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 Tell me would you kill, to save a life? — Kathleen & Nolan

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ash'
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MessageSujet: Tell me would you kill, to save a life? — Kathleen & Nolan   Ven 4 Mai - 12:34



❝DO YOU REALLY LOVE ME DEAD OR ALIVE?❞

    « Ne vous inquiétez pas… le pire est passé. Ses organes vitaux n’ont pas été touchés, elle devrait se réveiller d’ici une heure ou deux. »
    Je jette un coup d’œil mauvais à l’infirmière. Elle est aussi pâle que sa blouse d’opération, couverte par ci et là de petites taches de sang. Celui de Kathleen, je le sais.
    Je n’ai pas assisté au massacre, j’étais encore en route en compagnie de Kiran et de mon Blackbeard. Nous sommes arrivés vers la fin de l’attaque chimique, et j’ai eu l’agréable surprise de croiser mon ancien mentor, devenu entre temps pacificateur. Il jouissait de son pouvoir. Écœurant, comme tous les autres. Kathleen se mit à soupirer dans son sommeil, ses yeux clos tranchaient avec sa mine soucieuse. Même endormie, elle parvenait encore à rouspéter. Cette pensée me fit sourire discrètement. Quand j’ai vu le message de Coin à la télévision, annonçant que le Treize était toujours bel et bien vivant et que certains tributs avaient été sauvés de l’arène, je me suis rué chez moi, j’ai préparé un sac de survie, attrapé mon -enfin, notre- chien et me suis mis en marche vers le fameux district. J’ai toujours su inconsciemment que Kath était en vie. Je le sentais au plus profond de mon âme, elle était quelque part, à m’attendre. Cette fois il ne m’était pas permis d’échouer, il fallait que je la retrouve, quitte à y laisser ma vie, et que je la sauve. Je pense que le pire dans les Jeux, et croyez le ou non j’en ai fais les frais à plusieurs reprises, ce n’est pas la mort… mais c’est de VOIR la mort. J’ai vu tellement de personnes mourir… j’ai vu Kath mourir. Je l’ai vu tomber, ses yeux se vidant peu à peu de leur lueur habituelle et son sang se répandre sur le sol. J’ai moi-même tuer, je sais très bien ce qu’on peut ressentir à ce moment, mais également la douleur qui nous suit partout par la suite, comme une vieille amie qui ne vous lâche pas. Vous revoyez leurs yeux implorants, vous entendez leurs cris, les pleurs de leurs familles… Et vous n’oubliez jamais. Jamais. Je n’ai plus jamais été le même après les Jeux. Malgré les cadeaux et les voyages, votre enfance n’est pas remboursable. Une partie de moi s’est envolée le jour où j’ai été nommé vainqueur des soixante-et-onzième Hunger Games ; une partie de mon humanité est morte avec tous ceux que j’ai laissés derrière moi dans l’arène. Pourtant, j’aimais la vie, j’aimais me lever le matin et retrouver tous les gens que j’aimais… mais après mon retour, je n’ai même plus eu le courage de me montrer à la lumière du soleil. Kathleen est venue de nombreuses fois me réclamer. Elle était tellement heureuse de me revoir vivant, de ne pas avoir à enterrer ma dépouille aux côtés de ceux qui ont péris avant moi. Mais vivre avec ces images d’horreur et ses souvenirs vous rongeant jusqu’à la moelle… cela est bien pire que la mort, croyez-moi. Je ne voulais plus la voir, plus jamais. Ni n’importe qui d’autre.
    Puis ce fut au tour de Jeremiah de partir aux Jeux. En tant que mentor, j’ai eu l’occasion de partager ses derniers instants, de lui donner mes derniers conseils de survie… Mais rien n’y a fait. Je les ai tous perdus, les uns après les autres. Ils n’osaient même plus me regarder avant de partir à l’entrainement. J’étais une loque, un déchet humain qu’ils se trimballaient comme mentor. J’avais honte. Comme je m’y attendais, Kath ne me pardonna pas la mort de Jer. Elle avait bien raison d’ailleurs… j’ai été le pire des incapables, j’aurais pu jouer de tous mes charmes pour lui dégoter des sponsors en béton, mais rien. Non. Je l’ai juste vu mourir. Un de plus. Mon déclic eut lieu le jour où Kath fut tirée au sort pour les Jeux. Elle avait 18 ans, se retrouvait orpheline de toute famille, ayant vu son petit frère mourir dans l’arène quelques années plus tôt… Mais le sort ne lui fut pas favorable. J’ai essayé par tous les moyens de me rapprocher d’elle et de rattraper mes quatre années de silence et de froideur. Elle n’était pas facile à amadouer au début… Je me souviens du nombre incalculable de fois où elle m’a claqué la porte en nez, prétextant qu’elle avait d’autres choses à faire, et que de me parler était la dernière chose qu’elle voulait. Il ne lui restait que deux semaines avant d’entrer dans cette foutue arène. Je devais lui parler, lui dire tout ce que j’avais fait, lui confier mes peurs, mes cauchemars et mes doutes. Je la prenais à part pendant les entrainements, je lui souriais pendant les repas, déployait d’innombrables stratagèmes pour me retrouver seul avec elle dans une pièce ou pour avoir un contact physique. Je brulais d’impatience de la prendre à nouveau dans mes bras. J’avais l’impression de revivre, d’oublier tout le mal que j’avais pu faire auparavant… elle était mon remède, ma raison de continuer à me battre. Peut-être le savais-je déjà à l’époque… Mais j’avais sûrement trop peur de la perdre elle aussi, et de devoir la voir souffrir. Maintenant qu’elle était à deux doigts de se jeter dans une fosse avec une vingtaine d’autres jeunes prêts à tout pour survivre, il fallait que je lui dise. La veille de son départ pour l’arène, je me suis arrêté devant sa chambre. Je n’arrivais pas à dormir. J’avais confiance en elle, plus qu’en n’importe qui d’autre ; elle savait parfaitement bien chasser, elle était coriace et maligne, rien à voir avec une petite minette sans défense. Elle était également très forte de caractère, et prête à tout pour venger la mémoire de son frère et de son père, mort torturé par des pacificateurs. Seulement voilà, je ne voulais pas l’admettre, je ne voulais pas réaliser ce qui était sur le point de se passer. Je voulais que tout rentre dans l’ordre, que nous repartions pour le Neuf le lendemain matin et que toute cette histoire de tirage au sort ne fût qu’une vieille et mauvaise blague entre nous. Balivernes.

    J’ai donc toqué plusieurs fois à sa porte, quand finalement elle est venue m’ouvrir. Je voyais parfaitement que ma petite visite nocturne la surprenait mais ses mains tremblaient et ses yeux étaient rougis par les larmes. Je suis entré et je l’ai prise dans mes bras. Je l’ai serré comme si ma vie en dépendait, comme si cette étreinte durerait pour toujours. « Je… je ne veux pas te voir mourir. Je t’aime Kathleen. » je lui ai dis. Je n’ai même pas entendu sa réponse, j’étais plongé dans ses yeux, dans cette lumière qui m’appelait et me faisait vibrer. Nos lèvres se sont jointes immédiatement après, mes mains rudes et sèches cherchant la douceur de son corps, la chaleur de ses hanches dont je rêvais depuis toujours. Je l’embrassais à pleine bouche, je la dévorais toute entière, car elle était mienne et le resterait jusqu’à la fin de ce monde sans avenir. Elle m’a arraché mon t-shirt, je l’ai aidé à faire de même et alors que toute la joyeuse petite équipe de préparation dormait à poings fermés, je l’ai prise, à même le sol, la couvrant de tous les baisers et caresses que je retenais depuis tout ce temps. Nous nous sommes unis pour toujours, concrétisant notre amour qui était notre seul salut à tous les deux. Mon cœur battait à tout rompre et je n’osais pas penser que demain, demain était peut-être le dernier jour de l’amour de ma vie. De notre vie. Nous sommes restés entremêlés l’un à l’autre jusqu’à l’aube, puis, je me suis rhabillé et je l’ai embrassé une dernière fois ; d’un baiser triste et amer, avant de regagner ma chambre. Quelques jours plus tard, elle était morte. Et moi avec.

    Maintenant que j’étais face à ce lit d’hôpital, à cette jeune fille torturée qui ne ressemblait guère à la belle créature brune que j’avais laissé entrer dans l’arène à contrecœur, je me demandais bien ce qui allait se passer. Que pouvais-je lui dire ? Que je suis désolé ? Elle n’en ai pas morte pour autant… Et la connaissant, elle ne se gênerait pas pour me dire de me foutre mes excuse bien profond, mourante ou non. Je ne pouvais m’empêcher de ressentir un bonheur incontrôlable en la regardant. Des centaines de milliers de gens avaient vu leurs proches mourir au combat ou pendant les Hunger Games. Ils avaient du faire face au deuil, apprendre à vivre à travers leurs morts… Mais Kath était toujours vivante. Elle était étendue, endormie face à moi. Par deux fois le destin avait essayé de me la prendre à tout jamais, et par deux fois notre amour avait été plus fort que la mort. Nous étions à nouveau réunis, pour le meilleur… et pour le pire. Il y avait de nombreux à régler, j’en étais parfaitement conscient, et c’était le moment ou jamais. Je voulais juste savourer sa présence encore une fois. Savoir qu’elle était là, en chair et en os.
    Je me suis avancé jusqu’au lit et j’ai attrapé sa main. Elle était agréablement douce et tiède, comme si l’attaque chimique et ses nombreuses blessures n’avaient eu aucunes incidences sur elle. Je caressais sa paume du bout des doigts, comme j’avais l’habitude de le faire. Même endormie et après tants d’épreuves, elle était si belle, si désirable… Ma main se raidit immédiatement, cessant tout mouvement. Je du me retenir à un des barreaux du lit pour ne pas tomber, me retrouvant face aux deux yeux ahuris et noirs de Kath, visiblement réveillée et en pleine forme.
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    ash'
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    MessageSujet: Re: Tell me would you kill, to save a life? — Kathleen & Nolan   Ven 4 Mai - 12:35


    Tout est tellement confus autour de moi que j'ai l'impression d'avoir été plongée dans un sommeil de cent ans. Vous savez, comme cette fille dans le conte pour enfants là ? La Belle au Bois Dormant ? C'est ça ? J'ai bon ? La dernière chose dont je me rappelle vraiment c'est... Nous étions dans l'infirmerie avec une autre tribut survivante de mon édition et puis tout avait dégénéré. Ce Jessie était sorti de sous un lit, trois autres filles étaient arrivées et l'une d'entre elles avait été capable de nous informer sur ce qui se passait à l'extérieur. La gamin a voulu sortir, j'ai essayé de m'interposer, je me suis bouffé un pot de fleurs sur la tête, et puis... Et puis plus rien, le noir total. Habituellement, quand ce genre d'absence m'arrive, j'ai au moins quelques bribes de souvenirs, de conscience. Car oui, je sais qu'ELLE en aura profité pour se réveiller, pour prendre le contrôle. Elle attend toujours le moindre signe de faiblesse de ma part. C'est bête à dire, mais je commence à m'y accommoder. Cette part de noirceur en moi, je commence à la connaître, à savoir ce qu'elle veut, ce qu'elle attend de moi. Au final, elle avait raison. Elle et moi, nous étions juste complémentaires. Deux pièces d'un même puzzle. Je pourrai presque aller jusqu'à dire, deux personnes bien distinctes. Mais c'était plus compliqué que ça en réalité. Lui donner un nom serait pas mal, non ? Plutôt que de l'appeler en permanence 'elle', 'l'autre' ou je ne sais quoi encore ? Je ne sais pas, je pourrai l'appeler... Sinéad ? Deuxième prénom, deuxième identité. Ca paraissait acceptable comme compromis. Je n'avais pas l'intention de la chasser. Au final, lors de mes moments de solitudes, elle serait pas seule compagnie. Il fallait juste que j'apprenne à vivre avec elle. Et elle avec moi. Elle ne dit rien, mais je sais qu'elle est là. Sans doute estime-t-elle avoir accompli son devoir hier soir. Elle reviendra quand j'aurai besoin d'elle. Je savais désormais qu'elle était la seule en qui je pouvais avoir confiance. La seule sur qui je pouvais compter en cas de coup dur.

    Je commençais à émerger de cette léthargie, de cette torpeur. Je n'avais aucune idée de l'endroit où je me trouvais. Peut-être encore dans cette chambre d'infirmerie close, en compagnie de tous ces gens. Peut-être dans mes quartiers, me réveillant tout juste d'un mauvais rêve. Ou ailleurs encore. J'avais une drôle de sensation, comme si je m'attendais à ce que quelque chose de grave, d'important n'arrive sous peu. Je devais me faire des idées. Cela serait une journée comme les autres au district treize. Tests d'infirmerie, repas insipides à la cafétéria, puis retour aux logements pour une nouvelle journée du même genre. Une routine morne et inintéressante qui s'était instaurée d'elle même. Je ne sentais pratiquement rien. Quelques douleurs par-ci par là, mais le pire, c'était celle dans mon avant-bras droit. Pourquoi ça faisait si mal ? Celle sur mon front était pas mal non plus. De même, mes poumons me brûlaient atrocement. Chaque respiration me coûtait. Quelqu'un me tenait la main. Sûrement prenait-on ma tension. J'avais l'habitude que les médecins et les infirmiers aient ce genre de gestes. Cependant, il y avait quelque chose qui clochait. C'était un tout autre contact. Doux, consolateur. Je n'osais ouvrir les yeux. Qui était-ce ? Billie ? Billie était venue me voir ? Ou Catalina peut-être ? Elles étaient les seules desquelles j'étais assez proche pour ce genre de chose. Non pourtant. Ca ne pouvait être elles. Quelque chose clochait avec cette main. Elle était trop... Trop grande, trop imposante pour appartenir à une femme frêle comme pouvaient l'être mes deux comparses. Qui alors ? Je n'avais nullement souvenir d'avoir été assez proche d'un garçon pour nous permettre ce genre de familiarité. Pas ici, pas dans cet endroit en tout cas. Et c'était juste impossible qu'il s'agisse de ce garçon, pas vrai ? Je veux dire... Il ne pouvait être ici, à ses yeux j'étais morte. Et il m'avait juré de ne rien faire de stupide après ma mort. Je lui avais fait promettre. Et venir au treize était une chose particulièrement stupide. Donc, ça ne pouvait être lui. Après une inspiration assez rapide, je me décidais à ouvrir les yeux.

    Mon cœur se serra lorsque je vis son visage. C'était bel et bien lui. Enfin... Je l'espérais. Cela ne m'étonnerait même pas qu'il s'agisse d'un mauvais coup de mon esprit torturé, une simple illusion de ce que je voulais voir. Il se figea également, cessant tout mouvement dans ma main. Je déglutis avec difficulté, avant de fermer les yeux une fois, deux fois, trois fois. Il était toujours et encore là. J'avais espéré que le fait de refermer les paupières chasserait son image, mais ça avait été insuffisant. Inconsciemment, je serrais sa main dans la mienne, comme pour m'assurer qu'il ne s'agissait pas d'une simple apparition. C'était bel et bien réel, pas vrai ? Hey toi là, dans ma tête, t'y est pour rien pas vrai ? Dis moi que c'est toi qui fait ça ? Je balaye la salle d'un regard presque apeuré. Une chambre individuelle à l'infirmerie du treize. Oh, super, je suis toujours dans l'aile médicale. Comme si je n'y passais pas déjà assez de temps comme ça. Je posais les yeux sur mon bras. Un bandage l'entourait, cachant sans aucun doute une plaie affreuse en dessous. Je n'avais absolument aucune idée de ce qu'il s'était passé. Pourquoi j'étais de nouveau dans un état si pitoyable, ni la manière dont j'étais arrivée ici. Et la seule personne présente à mon réveil ne pouvait logiquement pas être ici. Je ne comprenais plus rien à ce qui était en train de se passer. Je me redressais sur le lit, non sans le fixer toujours et encore. Je continuais de serrer sa main, tandis que de mon autre, je vins effleurer son visage. Je devais être sûre et certaine qu'il était là. Finalement, je ne pouvais peut-être pas lui faire si confiance que ça à la Sinéad. Son visage se dessinait parfaitement sous mon toucher. Je ne rêvais donc pas. J'allais même jusqu'à dessiner le contour de ses lèvres du bout du doigt. Je m'attardais sur chaque trait de son visage, comme si je les découvrais pour la première fois. Un brusque frisson me parcouru l'échine. Je venais de repenser à la nuit précédent mon départ aux Jeux. J'avais finis par lui céder, j'avais finis par m'offrir à lui. Pourtant, ce geste avait été totalement égoïste. Je savais que j'allais mourir, je savais que je ne rentrerai pas chez moi, et pourtant... Pourtant je lui avais donné tout ce que j'avais ce soir là, lui promettant presque un retour au bercail ainsi qu'une vie décente après tout ça. Au moins, si je l'avais repoussé, si je lui avais fait mal au cœur et à l'âme avant de partir, il aurait pu passer à autre chose. Je serai morte sachant qu'il me détestait et qu'il pourrait mener une vie tranquille. Mais j'étais tellement obnubilée par mon besoin de l'avoir à mes côtés, que j'avais commis la pire des fautes. Attention, n'allez pas penser que je regrette cette union charnelle. Non. Bien au contraire, c'est certainement la meilleure chose qui me soit arrivée dans toute ma misérable existence. Je n'osais imaginer son ressenti après... Après ma mort en direct à la télévision. Quelle égoïste j'avais été. Le pire dans tout ça, avait sans doute été ma demande le matin de mon départ. « Promets moi de ne rien faire du stupide quand ça sera mon tour. » encore une promesse que je lui avais demandé de tenir. Quel genre de monstre étais-je pour lui avoir infligé ça ?

    Je secouais la tête avant de retirer ma main. Mes mains pour ensuite m'extirper des draps et sortir mes jambes sur le côté du lit. Je lui tournais le dos, et je ne bougeais plus. Il ne fallait pas qu'il me regarde. Je ne voulais pas sentir ses yeux inquisiteurs sur moi. J'avais trop honte pour ça. « Tu m'avais juré de rien faire de stupide. » marmonnais-je d'une voix éraillée. « Venir ici, c'est sans doute la pire idée que t'ai jamais eue. » maugréais-je en tripotant le bandage de mon bras. Oui, je lui faisais encore des reproches. Et non, je ne lui en voulais pas. C'est après moi que j'en avais. Comme il me voyait là, j'étais dans un état pire que lamentable. Et le bracelet médical autour de mon poignet avec le joli « schizophrène » écrit dessus à l'encre rouge, ne m'aidait pas beaucoup à regagner cette confiance en moi que je pouvais avoir autrefois. Je devrai me contenter de savoir qu'il était là, qu'il était là pour moi, et pas pour les souterrains ou je ne savais quoi, je devrai profiter de sa présence pour aller me blottir dans ses bras, pour pleurer toutes les larmes de mon corps en lui disant à quel point il m'avait manqué, à quel point je m'en voulais, mais j'avais cette honte de ma propre personne qui m'accablait, et qui m'empêchait le moindre geste. Finalement, lui et moi n'étions peut-être pas faits pour avoir un avenir ensemble. Lui pourrait trouver tellement mieux. S'il le désirait, il pouvait même épouser une femme au Capitole, et ainsi préserver ses enfants des Jeux. Son droit d'être heureux, il l'a gagné il y a bien longtemps, et ce n'est sans doute pas avec moi qu'il pourra l'être un jour. Notre bonne étoile nous a abandonnés.
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    MessageSujet: Re: Tell me would you kill, to save a life? — Kathleen & Nolan   Ven 4 Mai - 12:35

    .................Ses yeux verts me fixaient avec intensité. Elle était visiblement abasourdie de me voir ici, à ses côtés au Treize. Mais qu’étais-je censé faire au juste ? Rester docilement assis devant ma télé pendant qu’elle se faisait massacrer ? J’avais vécu cet Enfer, j’avais vu la lueur des yeux des autres concurrents s’éteindre devant moi. J’avais sentit leurs cœurs s’arrêter sous mes doigts. J’avais frôlé la mort tellement de fois et pourtant je l’avais perdue, elle, le premier et unique amour de ma vie. C’était plus fort que moi, mon corps n’obéissait plus aux ordres transmis par mon cerveau engourdi et mon cœur en miettes m’avait porté jusqu’ici. « Tu m'avais juré de rien faire de stupide… Venir ici, c'est sans doute la pire idée que t'ai jamais eue. » me dit-elle d’une voix morte. Je baissai les yeux et eu un mouvement de recul. Bien entendu elle me rejetait, comme moi-même je l’avais fait auparavant. Il y a quatre ans maintenant, elle m’avait supplié de revenir vivant, de gagner afin de rester à ses côtés au Neuf ; mais les choses ne se déroulèrent pas exactement comme prévu. J’avais tué ma seule, chère et tendre alliée dans l’arène. Je l’avais tué de mes propres mains. Comment aurais-je pu sortir indemne de ce jeux, comment aurais-je pu vivre à nouveau ? Regarder les parents de cette pauvre petite fille sans défenses dans les yeux et sourire devant une foule ? J’étais maudit. « Tu as surement raison.. » murmurais-je en levant les yeux, prêt à affronter sa colère et les pires mots. Elle me tournait le dos à présent, refusant catégoriquement de m’adresser un seul regard de plus. Je comprenais parfaitement sa douleur et sa colère, je l’avais laissé tomber comme une vulgaire chaussette à l’époque… mais les choses ont changées ! Nous nous étions plus ou moins mis d’accord ensemble, la veille de son départ pour les Jeux, de nous pardonner nos erreurs et d’affronter cette épreuve ensemble ; comme nous l’avions toujours fait ! Mais aujourd’hui, tous les deux assis sur ce lit d’hôpital trop dur, nous étions comme deux étrangers. Elle paraissait si froide, si endurcie et moi, muet comme une carpe. Je portais encore les marques de ma bagarre avec les pacificateurs, la balafre au dessus de ma lèvre supérieure me lançait violemment et l’hématome à mon bras droit devenait de plus en plus sérieux. Nous avions fière allure tous les deux. L’atmosphère était si lourde, saturée par l’odeur des divers médicaments, amplifiée par la chaleur. Je mourrais d’envie de sortir prendre l’air un instant, de jouer quelque minutes avec Blackbeard pour m’apaiser… mais je devais faire face à mes responsabilités et affronter les reproches de Kath.

    Je me suis levé d’un bond, sans réfléchir et me suis posté dos à la fenêtre, face à elle. J’étais en colère contre moi-même bien sur, mais je lui en voulais de me négliger comme ça alors que je venais de risquer ma vie et celles de toute ma famille, en me présentant chez les rebelles. « Tu te rends compte de ce que tu es en train de me faire là ? » J’approchais vivement mes mains de ses épaules, rapprochant mon visage du sien pour la confronter à mon regard plein de larmes. Elle avait faillit mourir par deux fois, elle m’avait laissé souffrir le martyr et maintenant elle ne daignait même pas me regarder en face ? Non. « Tu n’espérais quand même pas que j’allais rester là-bas sans rien faire ? A regarder les informations du Capitole et les émissions pirates du Treize… ? » Ma bouche débitait un flot de paroles incontrôlables et tout cela d’une voix désespérée. J’étais comme possédé, en transe ; je la secouais comme une vulgaire poupée en chiffon, ne prenant aucunement soin de ne pas toucher ses récentes blessures. « Qui essayes-tu de convaincre en te comportant comme ça Kath ? » Je me suis brutalement interrompu, laissant mes mains flotter dans le vide, immobiles et tremblantes. Mon corps tout entier était pris de spasmes nerveux. Elle ne bougeait pas d’un cil, je l’avais probablement choqué d’ailleurs. J’entrepris d’aller m’asseoir sur le fauteuil à côté de son lit, les bras croisés sur mon torse. Je n’avais pas l’habitude de me laisser aller comme cela, il fallait que j’apprenne à me contrôler à nouveau. Pendant ces quatre années de solitude, je n’avais eu aucun problème à méditer et à prendre le dessus sur ma colère, ma tristesse et d’autres émotions de ce genre. J’avais réussi à acquérir une parfaite maitrise de moi-même : je ne sortais plus, je ne dormais quasiment plus, ne mangeais plus grand-chose, etc… J’étais devenu le fantôme du garçon que j’étais. Kath avait tendance à venir chambouler tout cela, à chaque fois. Quand ma mère la laissait rentrer dans ma chambre, j’étais toujours assis en tailleur sur mon lit, les rideaux fermés, la pièce silencieuse et plongée dans le noir parfait. Elle s’asseyait face à moi, sans un bruit, et bien que je ne pusse jamais voir ses yeux, je sentais son regard chaleureux posé sur moi. Elle restait là pendant des heures, me murmurant des paroles réconfortantes et me suppliant de lui parler, de lui dire ce que je ressentais. Comment pouvais-je partager toutes ces horreurs avec elle ? Si jeune et encore si innocente ? Comment lui dire que j’avais l’impression de me noyer dans une mare de sang chaque fois que je fermais les yeux ? Que j’entendais leurs cris de douleur la nuit quand j’essayais de dormir… Je ne pouvais pas lui dire, tout simplement. Je ne pouvais plus rien lui dire. Ma gorge était sèche, je n’arrivais même plus à parler. Au bout de cinq heures à attendre patiemment dans le noir, ma mère revenait la chercher et lui demander de partir et de revenir le lendemain si elle le voulait bien. Ce manège dura un an, puis, elle ne revint plus jamais. A chaque fois qu’elle sortait de ma chambre, ma vue se brouillait et mon corps se raidissait d’un coup. Je me levais à tâtons, cherchant le meuble le plus proche afin de le projeter contre le mur, soudainement pris d’une colère intarissable. Je hurlais à la mort, pleurais toutes les larmes de mon corps, maudissant les vivants et les dieux de m’avoir fait subir ce calvaire et surtout, de m’avoir laissé revenir vivant après avoir vu tous ces enfants mourir par ma faute. Je finissais la plupart du temps par me calmer, me roulant en boule à même le sol, écoutant les sanglots de ma mère dans la cuisine. Puis il a fallu sortir, accueillir les prochains tributs, les conseiller, leur apprendre à survivre. Rester impassible devant leur détresse et leurs larmes…et les voir mourir, les uns après les autres.
    Elle était mon unique raison de vivre, de continuer à me lever chaque jour et de me battre. Je vivais que pour la retrouver et enfin vivre à ses côtés. La vie avait essayé de nous séparer tant de fois mais je refusais de me rendre à l'évidence et de baisser les bras. Si je ne pouvais vivre avec elle, à quoi bon vivre tout court?

    « Je suis désolé Kathleen. Je… je ne voulais pas te faire mal. » Je jugeais son bracelet en plastique portant l’inscription « Schizophrène » en lettres rouges, puis remontais vers son dos nus sous sa blouse. « Qu'est-ce qui t'est arrivé ? » lui demandais-je en secouant la tête, cherchant un moyen de me dérober et de changer de sujet, une fois de plus.
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    MessageSujet: Re: Tell me would you kill, to save a life? — Kathleen & Nolan   Ven 4 Mai - 12:36


    Il allait me haïr, à force que je l'envoie sur les roses. Je lui avais pourtant accordé mon pardon avant les jeux. A croire que cet événement était là exprès pour nous séparer. Chaque fois que les morceaux semblaient s'être recollés entre nous, il fallait que les conneries du Capitole ne viennent tout détruire à nouveau. « Tu as surement raison.. » Je lui avais déjà tourné le dos, histoire de ne pas avoir affaire à son regard. J’eus un violent sursaut quand il se leva brusquement de sur le lit. J'étais assez déconnectée de la réalité pour ne pas comprendre ce qui était en train d'arriver. Qu'allait-il faire ? Partir d'ici ? Me laisser pour toujours dans cet endroit maudit ? Il avait bien le droit de toute manière. Après tout, s'il était ici, ce n'était sans doute pas pour observer la magnifique architecture des souterrains. Je serrais les dents en m'attendant à entendre la porte claquer, à la place de quoi il vint se planter devant moi. Il avait une lueur dans les yeux que je ne reconnaissais pas chez lui. Je tordais nerveusement mes doigts dans tous les sens, et je concentrais mon regard dessus. « Tu te rends compte de ce que tu es en train de me faire là ? » je sursautais de nouveau devant l'attitude qu'il était en train d'adopter à mon égard. Ses mains sur mes épaules, son regard humide, il me secouait comme un vulgaire jouet. J'aurai voulu lui répondre, le gifler même pour oser me traiter de la sorte après tout ce que j'avais enduré, mais j'étais... Bloquée. Je n'arrivais plus à exécuter le moindre mouvement, j'étais complètement tétanisée. « Tu n’espérais quand même pas que j’allais rester là-bas sans rien faire ? A regarder les informations du Capitole et les émissions pirates du Treize… ? » il continuait, il insistait toujours et encore. J'étais toujours figée, j'aurai pu au moins essayer de me dégager de son emprise, mais rien. Aucune réaction de ma part. Il me faisait mal, il serrait trop fort. Sans doute ne s'en rendait-il pas compte, mais c'était douloureux. J'aurai aimé lui dire d'arrêter, lui dire de se taire, j'aurai aimé lui crier dessus, mais toujours rien. Aucun son ne semblait vouloir franchir mes lèvres. Je me contentais de serrer les dents et de le fixer d'un regard noir. « Qui essayes-tu de convaincre en te comportant comme ça Kath ? » ça c'était une bonne question. Qui est-ce que j'essayais de convaincre ? Je ne le savais pas moi même. Je n'avais même aucune idée de ce que je devais faire ou non. Il sembla se calmer un peu. Enfin, il arrêta au moins de me malmener, ce qui était déjà un grand pas par rapport à quelques instants auparavant. J'aurai voulu lui répondre. Vraiment. Mais je n'avais aucune idée de ce que je devais lui dire, alors je préférais rester muette. Je retenais mes sanglots à grand peine, mais je ne voulais pas pleurer. Je n'en avais tout simplement pas le droit. Pleurer, c'était... C'était comme avouer au monde entier que j'étais faible. Et j'avais déjà l'air assez malade comme ça, inutile d'en rajouter une couche. A l'instant, je voudrai aller me rouler en boule dans un coin et ne plus jamais bouger... Seulement je savais bien qu'on ne me laisserait jamais aucun répit. Doucement, je desserrais les mains qui s'étaient crispées sur ma blouse malgré moi, avant d'enfin lever mes yeux ternis vers lui.

    J'avais comme la vague impression d'avoir déjà vécu une situation similaire à celle-ci. A quelques détails près certes, mais le scénario restait très semblable. Une image s'imposa d'elle même à mon esprit. Je nous revoyais quelques années plus tôt, après le retour triomphant de Nolan. Il restait enfermé dans sa chambre, dans la pénombre de ses volets clos. Moi je venais le voir tous les jours avant de partir à la chasse avec mon père, et juste après l'école. Je lui apportais même ses devoirs. En fait, pendant tout ce temps, j'avais essayé de me persuader qu'il était juste malade. Que son mutisme ne serait qu'une phase passagère. Tous les jours pendant presque une année complète. La plupart du temps, je faisais nos devoirs en même temps que je lui racontais des anecdotes de chasse, ou sur la manière dont Blackbeard me tournait en bourrique à chaque fois. C'était à chaque fois une conversation à sens unique puisqu'il ne m'a jamais répondu. Son silence me meurtrissait le cœur tous les jours un peu plus, mais je tenais bon. Je continuais à venir le voir, à entretenir cette relation qui ne faisait que me faire du mal. Devant lui, je faisais comme si de rien n'était, j'agissais comme si rien n'était jamais arrivé, je tachais de faire bonne figure. Certains professionnels affirmeraient sans l'ombre d'un doute que c'était malsain pour moi, que je me faisais du mal pour rien. Du jour au lendemain, je ne suis plus venue le voir. Je n'avais plus le temps pour ça. Je devais à présent m'occuper seule de mon frère, je devais veiller sur lui. Le fait qu'il ne réagisse pas plus que ça à la mort de mon père, ça m'avait mise hors de moi. J'en étais arrivée au point où j'étais persuadée de le haïr. J'avais donc estimé que le fait de ne plus jamais me revoir serait une juste punition. Notre actuelle situation était pour le moins identique, à la différence que cette fois, j'étais celle qui ne souhaitais pas faire d'efforts et qui se plongeait dans ce lourd mutisme. Je me rendais compte que si je ne réagissais pas, j'allais finir par le perdre. Encore une fois. Je ne pouvais me le permettre, j'avais trop besoin de lui. Je le fixais toujours, cherchant un moyen de lui faire passer le message. « Je suis désolé Kathleen. Je… je ne voulais pas te faire mal. » finit-il par dire de son fauteuil, tout en fixant mon bras. Le bracelet d'infirmerie. Encore cette chose honteuse. Je ramenais mon poignet contre mon abdomen, avant de placer mon autre bras par dessus, pour le cacher. Je gardais la mâchoire serrée. Comment pouvait-on me prendre au sérieux avec une telle chose accrochée sur moi. C'était presque aussi flagrant que s'il y avait une flèche au dessus de ma tête. « Qu'est-ce qui t'est arrivé ? » je déglutis avec difficulté. Je n'avais pas envie de parler de ça. Et pourtant je devrai bien les évoquer avec lui un jour ou l'autre. « Disons juste que... » je cherchais mes mots. Je ne voulais pas employer des termes tels que 'folle', 'schizo', 'mentalement instable' ou je ne savais trop quoi d'autre. « Mon petit cerveau n'a pas très bien encaissé le fait de me voir ressusciter dans un souterrain lugubre. » je fuyais ses yeux. Au moins avais-je réussi à lui parler comme à une personne normale. Je fixais la blessure au dessus de sa lèvre d'un air interrogateur. Qu'est-ce qu'il avait fait encore ? L'avantage du fauteuil sur lequel il était assis, était qu'il était assez près du lit pour que je n'ai pas à me lever. J'avais juste à me pencher un peu et à tendre la main pour venir effleurer sa blessure du bout des doigts. « T'as fait quoi ? » demandais-je d'une petite voix. Moi aussi je voulais parler d'autre chose. Si je pouvais éviter le sujet de mes problèmes mentaux, je le ferai avec joie. « Je suis désolée... Je suis désolée pour la manière dont je me suis comportée envers toi, j'ai été odieuse tout ce temps. » soufflais-je dans un sanglot en me mordant la lèvre inférieure. Je parlais pour toutes ces fois où je l'avais envoyé promener, et pas uniquement pour la manière peu chaleureuse dont je l'avais accueilli quelques instants plus tôt. Ca y'est, je recommençais à pleurer. Je m'étais pourtant jurée d'arrêter, mais j'avais le cœur au bord des lèvres depuis trop longtemps. Cette envie irrépressible de verser toutes les larmes de mon corps avait fini par se montrer plus forte que ma volonté.
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    MessageSujet: Re: Tell me would you kill, to save a life? — Kathleen & Nolan   Sam 12 Mai - 21:04


    .................Nous nous observions d’un bout à l’autre de la pièce, en chie de faïence. Des semaines étaient passées depuis notre dernière entrevue, qui ne ressemblait en rien à celle-ci. Nous étions si proches, en communion l’un avec l’autre. Le passé était derrière nous ; nous embrassions l’avenir sur un lit de mort… Je sentais au plus profond de moi-même que j’étais un mauvais mentor, que je l’avais toujours été. Mais pour elle, il fallait que je me batte… Et alors que j’avais enfin retrouvé la foi, alors que je m’étais enfin décidé à me battre, les Jeux m’avaient une nouvelle fois arraché le bonheur que je sentais au bout de mes doigts. J’avais encore sa chaleur au creux de mes bras, son parfum dans mes narines et ses yeux brillaient dans mon esprit. J’étais malade, fou amoureux d’elle depuis des années et cet amour s’était peu à peu mué en obsession. Je fixais le bracelet en plastique autour de sa main droite ; sentant mon cœur se déchirer au fond de ma poitrine. Quel était le prix à payer pour survivre ? « Disons juste que... Mon petit cerveau n'a pas très bien encaissé le fait de me voir ressusciter dans un souterrain lugubre. » Je levais les yeux vers elle, mon visage se déforma sous la douleur. J’essayais silencieusement de la soutenir, de lui apporter le peu de chaleur qu’il me restait. Les mots ne parvenaient pas à sortir, je restais immobile, paralysé par ma propre impuissance. J’aurais au moins du essayer de la sauver elle, de lui permettre de sortir de ces Jeux vivante ou alors… ou alors j’aurais du l’aider à s’évader du Capitole, lui sauver la vie comme elle avait sauvé la mienne quatre ans auparavant. Nous aurions vécu dans les bois, tels deux fugitifs… Nous aurions continué à nous aimer, à l’abri de tout, rien qu’elle et moi. Mais déjà à cette époque j’étais incapable de faire quoi que ce soit pour lui venir en aide. J’étais un looser, un faible.

    « T'as fait quoi ? » demande-t-elle au bout d’un moment, brisant le silence de mort qui nous berce doucement. Elle désigne ma blessure d’un hochement de tête, prenant soin d’éviter de croiser mon regard. Je passe le bout de mes doigts au dessus de ma lèvre enflée, effleurant la plaie encore ouverte qui entaille la bonne moitié de ma lèvre supérieure. Je me remémore la scène, les coups de Sergeï, notre lutte aux abords du Treize. Ses mots de menace par rapport à la situation de Kath… Je me devais d’intervenir. Je ne pouvais pas le laisser faire, même si en me mettant en travers de son chemin je risquais de mourir pour de bon. Mais apparemment le Sort n’en avait toujours pas fini avec moi. « Rien de très important… Une bagarre sans grande importance… Tu me connais… » Le silence se réinstalla entre elle et moi, nous continuons à nous dévisager tels deux étrangers réunis dans la même douleur, dans le moment combat contre la mort. « En fait… pour être tout à fait honnête avec toi… C’est Sergueï qui m’a fait ça… cet idiot fini ne m’a pas loupé ! » Soufflais-je en feignant un sourire. Mon cœur se serra alors que je croisais ses deux yeux verts meurtris, emplis de larmes. « Je suis désolée... Je suis désolée pour la manière dont je me suis comportée envers toi, j'ai été odieuse tout ce temps. » Dit-elle en éclatant en sanglots. Son corps tout entier était secoué par ses pleurs, et elle s’était recroquevillée sur elle-même, dressant une ultime barrière entre nous. Elle qui était si forte, gardant sans relâche son masque impassible, même le jour où j’ai été moissonné, le jour de sa propre Moisson. Je ne l’ai que très rarement vu pleurer ainsi, elle qui se retenait toujours de verser une seule larme. Je la sentais si vulnérable, perdue, détruite ; ici devant mes yeux.
    Sans réfléchir une seconde de plus je me levai de mon siège et m’élançai vers elle, me jetant à ses pieds. Doucement, je pris ses poings entre mes mains, prenant soin de ne pas lui faire mal cette fois-ci. J’essayais tant bien que mal de la calmer, de la forcer à me regarder, à m’écouter. Kath ne cessait de se débattre, donnant des coups dans le vent. « Ecoute moi, s’il te plait… » Je resserrai mon étreinte, la serrant contre mon torse, bloquant ses mains et ses bras contre moi. Je lui intimais de se calmer, sentant son cœur battre à plein régime dans sa poitrine. Sa peau était si douce et son parfum m’enivrait. « Calme toi Kathleen… je comprends… c’est bon, je comprends. Mais s’il te plait, calme toi » Les coups cessèrent peu à peu mais je ne défis pas mon étreinte. Je laissais retomber ma tête dans son cou, prenant une grande respiration, retenant de toutes mes forces un sanglot qui me déchirait le corps tout entier. Nos corps étaient entremêlés l’un à l’autre, je pouvais la sentir frémir contre moi. Je me retenais à elle comme à une bouée de secours ; comme à la vie. Je ne voulais pas la laissée sombrer, je ne pouvais pas lui faire ça une nouvelle fois. Qu’importe ce qui allait se passer, qu’importe si le Capitole allait me mettre sous les verrous après ma visite chez les rebelles, si cette guerre allait nous séparer une nouvelle fois ou pire… nous tuer. Je devais la sauver aujourd’hui, lui rendre tout l’amour et la patience qu’elle m’avait accordée durant toutes ces années.
    J’attendis calmement pendant quelques minutes de plus, réglant ma respiration au rythme de la sienne. « Tu n’as pas à t’excuser Kathleen, l’unique responsable dans cette affaire c’est moi.... Je comprends que tu ne puisses plus me faire confiance… que tu ne puisses plus m’aimer comme avant… J’ai été un vrai con dans le passé. Ce que je t’ai fait est impardonnable, il n’y a même pas de mots pour décrire tout ça. Il ne se passe pas un jour sans que je regrette ce que j’ai fait… Je te le jure. J’ai été le pire des salauds Kath, je n’ai pensé qu’à ma gueule, une fois de plus… » Les larmes se mirent à couler le long de mes joues sans que je ne puisse les retenir. J’avais mal à en crever, mes poumons me brulaient et mon cerveau était en ébullition ; cependant je ne pouvais pas m’arrêter. « Je ne te l’ai sûrement jamais dit mais… tu es la plus belle chose qui m’est arrivée dans ma vie… Tu es la lumière de ma triste existence, mon unique raison de vivre. Parce qu’après les Jeux, oui, je l’avoue, je voulais mourir… buté, comme tous les autres… comme ceux que j’ai tués. Comme elle… Tu es ma seule réussite Kathleen, et même toi, j’ai réussi à te détruire. Même si tu ne trouveras jamais la force de me pardonner… même si je ne pourrais jamais effacer ce que je t’ai fait… J’en suis l’unique responsable. Tu n’as rien à te reprocher, rien du tout. Tu m’entends ? Je t’aime. » Je pris une profonde inspiration, fermant mes yeux pour m’empêcher de voir sa réaction que je redoutais tellement. « Je suis fou amoureux de toi Kathleen. Je pourrais mourir pour toi, me battre pour toi ! Depuis toutes ces années… Je ne vis que pour être à tes côtés. Ça me rend dingue... Je n'en peux plus. Je suis fou à lié... fou d'amour... Tu es… tu es l’amour de ma vie. Pardonne moi… »
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    MessageSujet: Re: Tell me would you kill, to save a life? — Kathleen & Nolan   Sam 12 Mai - 21:09


    Je n'arrive même pas à comprendre comment il fait. Ni ce qu'il fiche ici. Je suis à peu près sûre qu'il a tous les regrets du monde d'être venu, et... Que je l'accueille de cette manière. Surtout après la nuit précédent les Jeux. Je n'ai aucune idée de ce qu'il a pu traverser ces derniers temps, et je comprends son accès de colère. Je pense que j'aurai réagit de la même manière si les rôles avaient été inversés. « Rien de très important… Une bagarre sans grande importance… Tu me connais… » Justement. Ai-je envie de lui répondre. Justement non. Le Nolan que je connaissais autrefois était l'être le plus doux et le plus attentionné qui soit. Le Nolan d'aujourd'hui, j'ai l'impression de me retrouver face à un parfait inconnu. C'est lui. Mais ce n'est pas lui en même temps. Je sais, c'est parfaitement irrationnel ce que je dis. Mais allez placer des remarques cohérentes avec une bonne dose de médicaments dans le sang. Alors je me contente d'un très léger sourire. « En fait… pour être tout à fait honnête avec toi… C’est Sergeï qui m’a fait ça… cet idiot fini ne m’a pas loupé ! » Quoi ?! Comment... Ce nom. Sergeï. « Lui... » je souffle d'une voix tremblante. Sergeï. Une des personnes que je hais le plus sur cette Terre. La simple évocation de son prénom suffit à me rendre folle de rage. Je serre les poings malgré moi, j'ai la mâchoire contractée et je tremble de partout. Il me suffit de fermer les yeux pour revoir la scène. Sur la place publique, en plein hiver. Mon père, à genoux dans la neige, un flingue braqué sur la tempe. Une détonation. Le père qui s'écroule de toute sa masse sur le sol humide, puis le pacificateur qui part, l'air de rien. Il a laissé derrière lui le cadavre d'un père de famille. Un trou dans la tête, quelques éclaboussures rouges sur le blanc immaculé du manteau poudreux. Sergeï, c'est lui qui a fait ça. C'est lui qui a abattu mon géniteur sous les yeux du district neuf. Sous mes yeux. Acte de rébellion. C'est ce qui lui a été reproché. Ce soir là, je suis rentrée chez moi, la mine déconfite. A compter de ce jour, c'était uniquement mon frère et moi.

    De quoi ai-je l'air là ? A part me plaindre et pleurer, je ne fais rien d'autre. Ah si. Je schizophrènise aussi. Je me mutile le bras en espérant retirer un traqueur, pour pouvoir fuir. J'ai des hallucinations aussi. J'ai rêvé que Jeremiah était là. Je vous assure. Je sursaute quand Nolan est soudain devant moi, et qu'il m'attrape les mains pour m'empêcher de le chasser. « Ecoute moi, s’il te plait… » Non, je ne veux pas écouter. J'essaie de me débattre, j'essaie de faire en sorte qu'il garde ses distances, mais il semble que j'ai oublié à quel point il peut être buté quand il s'y met. Je ne veux pas l'écouter. Je ne veux pas. A cet instant, la seule chose dont j'ai vraiment envie, c'est de retourner dans ce sommeil quitté quelques minutes plus tôt, et de ne plus jamais en sortir. A quoi bon ? Je ne vois pas l'intérêt de continuer ainsi à me battre. J'ai tout donné, absolument tout, pour ne jamais rien recevoir d'autre en échange que... Que la déception, la peine, la douleur et j'en passe. Je suis tellement lasse de tout ça, lasse de toujours chercher une bonne raison de ne pas mourir. Pour une fois dans ma vie, je voudrai me montrer égoïste. Pour une fois dans ma vie, je voudrai ne penser à personne d'autre qu'à moi. Il serait tellement facile de simplement abandonner, de se laisser aller à une mort paisible. Mais je sais que je n'ai pas le droit. Trop de personnes comptent sur moi. Nolan compris. Pourquoi je n'ai pas simplement le droit de baisser les bras ? Tout serait tellement plus facile. Je pleure encore. Toujours. Je passe mon temps à ça quand je vais mal maintenant. Avant je ne pleurais pas. Jamais. Enfin si, mais pas devant les autres. Je portais ce masque d'impassibilité, qui, aujourd'hui est à mon image. Brisé. Je tremble, et plus j'essaie de bouger, plus il me serre. « Laisse moi. » je murmure entre deux sanglots. C'est une supplique, un souhait. Pourquoi les choses sont-elles toujours si compliquées ? « J't'en prie. » je continue de la même voix étranglée. Je sais très bien que c'est inutile. Je sais qu'il ne me lâchera pas. Il n'en a pas l'intention. Qu'est-ce qu'il cherche ? Pourquoi ? Il ne voit donc pas qu'il ne pourra rien tirer de moi ? Je suis... Je... « Calme toi Kathleen… je comprends… c’est bon, je comprends. Mais s’il te plait, calme toi » Kathleen. Elle est morte cette fille. Je le sais, ce n'est pas moi. Kathleen était une fille forte qui ne montrait pas ses émotions, qui prenait sur elle. Qu'importe ce qui lui arrivait, elle faisait en sorte de garder la face. Moi je ne suis qu'une coquille vide. Une boule de nerfs. Une bombe à retardement. Une enfant apeurée qui cherche désespérément à fuir. Qu'importe où. Partout, ce sera mieux que ce trou à rat qu'est le treize. Sa voix m'apaise. Je serre la mâchoire, et je ferme les yeux qui commencent à me brûler.

    Finalement, je me calme. J'arrête enfin de me débattre et d'essayer de le repousser. Je ne sais même pas pour quelle raison j'essaie de le garder loin de moi, alors que mon corps et mon esprit ne demandent que sa présence à mes côtés. Je suis stupide. Depuis combien d'années nous attendons chacun de notre côté ? Depuis combien de temps nous faisons semblant d'ignorer l'autre ? Il est temps d'arrêter les frais. Je n'ai plus aucune envie de bouger. Je l'écoute parler. Il est idiot, il me fait pleurer encore plus. Mon cœur se serre à chacun de ses mots. Ma main se crispe sur son t-shirt à chacun de ses mots. Il n'a pas le droit de vouloir être mort, il n'a pas le droit. Je suis tellement égoïste, je m'en rends compte à présent. Je garde le silence. Je meurs d'envie de lui répéter ses mots, mais je ne serai pas capable d'aligner deux phrases cohérentes. Boum. Boum. Boum. Les battements de son cœur dans sa cage thoracique me bercent, me calment. Je crois que les larmes ne coulent plus. Je me sens plus sereine, mes pensées sont moins chaotiques. Je ne sais pas vraiment combien de temps passe, et à vrai dire je m'en fiche un peu. La seule chose qui compte c'est que nous sommes... Ensemble. Enfin je crois. Est-ce que c'est vraiment la seule chose qui compte ? Je me sens un peu bête de garder le silence. Surtout après tout... Après tout ce qu'il vient de me dire. Il serait peut-être temps que je lui parle ? Mais je n'ai jamais été douée pour ce genre de chose. Ca, pour lui crier dessus et lui faire des reproches, j'étais toujours la première... Mais quand il s'agit de dire trois malheureux mots, il n'y a plus personne. Si je n'arrive pas à lui parler, je me dois au moins d'agir. Je me recule de quelques centimètres, juste de quoi pouvoir extirper mes bras de son étreinte. Je prends son visage entre mes mains tremblantes, ne prenant même pas la peine de réfléchir à mes gestes. Je croise son regard humide, et je ne peux m'empêcher de sourire légèrement. De quoi a-t-on l'air là ? Sérieusement. Je viens frôler la blessure au dessus de sa lèvre du bout de l'index, et je ne peux m'empêcher de la fixer. Je secoue négativement la tête, adoptant un petit air consterné. « T'es vraiment un idiot. Tu sais ça ? » je murmure en m'approchant de quelques centimètres, allant déposer un léger baiser sur sa blessure, comme si ça pouvait soulager la douleur, et comme si ça avait le pouvoir de me faire pardonner. C'est un idiot parce qu'il n'a pas agit correctement. C'est un idiot parce qu'il a fait des promesses qu'il n'a pas tenues. C'est un idiot parce qu'il est venu ici. Mais c'est mon idiot. Ma main passe de sa joue à ses cheveux, tandis que nos lèvres se trouvent de nouveau. J'ai envie de lui dire que je l'aime aussi. Je l'ai déjà fait avant, pourquoi pas maintenant ? Pour le moment, les gestes parlent mieux que les mots. Ca viendra le moment venu.

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    Tell me would you kill, to save a life? — Kathleen & Nolan

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