, je n'aurai même pas assez d'une vie pour le faire. Mais ce que je lui avais fait, je ne le regrettais toujours pas.

« Je .. Je ne regrette pas d’avoir tué Finley. » mon sang se figea dans mes veines. Pitié ne dis pas ça. « Enfin. Je ne regrette pas d'avoir tué Finley. Je regrette simplement la façon dont je me suis acharné sur lui. J'ai agi comme toi. J'ai défiguré Finley, on ne pouvait même plus le reconnaitre. Je m'en veux. [...] Et quand j'imagine que c'était bel et bien Finley, je regrette simplement les coups que je lui ai infligés. Pas les coups de poignards dans son coeur, pas son meurtre. Ça, je ne regrette pas. » je lâchais un soupir de soulagement. J'avais vraiment cru qu'elle ne regrettais pas ses gestes. Je n'aurai pas su quoi penser dans ces cas là... Mais elle avait avoué. « Je m'en veux » qu'elle avait dit. C'était suffisant pour moi. « C'est ce qui fait que tu es toujours humaine. Tu regrette le surplus. Pas ce que tu avais à faire pour survivre. Ca me suffit. » je lui accordais un sourire discret. Elle regrettait ce qu'elle avait fait en trop, ce qui aurait pu être évité, mais pas les meurtres. En même temps, c'était ça... Les Hunger Games. Tuer pour survivre. Et elle avait survécu. « Quant à Zoé... Je sais pas où j'en suis. Je regrette parce qu'elle était mon alliée, mais je ne regrette pas parce que je devais faire cela pour survivre. Et les autres... J'ai tué deux gosses de quatorze ans maximum. [...] Et je ne le regrette pas. Parce que c'était de la survie. » Zoé. Je ne savais même pas ce qu'elle pouvait penser de tout ça. Si seulement j'avais pu lui parler depuis tout ce temps. J'aurai peut-être pu rassurer Alexiane sur l'éventuel fait que la blondinette du quatre ne lui en voulait pas, qu'elle se portait bien, mais... Mais on m'avait toujours interdit de la voir. En général, ça n'était jamais bon signe. « Et tu n'as pas à regretter car tu as survécu. Rory est allé aussi loin ? Sa famille doit être fière de lui. Au moins, ses frères et sœurs savent qu'il a donné tout ce qu'il avait, qu'il s'est battu jusqu'au bout. Oui ils doivent vraiment être fiers de lui. » au fond de moi, je savais que j'aurai culpabilisé si j'avais été à sa place. Finalement, je ne savais plus vraiment qui était la plus mal lotie entre nous deux.

Pauvre de moi, j'allais revenir bredouille sans aucun gibier. Et j'allais me faire engueuler par dessus le marché. « Oh et bien j’en suis désolée. Je t’en envoie du Capitole si tu veux, que ta petite escapade ne soit pas inutile ? » je levais les yeux au ciel. Tout avait si vite dégénéré. Je ne savais même plus comment on en était arrivées là. « Je te paies la facture de tes honoraires, si tu veux. » je ricanais. Je risquais de faire fortune si je faisais payer tout le monde. Sans rire. « J'te préviens de suite, c'est pas donné. Tu connais ma nouvelle adresse maintenant, tu sais où envoyer mon chèque. » dis-je en haussant les sourcils. Bon, si elle payait vraiment, c'était pas comme si j'allais avoir besoin de son argent. Plus maintenant en tout cas. « À croire que c'est le schéma classique du Capitole, je veux dire les liens entre tributs et mentors. Je suis désolée pour ton ami. J'espère que tu pourras le revoir tôt ou tard. » ouais. Trop souvent de coïncidences de ce genre à mon goût. Trop souvent des proches de vainqueurs qui participaient. Ca faisait monter les enchères. Mais passons. « Ca m'étonnerai. Après aujourd'hui, je vais certainement être enchaînée à l'infirmerie, on va me remettre la camisole et j'aurai plus le droit de sortir. Et puis... Il vivra mieux sans moi de toute manière. »

« Je te le promets. » je lui adressais un sourire rassuré. On a qu'une famille. Autant faire le maximum pour les protéger. Si seulement je pouvais faire plus pour les aider, elle et ses proches. Mais c'était pas une pauvre fille comme moi qui pourrait changer quoi que ce soit à la situation de Panem. J'étais tellement insignifiante en ce bas monde. La preuve, on avait bien réussi à me tuer dans l'arène. « Non ! C'était mon meilleur ami. Enfin c'est mon meilleur ami. » je ne dis rien à ce propos, me contentant d'un sourire entendu. S'ils étaient meilleurs amis comme Nolan et moi, ça devait être assez comique. Mais j'espérais pour eux deux qu'ils puissent se retrouver. « Vert, alors ? » je levais un sourcil, en prenant un air un peu écoeuré. Pitié non. Rouge encore à la limite, mais vert. Beuh. « Eurk non. » fis-je en retroussant les lèvres. Ah non, vraiment pas vert. Définitivement pas. Surtout pas. « Ravi d'avoir pu servir à quelque chose. » elle souriait. Au moins ne m'en voulait-elle pas pour ça. « Au treize j'ai beau leur crier dessus, ça ne m'aide pas pour autant... » plaisantais-je alors. Je criais beaucoup là-bas, c'était vrai. Surtout sur les médecins. Mais ils semblaient en avoir rien à faire de mes cris. C'était frustrant.

On aurait pu continuer à plaisanter de la sorte encore longtemps si seulement il n'y avait pas eu cette foutue blessure dans l'équation. Ma situation avait empiré au fil des minutes, sans que je ne laisse rien transparaître. Enfin, il y avait bien un moment où j'allais céder. On ne pouvait pas perdre de sang sans en payer le prix. Je m'accrochais à elle comme à une bouée de sauvetage, comme à la dernière chose qui me retenait à la vie. « Non, je reste avec toi. Ne t’inquiète pas, je suis là. » j'acquiesçais en essayant de rester consciente. Tu n'es pas dans l'arène, c'est terminé tout ça, tu vas pas crever. Pas encore une fois. me murmurait la petite voix dans ma tête. Pour une fois que j'étais contente de l'entendre celle là. Au moins, je pouvais me focaliser sur elle. Je n'avais même pas tilté tout de suite qu'Alexiane avait prit mon oreillette. Ce n'est qu'au son de sa voix que je réalisais. « Il y a quelqu'un ? Répondez ! » Alaric. Elle essayait de contacter Alaric. Oui, bonne idée, il saurait quoi faire. « Bordel, répondez ! » je l'écoutais d'une oreille distraite, trop concentrée sur le fait de ne pas me laisser aller. Pitié, qu'Alaric réponde rapidement. « Je suis avec Kathleen, elle est blessée, je sais pas où je suis. » encore une fois, je n'entendis que des grésillements lointains, mais je devinais qu'Alaric ne devait pas être des plus ravis d'entendre un truc pareil. Il ne devait pas être fort loin, enfin, j'espérais. J'essayais de me calmer, et la première chose à faire, était de contrôler ma respiration. Et si je la calquais sur celle de mon amie ? Ça m'aiderait peut-être ? « C'est bon, c'est bon, quelqu'un arrive. Reste avec moi. Reste avec moi, je t'en supplie. Je suis désolée Kathleen, je suis désolée. » j'aurai voulu lui répondre que c'était pas grave, que je ne lui en voulait pas, mais les mots restaient coincés dans ma gorge. J'avais l'impression de suffoquer. « Bordel mais c'est pas vrai ! Ils vont me tuer ! Il s'est passé quoi ?! » sa voix m'avait fait sursauter. Il avait la sale habitude de débarquer comme ça, en sortant de nulle part, et sans prévenir. C'était d'ailleurs assez agaçant comme truc. Mais bon, pour cette fois, je ne pouvais pas le blâmer. « Pousse-toi de là ! » aboya-t-il à l'adresse d'Alexiane en s'affalant à côté de moi. Je le sentais s'affairer autour de ma jambe, et je ne pu réprimer un grognement lorsqu'il serra un tissu juste au dessus de mon genou, puis un autre au niveau de ma blessure. Il n'y allait pas de main morte le bougre. Je regardais un peu partout autour de moi, cherchant quelque moyen que ce soit pour ne pas m'endormir. Soudain, ce fut son visage qui apparut dans mon champs de vision. Il avait les sourcils froncés, et paraissait contrarié. « Hé Harper ! J'te préviens que si tu flanche maintenant, t'as de nouveau le droit au traitement juste pour que je puisse te tuer de mes propres mains ! »dit-il en prenant son air autoritaire. Ca ne lui allait définitivement pas les sourcils froncés. Je roulais des yeux. « Tu comprends ?! »demanda-t-il en me collant une baffe qui me sorti de ma torpeur. Je secouais la tête. « La ferme. »grognais-je en essayant de ne pas m'endormir. L'hémorragie était stoppée, mais je ne voulais pas connaître la quantité de sang que j'avais perdu. Il se retourna vers la gagnante des Jeux, la toisant quelques instants. « Et toi... »souffla-t-il à son adresse. « J'te préviens, t'as pas intérêt à dire quoi que ce soit à propos de ce que t'as vu ! Sinon j'te jure que je te retrouve et que tu vas passer un sale quart d'heure. Capiche blondie ? »il avait dit ça le plus sérieusement du monde, sur un ton qui aurait convaincu n'importe qui. Sans attendre de réponse de sa part, il se releva et posa son sac à dos par terre. Sans grand ménagement, il m'attrapa par le bras, me redressa et me passa son sac pour que je le mette. J'étais un peu dans les vaps, et mes mouvements étaient presque aussi peu coordonnés que ceux d'un enfant de deux ans. Il me fallu bien une bonne minute pour réussir. Après quoi, il me fit grimper sur son dos, semblant oublier que j'étais à moitié amorphe. « Aïeuh ! Doucement espèce de brute ! » maugréais-je en le laissant faire. Il jeta un dernier regard glacial à Alexiane tandis qu'il ramassait l'arbalète à ses pieds. Et sans un mot, il commença à s'éloigner. D'ici quelques heures nous serions de retour à la maison. »

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